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    Royaume-Uni

    L'UE veut tirer un maximum de profit du Brexit

    © AFP 2019 JUSTIN TALLIS
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    Lenta.ru
    Négociations sur le Brexit (2017) (148)
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    Le premier cycle de pourparlers sur les conditions de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne a commencé lundi 19 juin à Bruxelles. Au cœur des débats: les droits des citoyens, les relations financières et la gestion de la frontière entre l'Irlande et l'Ulster.

    Selon la vision de la première ministre britannique Theresa May, le Brexit «dur» implique une sortie du pays du marché commun et du régime de libre circulation des citoyens, tout en signant un vaste accord sur le libre-échange. Alors que le Brexit «doux» sous-entend le maintien de l'union douanière avec l'UE et de la libre circulation. L'alternative aux deux scénarios étant une sortie sans aucun accord. Si les négociations n'aboutissaient pas, le 29 mars 2019 le Royaume-Uni quitterait automatiquement l'UE et leurs relations seraient uniquement réglementées par les normes de l'Organisation mondiale du commerce. Cela signifierait une rupture totale des liens formés en 46 ans d'histoire entre Londres et l'UE. Selon le site d'information Lenta.ru.

    Pour l'instant, la répartition des forces politiques au Royaume-Uni fait plutôt pencher le pays vers la version douce. Et c'est sur cette version qu'insisteront les négociateurs de l'UE. La victoire peu convaincante des conservateurs aux législatives du 8 juin est une très bonne chose pour Bruxelles. Qui plus est, la défaite des eurosceptiques de l'UKIP a constitué une excellente nouvelle. D'ailleurs, selon les derniers sondages, la part des Britanniques ayant une attitude positive envers l'UE s'élève à 54% contre seulement 40% d'opinions négatives. La participation de royalistes d'Irlande du Nord au nouveau cabinet de May sera probablement un facteur de dissuasion contre les radicaux: les unionistes de l'Ulster sont connus pour être partisans d'une frontière transparente avec l'Irlande et être favorables aux liens économiques les plus étroits possibles avec le marché commun de l'UE, qui représentait en 2016 44% de toutes les exportations du Royaume-Uni. C'est pourquoi il existe des raisons de croire que la sortie dure restera la position prônée par May, avec l'intention d'intimider les partenaires du continent par une position dure pour tenter une récupération par la suite. Mais certainement pas l'alternative douce sous sa forme actuelle.

    Car dans l'interprétation bruxelloise, le scénario doux pourrait être le pire pour le Royaume-Uni. Il correspondrait très probablement au modèle des relations de l'UE avec la Norvège ou la Suède. Ces deux pays disposent d'un accès total ou partiel au marché de l'UE et adoptent des normes correspondant aux lois européennes, mais ne sacrifient pas leur souveraineté au profit des institutions communes de l'UE. Ils sont donc privés du droit de participer à l'élaboration des règles auxquelles ils doivent se soumettre.

    Une forte pression des — pratiquement — ex-partenaires de l'UE sur les Britanniques est à prévoir. L'attitude dominante des élites de l'Europe continentale envers la sortie du Royaume-Uni peut être résumée par la phrase suivante: «Partez, mais payez le prix fort». La fermeté maximale des négociateurs de Bruxelles aura pour objectif de faire en sorte qu'aucun autre pays ne songe à sortir de l'UE.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Négociations sur le Brexit (2017) (148)

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    Tags:
    Europe, Royaume-Uni
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