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    Les USA font grimper le risque d'affrontement direct avec l'armée syrienne

    © AP Photo/ The News Tribune, Peter Haley
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    Traduction de la presse russe (juin 2017) (35)
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    Les États-Unis ont projeté des lance-roquettes multiples (LRM) sur la base d’al-Tanf en Syrie.

    Cet empressement s'explique par le fait que l'épopée de plusieurs mois approche du dénouement, que les enjeux ont augmenté et qu'on compare déjà la situation actuelle en Syrie avec la course en Europe du printemps 1945.

    Selon les sources, il s'agit de LRM allégés HIMARS qui "apporteront un soutien significatif à la présence militaire des USA". Ils ont une portée de 480 km, ce qui est critique pour les conditions syriennes.

    L'avancée des forces gouvernementales syriennes (avec le soutien de l'aviation russe, selon certaines informations) en direction du poste frontalier d'al-Tanf est un événement stratégique, pour ne pas dire historique. Plusieurs fronts en Syrie se sont déjà transformés en théâtres d'affrontements entre les intérêts globaux de grandes puissances.

    Les vestiges des groupes armés (appelés auparavant "opposition modérée" pour désigner l'Armée syrienne libre, ASL) soutenus par la coalition américaine ne contrôlent aujourd'hui que des territoires réduits. Sans le soutien de l'aviation américaine, ces combattants sont enclins à paniquer et à prendre le prochain bus pour Idleb.

    De plus, une grande partie de la frontière extérieure syrienne (par exemple, avec l'Iran) se trouve de facto sous le contrôle des unités chiites pro-iraniennes. Dans ces conditions, al-Tanf est devenu le dernier point stratégique qui permettrait aux forces pro-américaines de l'ASL de s'affirmer sur le territoire syrien et de participer, ainsi, aux négociations.

    Dans ces circonstances, le déploiement de systèmes d'artillerie américains à al-Tanf semble avoir un objectif plus démonstratif que militaire. On marque son territoire. De leur côté les forces gouvernementales ne disposent pas du tout d'artillerie sur cette partie du front car elles n'en avaient pas besoin — et ces armements sont difficiles à acheminer en plein désert.

    Au mieux, les forces pro-américaines pourront contrôler 10 à 15% du territoire syrien, ce qui ne renforcera pas leur position dans les négociations. L'État islamique les repoussera progressivement du désert, et leurs positions ne resteront vraiment fortes qu'à l'est des provinces de Homs et de Hama. Et encore: elles pourraient être encerclées en lançant une offensive au nord de Palmyre. Tout le reste est un désert, même si sur la carte il paraît impressionnant.

    C'est ainsi — sur la carte — que réfléchissent les généraux américains en planifiant d'élargir à partir d'al-Tanf les territoires contrôlés par les groupes d'opposition qu'ils protègent au nord pratiquement jusqu'à l'Euphrate, et de rejoindre Raqqa à plus de 500 km. C'est précisément la raison de la projection de LRM de longue portée et peu efficaces.

    Il sera intéressant d'évaluer les résultats d'une telle démarche mais une chose est sûre: le risque d'un conflit frontal entre l'armée syrienne et les Américains augmente fortement.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (juin 2017) (35)

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    Tags:
    HIMARS (High Mobility Artillery Rocket System), Al-Tanf, Syrie, États-Unis
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