Ecoutez Radio Sputnik
    La construction du pont de Kertch

    Kiev assimile le pont de Kertch et le gazoduc Nord Stream 2 à des «armes»

    © Sputnik . Alexander Polegenko
    Lu dans la presse
    URL courte
    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (juin 2017) (35)
    8233

    L'hystérie antirusse aux USA, en Europe et en Ukraine pourrait nuire aux projets d'infrastructure coûteux de la Russie.

    Les autorités officielles de Kiev ont en effet annoncé hier que le gazoduc Nord Stream 2 «créait une menace militaire pour le pays», et que le pont de Kertch «priverait l'Ukraine de ses ports en mer d'Azov».

    Le président du parlement ukrainien Andreï Paroubi a déclaré que le projet de gazoduc Nord Stream 2 sous la mer Baltique «provoquait une véritable guerre entre la Russie et l'Ukraine». Selon lui, ce nouveau gazoduc n'est pas seulement dangereux pour des raisons politiques et économiques, mais également sur le plan militaire: «Comme cette infrastructure diminue l'importance du système de transport de gaz ukrainien, plus rien ne retient la Russie contre une vaste invasion de l'Ukraine».

    D'après le président de la compagnie ukrainienne Naftogaz Andreï Kobolev, le projet de gazoduc crée des risques pour Kiev et «menace» l'unité européenne.

    En outre, dans une interview accordée hier au média allemand DW, le vice-ministre ukrainien de l'Infrastructure Iouri Lavreniouk a déclaré que «le pont de Kertch menaçait l'avenir des ports ukrainiens en mer d'Azov».

    Les Ukrainiens dénoncent le fait qu'après l'installation des arcs de pont, le passage de navires qui dépassent 160 m de long et 31 m de large sera limité, la hauteur du bateau au-dessus de la surface de la mer ne devra pas dépasser 33 m et le tirant d'eau sera limité à 8 m.

    Le vice-ministre n'a toutefois pas tenté de contacter ses collègues russes pour présenter des réclamations ou essayer de trouver un terrain d'entente.

    Quand les journalistes allemands ont rappelé au responsable ukrainien que la construction du pont de Kertch par la Russie avait été annoncée depuis longtemps et ont demandé s'il y avait des contacts avec la Russie et pourquoi l'Ukraine ne tirait la sonnette d'alarme que maintenant en calculant les pertes, Laverniouk a avancé un argument fatal et simple comme 2+2: «Quel contact peut-on avoir avec un État-agresseur? Nous recevons les informations des médias.»

    «Si l'Ukraine adoptait une position plus posée et ne diabolisait pas tous les projets russes qui la concernent, on pourrait compter sur un dialogue et penser que sa critique est juste, a déclaré le premier vice-président de l'Union russe des ingénieurs Ivan Andrievski. Au lieu de se plaindre pendant des années l'Ukraine doit renoncer à la rancune et aux revendications pour entamer un dialogue constructif avec la Russie. C'est seulement dans ce cas qu'elle pourra obtenir des décisions favorables pour elle. […] Mais ce n'est pas le cas, nous constatons même l'inverse. C'est pourquoi la Russie est contrainte de construire ce pont en tenant compte uniquement de ses propres intérêts.»

    Hier, six opérateurs de systèmes de transport de gaz en Allemagne, en Autriche et en Tchéquie ont annoncé leur soutien au projet de gazoduc Nord Stream 2 dans une lettre au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, écrit l'agence de presse Bloomberg.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (juin 2017) (35)

    Lire aussi:

    Le projet Nord Stream 2 pourrait ruiner l'économie ukrainienne
    Natalia Poklonskaïa: il faut que Kiev se fasse à l’idée que la Crimée est étrangère
    Le chef des Tatars de Crimée invite les députés ukrainiens à visiter la péninsule
    Tags:
    Pont de Crimée, Nord Stream 2, Andreï Kobolev, Russie, Ukraine
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik