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    Le Monténégro sera le premier à quitter l'Otan

    "Le Monténégro sera le premier à quitter l'Otan"

    © REUTERS/ Eric Vidal
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    Izvestia
    Traduction de la presse russe (juin 2017) (35)
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    Le Monténégro est devenu le 29e pays à rejoindre l'Otan.

    Cependant, à en juger par les sondages, la majorité de la population s'oppose à cette adhésion. Le chef du parti Nouvelle démocratie serbe et le représentant du Front démocratique regroupant les principales forces d'opposition du pays, Andrija Mandic, a accordé une interview pour évoquer la raison de la crise diplomatique entre la Russie et le Monténégro, la situation politique intérieure et le référendum prévu sur la présence du pays au sein de l'Otan.

    - Les relations entre la Russie et le Monténégro traversent une époque difficile. Podgorica a élargi les sanctions individuelles contre les politiciens russes. Comment faut-il le prendre?

    - L'histoire indique que le Monténégro n'a jamais eu d'alliés plus proches que la Serbie et la Russie. Cependant, les puissances de l'Otan ont investi pendant plusieurs années beaucoup d'argent et d'efforts pour démanteler ces liens et créer un Monténégro antirusse et antiserbe. Le "nouveau Monténégro" doit devenir un "porte-avions balkanique" dans la lutte contre Moscou et Belgrade. C'est pourquoi tout ce qui est traditionnellement un lien avec la Russie et la Serbie est perçu de manière hostile aujourd'hui. Et ceux qui luttent pour la préservation des relations avec les alliés traditionnels sont qualifiés de principaux ennemis.

    Les élites dirigeantes exécutent inconditionnellement toutes les directives des politiciens occidentaux. Quand arrive le signal de décréter des sanctions, elles le font sans réfléchir. Après tout, elles n'agissent pas dans l'intérêt de leur propre population, mais dans l'intérêt de pays tiers en poursuivant leurs propres fins. Du point de vue économique, c'est avant tout le Monténégro qui sera affecté par les sanctions.

    - Il est évident que la politique des élites dirigeantes visant à approfondir la coopération avec l'Otan divise la société monténégrine. Quelle est la situation réelle dans le pays?

    — De facto le pays est au bord d'"affrontements civils". Encore en 2006, quand était organisé un référendum très douteux sur l'indépendance, le Monténégro était au seuil d'une crise (55,5% ont voté pour l'indépendance, 45,5% étaient opposés à la destruction de l'union étatique avec la Serbie). Sur fond de décision des autorités d'adhérer à l'Otan et de décréter des sanctions antirusses cette division n'a fait qu'augmenter dans la société. De plus, le régime au pouvoir a commencé à utiliser des méthodes plus fermes vis-à-vis de l'opposition. On n'aurait pas pu imaginer des répressions contre l'opposition en 2006. Désormais c'est devenu une routine quotidienne.

    - Malgré cela, le parti démocrate des socialistes de Milo Djukanovic reste au pouvoir depuis des années.

    — Le secret du pouvoir de Djukanovic réside dans l'important soutien apporté par Washington et des puissances européennes. Bien que de nombreux politiciens, y compris l'ex-premier ministre Milo Djukanovic, soient impliqués dans la falsification des élections et dans l'activité criminelle, le soutien de ce pouvoir par les pays occidentaux ne faiblit pas. Quand il y a plus d'un an au parlement se déroulait le vote de confiance au gouvernement, des diplomates américains faisaient ouvertement pression sur une partie de l'opposition en exigeant de soutenir le gouvernement de Djukanovic. La violation des droits civils élémentaires au Monténégro ne gêne pas Washington, car les USA veulent obtenir dans les Balkans un nouvel Etat fantoche.

    - Si l'opposition arrivait au pouvoir en 2018, quelles seraient ses démarches en politique étrangère?

    - Nous voulons avant tout réviser la position sur l'Otan. La majeure partie de la population s'oppose à l'adhésion du pays à l'Alliance, car des chasseurs otaniens ont bombardé le territoire du Monténégro avant d'attaquer la Serbie. C'est pourquoi après le changement de gouvernement nous organiserons un référendum sur la présence au sein de l'Alliance, et de cette manière le Monténégro deviendrait le premier pays à quitter l'Otan. Nous annulerons également les sanctions antirusses et la reconnaissance d'indépendance de l'Etat inexistant du Kosovo. Notre principale priorité sera le rétablissement des relations avec la Russie et la Serbie. Cependant, nous sommes prêts pour un dialogue constructif avec tous les voisins, y compris les membres de l'UE et de l'Otan.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (juin 2017) (35)

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    Tags:
    OTAN, Monténégro
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