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    Abou Bakr al-Baghdadi. Archive photo

    Daech à la déroute après la mort de son leader

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    Traduction de la presse russe (juillet 2017) (61)
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    De plus en plus d'indices indiquent que le leader du groupe terroriste Daech, le «calife» Abou Bakr al-Baghdadi. Après la prise de Mossoul et alors que la chute de Raqqa est imminente, cette nouvelle laisse présager la fin du projet d'établissement d'un «État islamique».

    A la fin de ce mois, Abou Bakr al-Baghdadi (Ibrahim al-Badr de son vrai nom) aurait célébré son 46e anniversaire. Mais cet homme originaire de la ville irakienne de Samarra a été tué à l'âge de 45 ans le 28 mai près de Raqqa après une frappe de l'aviation russe. Sa probable élimination a été annoncée par les militaires russes le 16 juin. Plusieurs confirmations du décès du «calife» ont été rapportées en quatre semaines, mais c'est seulement mardi qu'il a été annoncé que le commandement de Daech avait reconnu la mort de son leader.

    La chaîne irakienne Al Sumaria rapporte que Daech a publié un communiqué pour reconnaître que Baghdadi était décédé, et que son successeur serait nommé prochainement. Aucun détail sur la mort du leader terroriste n'a été communiqué.

    Mais où «régnera» le nouveau leader de l'EI? La «capitale» de Daech, Raqqa, tient à peine face aux attaques des troupes d'assaut, et la plus grande ville que le groupe terroriste contrôlait, Mossoul, est tombée de facto li y a quelques jours. Lundi, le premier ministre irakien Haïdar al-Abadi a annoncé une «grande victoire» et la libération totale de Mossoul.

    Le 5 juillet 2014, Ibrahim al-Badr avait personnellement proclamé un «califat» à la mosquée de Mossoul. Trois ans plus tard, ce «califat» disparaît et s'évapore avec la chute de Mossoul et la mort de Baghdadi.

    Tous ces événements ont découlé de l'invasion américaine en Irak et en Afghanistan au début du siècle. L'occupation de l'Irak n'avait aucune justification juridique, morale ou politique. Tout le monde savait que Washington voulait simplement établir un contrôle total sur l'un des pays clefs du Moyen-Orient, dirigé par un régime indépendant et qui avait, qui plus est, des ambitions panarabes.

    Après l'occupation, les USA ont de facto détruit le pouvoir central en Irak, en partie sciemment, en partie faute de compréhension de la situation. Et peu importe de savoir si les États-Unis souhaitaient un chaos contrôlé au Moyen-Orient ou agissaient par empirisme: le résultat ne s'est pas fait attendre. Ils ont ouvert la boîte de Pandore, ont laissé entrer les forces du chaos, ont fait naître la résistance islamique et la révolte arabe — peu importe son nom. A partir de 2003 le territoire irakien s'est retrouvé aux prises à la fois avec une guerre civile aux aspects religieux et ethniques, ainsi qu'avec une guerre contre l'occupant également dotée d'une composante religieuse.

    Les USA ont été incapables de surmonter ce chaos. Au final, ils ont préféré quitter l'Irak en y laissant un pouvoir fantoche et des milliers de conseillers. Mais tous les problèmes et contradictions sont restés, ainsi que la guerre civile, la division et la chute factuelle de l'Irak. Une fois que le Printemps arabe a frappé le monde arabe, la propagation de la révolte n'était qu'une question de temps.

    Le «calife» Baghdadi est mort. Le «califat» disparaît et renaîtra peut-être avec le temps dans un autre endroit du monde islamique. Car la somme de conflits qui a contribué à son apparition ne peut pas être effacée.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (juillet 2017) (61)

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    Tags:
    décès, Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi
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