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Traduction de la presse russe (mai 2017) (78)
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De retour à Washington après sa première tournée internationale en qualité de président, Donald Trump a déclaré que les relations avec l'Allemagne étaient devenues "très défavorables pour les USA".

Berlin, qui était l'un des plus loyaux alliés de l'Amérique à l'époque de Barack Obama, a répondu que la politique de Trump était "à courte vue" et "nuisible aux intérêts de l'Europe".

"Nous avons un immense déficit commercial avec l'Allemagne et en plus, ils paient bien moins qu'ils ne le devraient pour l'entretien de l'Otan. C'est très défavorable pour les USA. Nous allons changer ça", a écrit Trump sur Twitter.

Comme le rapporte la revue Politico, à Bruxelles le président américain a annoncé aux participants à une réunion que les Allemands étaient "très mauvais", après quoi son conseiller Gary Cohn a dû expliquer que le président faisait uniquement allusion aux relations commerciales. Pendant le sommet de l'Otan, d'après le secrétaire général de l'organisation Jens Stoltenberg, Trump a "ouvertement et directement" exigé des autres membres de l'Alliance qu'ils augmentent leurs dépenses militaires. Au final, les dirigeants ont dû céder et se sont engagés à allouer au moins 2% du PIB à ces fins.

La chancelière allemande Angela Merkel ne témoigne pas non plus d'un amour particulier pour le nouveau locataire de la Maison blanche. Pendant une réunion conjointe avec le premier ministre bavarois Horst Seehofer, la chef de la CDU a déclaré à Munich que l'Europe devait "aspirer à une plus grande indépendance" et "prendre son destin en main".

"Ces derniers jours j'ai compris que l'époque à laquelle nous pouvions nous reposer entièrement sur les autres était révolue. Nous, les Européens, devons nous-mêmes lutter pour notre avenir", a déclaré Merkel.

Toutefois, le politologue Alexandre Assafov pense que le refroidissement entre l'Europe et les USA n'est qu'une façade et que ces déclarations de représentants politiques allemands ne visent que le public allemand.

Selon l'expert, la franchise de Trump joue en faveur de Merkel et du gouvernement allemand, qui sont de plus en plus critiqués par la population du pays pour leur manque d'indépendance.

"Trump ne se gêne pas pour dire ce qui l'intéresse. Ses intérêts sont exclusivement américains, et tous les autres doivent se soumettre à sa volonté. Merkel et ses conseillers savent parfaitement qu'ils doivent produire un contenu différent pour l'électorat allemand. Cependant, en réalité tous les accords resteront en vigueur. La dernière initiative indépendante de l'Allemagne a été de proposer la création d'une armée européenne. Aujourd'hui il ne reste plus la moindre trace de cette initiative", conclut l'expert.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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Traduction de la presse russe (mai 2017) (78)

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Angela Merkel, Donald Trump, États-Unis, Allemagne
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