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Traduction de la presse russe (juin 2017) (35)
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Le chef du Pentagone James Mattis va demander au Sénat américain d'augmenter le budget de l'armée.

Les militaires expliquent cet appel, soutenu par Donald Trump, par leur "choc" face au mauvais état opérationnel de l'armée américaine et affirment que les coupes financières réalisées à l'époque de Barack Obama auraient sérieusement affaibli la plus puissante armée du monde. Plusieurs experts analysent le bien-fondé de ces déclarations dans un pays qui "bombarde sans arrêt quelqu'un depuis 17 ans".

Pour justifier ces nouveaux investissements dans l'armée, James Mattis a constaté que le niveau opérationnel des forces armées américaines était extrêmement bas et s'est dit "choqué". "Quatre an après mon départ je suis revenu au Pentagone et j'ai été choqué par notre état opérationnel", a déclaré le chef du Pentagone aux congressistes mardi. Et de poursuivre: "Aucun ennemi n'a autant nui à l'état opérationnel de notre armée que la réduction du budget militaire" sous l'administration de Barack Obama. "Pour s'en sortir il faudra plusieurs années de budgets stables et de financement croissant", a ajouté le secrétaire à la Défense.

Les arguments de Mattis ont été entendus par les congressistes. "Savez-vous que nous avons des avions qui ne volent pas, des pilotes qui ne reçoivent pas d'heures de vol, que vous avez des soldats qui ne sont pas prêts et qu'il existe des défauts dans les munitions, dans les formations et dans les pièces de rechange? a demandé le républicain Mike Turner, membre de la commission de la défense à la chambre des représentants. Tout cela parce que ce n'est pas prévu dans le budget que nous avons reçu."

La politique de coupes automatiques des financements impose des mesures d'austérité pour l'ensemble du budget en cas de problèmes de dette publique et de déficit budgétaire. Conformément aux mesures décrétées par le Congrès, le budget est alors réduit dans tous les secteurs et il n'est pas possible d'établir des priorités. Mattis a cherché à souligner qu'une telle politique nuisait à l'état opérationnel des USA.

Il est à noter que les plus fortes coupes budgétaires n'ont pas eu lieu pendant la gouvernance du démocrate Barack Obama, mais sous celle du républicain George W. Bush.

Quand les États-Unis se sont enlisés en Irak dans les années 2000, ils ont été forcés d'accroître les effectifs de l'armée de terre: le programme d'économie budgétaire a donc affecté avant tout l'armée de l'air et la marine.

L'une des mesures d'austérité les plus douloureuses a été la réduction conséquente du plan de production du chasseur de 5e génération F-22 — seulement 183 unités ont été construites et les États-Unis n'ont pas encore la possibilité de relancer leur production.

Puis l'armée de terre a subi une réduction après le retrait par Obama d'une grande partie du contingent d'Irak et d'Afghanistan pour investir cet argent dans la marine et l'armée de l'air. Or cela prend du temps.

Par ailleurs, avec le renforcement des capacités militaires de la Russie et de la Chine, les USA doivent faire face à une nouvelle menace. Ils doivent cesser de se focaliser sur la guerre anti-rébellion dans différents pays et se préparer rapidement à une guerre classique contre une grande puissance. Ce qui est difficile sur fond de restrictions budgétaires et dans le climat politique général.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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Traduction de la presse russe (juin 2017) (35)

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Tags:
armée, budget militaire, Pentagone, Barack Obama, Donald Trump, James Mattis, États-Unis
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