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Traduction de la presse russe (mai 2017) (78)
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Les autorités russes veulent en finir avec les sites et les applications qui permettent de contourner le blocage du Service fédéral de supervision des communications Roskomnadzor.

Propagande du terrorisme, vente de stupéfiants et d'armes ou encore pornographie pédophile relèvent du quotidien du darknet, qui arrive à passer sous les radars des renseignements du monde entier. Mais il s'est avéré récemment que les anonymiseurs n'étaient pas aussi invulnérables qu'on ne le pensait.

A l'issue du forum médiatique ONF de Saint-Pétersbourg, le président russe Vladimir Poutine a chargé Roskomnadzor et le Parquet de renforcer les mécanismes juridiques de lutte contre la diffusion d'informations interdites sur internet.

Les médias russes, se référant à leurs sources, ont déjà annoncé que Roskomnadzor avait élaboré un projet de loi pour interdire les anonymiseurs et les services VPN permettant d'accéder aux sites interdits.

Difficile de dire pour l'instant comment seront restreints ces outils. Les libertés et les droits constitutionnels des citoyens sous-entendent que leurs données personnelles ne peuvent pas être dévoilées sans raison — tout comme il est impossible de s'introduire dans un appartement sans mandat. Une enquête doit d'abord être ouverte, ce qui n'est pas simple si le suspect n'a pas laissé de trace en accès libre. Et il existe aussi des problèmes purement techniques.

L'un des piliers du darknet est le navigateur Tor — un anonymiseur global inventé par le laboratoire de recherche de la marine américaine. Son idée initiale consistait à protéger les informations personnelles et à anonymiser les demandes d'utilisateur mais en 2008, les développeurs ont rendu public le code du logiciel pour permettre à tout le monde d'accéder à l'anonymat et à la liberté en ligne.

Le milieu criminel s'est rapidement installé dans ce "terrier" pour y organiser un marché noir florissant: drogues, armes, faux documents… jusqu'aux tueurs à gages.

Pour l'instant Tor est un problème sans solution globale. Mais cela ne signifie pas que les criminels sont invincibles face aux renseignements ou à la "société civile" du darknet. Et parfois, la succession des événements qui conduisent à des arrestations retentissantes coïncide avec le piratage des ressources qui intéressent particulièrement les forces de l'ordre.

Par exemple, en février, le groupe de hacktivistes Anonymous a mis hors service plus de 10 000 sites du grand opérateur du darknet FredomHosting II. Le saboteur anonyme a laissé sur toutes les ressources piratées un message pour expliquer qu'il se vengeait ainsi de la propagation de la pornographie pédophile et qu'il avait copié tous les logins pour les transmettre à la police. Par la suite une partie de ces informations a été publiée sur des torrents.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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Traduction de la presse russe (mai 2017) (78)

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Tags:
guerre cybernétique, propagande terroriste, cybercriminalité, Roskomnadzor, Russie
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