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    La Russie progresse rapidement dans la conception d'avions convertibles

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    Traduction de la presse russe (juillet 2017) (61)
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    Le commandant des forces aérospatiales russes, le général Viktor Bondarev, a annoncé que la Russie développait des avions convertibles militaires «tous azimuts».

    Des aéronefs convertibles russes ont déjà été présentés au salon aérospatial MAKS à Joukovski, dans la région de Moscou, mais pour l'instant il s'agit de versions non militaires et «inoffensives». L'élaboration d'avions convertibles aux USA pour les besoins du Pentagone a demandé des décennies. En revanche, les succès de la Russie dans la production de drones de combat sont déjà notables.

    «La Russie travaille tous azimuts à la conception d'aéronefs convertibles militaires et de drones lourds petits, moyens et grands», a déclaré samedi le général Viktor Bondarev, commandant des Forces aérospatiales russes. Selon lui, dans le futur les drones seront incorporés à un système de contrôle commun et agiront en «meute». «La mise en place d'un tel système réseaucentrique permettra de réduire significativement le coût de préparation des opérateurs de drones», précise-t-il.

    «Le domaine des drones se développe. Il reste plus cher de former un pilote que d'installer sur un avion un bon pilote automatique. Aujourd'hui un opérateur peut contrôler un ou deux drones et avec le temps, avec le développement de la composante terrestre, il pourra gérer cinq, voire dix appareils, ce qui sera encore moins onéreux», a déclaré le général.

    Dans le programme public d'armement pour 2018-2025, le ministère de la Défense s'est fixé comme priorité la mise en service de drones de reconnaissance et d'attaque.

    La particularité des avions convertibles réside dans leurs hélices, qui sont ascensionnelles au décollage et à l'atterrissage et servent de poussée en vol horizontal — une sorte d'hybride entre un avion et un hélicoptère. Un aéronef convertible est capable d'effectuer des décollages et des atterrissages verticaux et d'embarquer davantage de passagers et de fret, tout en affichant une plus grande portée et vitesse qu'un hélicoptère. Il est prévu de doter les avions convertibles les plus puissants en moteurs hybrides pouvant propulser l'appareil jusqu'à 500 km/h.

    Igor Korottchenko, rédacteur en chef du magazine Défense nationale, souligne que la conception d'avions convertibles «ne fait que commencer». En revanche, le progrès en matière de drones est bien plus notable et «se déroule pratiquement tous azimuts en exploitation: dans l'usage militaire du parc existant de drones et la construction de versions d'attaque.»

    L'expert souligne que les seuls leaders dans la construction d'avions convertibles au niveau mondial sont actuellement les USA, qui fabriquent en série l'avion hybride Bell V-22 Osprey. Israël, l'un des plus importants fabricants de drones dans le monde, ne peut pas se vanter de telles avancées.

    «Tous les partenaires des USA peuvent acheter des avions convertibles américains. Les Américains ont passé des décennies de développement avant de lancer leur production en série et leur exploitation. On ignore quand la Russie disposera de ses propres avions hybrides. Ce n'est que le début des travaux avec des perspectives encore floues. Il est trop tôt pour en parler aujourd'hui concrètement», explique Igor Korottchenko.

    Dans le même temps, l'expert est certain que le développement des drones n'entraînera pas de diminution du nombre de pilotes militaires. «L'aviation militaire pilotée remplira ses missions, tandis que les drones rempliront les leurs. Aucun changement ne se produira pendant au moins 50 ans. L'un complétera l'autre», conclut Igor Korottchenko.

    La Russie a commencé à évoquer sérieusement la conception d'avions hybrides en 2015. Le développement est échelonné en trois étapes. Dans un premier temps, on construit un appareil de démonstration dans la classe légèrement supérieure à 300 kg. En parallèle, on travaille sur un appareil de plus grande classe — pouvant peser jusqu'à 2 tonnes. A l'issue de ces deux étapes on met au point un avion hybride à part entière. Mais pour l'instant on en reste au stade des versions réduites, qui ressemblent à des jouets à côté de l'américain Bell V-22 Osprey.

    Selon les militaires, il est avant tout prévu d'utiliser les avions convertibles pour l'armée de terre en tant que moyen d'attaque et de débarquement des troupes et d'approvisionnement. Dans la marine, les aéronefs hybrides seront également embarqués sur les navires de guerre. Ces appareils seront également sollicités à des fins civiles. Ces nouveautés intéressent les compagnies du secteur pétrolier et gazier et différents services publics. Un drone hybride pourrait notamment servir à surveiller et à protéger l'environnement dans les régions dépourvues de piste d'atterrissage.

    La compagnie publique Rostec a présenté le drone hybride militaire modernisé RHV-30 au 13e salon de l'aéronautique MAKS 2017 à Joukovski, qui a fermé ses portes le 23 juillet.

    Cette semaine, le holding Hélicoptères de Russie a annoncé que la production du nouvel aéronef hybride VRT300 serait lancée l'an prochain. La maquette en taille réelle a été présentée pour la première fois pendant le salon MAKS. Le drone est construit selon un schéma coaxial, affiche une masse de décollage maximale de 300 kg, est propulsé par un moteur diesel et d'après ses développeurs il est capable de voler pendant 5 heures jusqu'à 180 km/h. Son rayon d'action s'élève à 100-150 km.

    Le drone peut embarquer jusqu'à 70 kg de charge utile. Il dispose notamment d'un système optique électronique de surveillance sur un axe gyrostabilisant. Le drone est également capable d'embarquer des équipements spéciaux dans un conteneur sous son fuselage. Ce «jouet» peut servir à diagnostiquer les lignes à haute tension et pour la cartographie.

    Ces élaborations sont prises en charge par le bureau d'étude novateur VR-technologies (qui fait partie du holding Hélicoptères de Russie). Ce projet a été présenté pour la première fois pendant le salon MAKS 2015. Il est réalisé dans le cadre du programme Vitesse en coopération avec la compagne Aerob — résidente du pôle spatial de Skolkovo.

    Actuellement, l'appareil hybride est testé dans différents régimes de vol avec des éléments de charge utile et dans différentes conditions météorologiques. Son premier vol a été rapporté en février 2016.

    En automne 2015 a été annoncé le projet de tester avant la fin de l'année le drone convertible Granat 5 de la compagnie Ijmach — Systèmes sans pilote pour les unités spéciales de la marine. Il était prévu de proposer de mettre en service le Granat 5 dans les forces armées en été 2016. Ces plans n'ont plus été évoqués par la suite.

    Cependant, en avril 2016, l'Institut de recherche sur les problèmes appliqués a entamé les essais du drone hybride Konvert 8 pour la reconnaissance du territoire avec la possibilité de projeter des moyens techniques de taille réduite dans les zones difficiles d'accès. Sa masse de décollage maximale s'élève à 8 kg. Les développeurs ont conçu des ailes en tandem, ce qui assure une grande capacité de charge, et l'ont doté de quatre hélices pivotantes avec des moteurs électriques. L'envergure d'aile de l'appareil est de 1,6 m. En une heure, de vol l'avion peut porter jusqu'à 1,2 kg de charge utile.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (juillet 2017) (61)

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    Tags:
    avions, MAKS 2017, Rostec, Viktor Bondarev, Russie
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