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Traduction de la presse russe (juillet 2017) (61)
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Ce n'est pas la première fois que le milieu d'été devient en Russie la saison des plus grands spectacles militaro-techniques aussi bien à l'échelle panrusse qu'internationale.

Il y a littéralement quelques jours s'est terminé l'un des plus grands salons aérospatiaux internationaux MAKS 2017, à Joukovski, région de Moscou, alors que le dernier dimanche de juillet a été marqué par un grandiose défilé naval consacré à la journée de la marine russe. Et dans moins d'un mois le parc Patriot de la région de Moscou accueillera le prochain Forum militaro-technique international Armée 2017.

L'écart de trois semaines entre le défilé naval et l'Armée 2017 ne signifie pas du tout un répit dans la course militaire du pays. Un autre grand événement militaro-technique a commencé ce weekend dans le parc Patriot et sur le polygone d'Alabino, région de Moscou — les 3e Jeux militaires internationaux (JMI 2017).

Les JMI se déroulent dans 5 pays

Les JMI 2017 se dérouleront du 29 juillet au 12 août sur 22 polygones dans 5 pays à la fois: en Russie, en Azerbaïdjan, en Biélorussie, au Kazakhstan et en Chine.

Le programme des Jeux inclut 28 concours militaro-techniques. D'après le ministère russe de la Défense, pour la première fois dans le cadre des JMI 2017, 11 concours seront organisés en Azerbaïdjan (Coupe de la mer), en Biélorussie (Combattant de la communauté), au Kazakhstan (Tir d'élite, Maîtres d'artillerie, Compétition de drones) et en Chine (Poussée de Souvorov, Aviadarts, Section aéroportée, Armurier, Ciel clair, Environnement sûr). Les concours navals seront organisés dans les mers Noire, Caspienne et du Japon.

Au total, plus de 150 équipes de 28 pays participeront aux Jeux en représentant l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine. 22 pays ont envoyé aux Jeux 47 groupes d'observateurs.

9 pays prendront part aux JMI 2017 pour la première fois: le Bangladesh, Israël, le Laos, le Maroc, la Syrie, la Thaïlande, l'Ouzbékistan, l'Ouganda et l'Afrique du Sud. Le nombre total des participants dépasse 4.000 hommes.

La signification internationale

La principale particularité des Jeux est la hausse de leur envergure internationale.

«Chaque année les Jeux militaires internationaux suscitent de plus en plus d'intérêt dans le pays et à l'étranger. Nous nous souvenons de leur début. Trois années plus tard plus de 3.500 militaires de 28 pays nous montreront aujourd'hui leur professionnalisme», a noté pendant la cérémonie solennelle d'ouverture des Jeux le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou. D'après ce dernier, le déroulement cette année des Jeux, hormis la Russie, en Azerbaïdjan, en Biélorussie, au Kazakhstan et en Chine est tout aussi important.

Dans les meilleures traditions de l'URSS le président biélorusse s'est exprimé sur l'objectif et la signification des JMI 2017. «La situation est instable dans le monde. Le terrorisme international menace tous les Etats sans exception. Malheureusement, la situation générale au sein de la communauté internationale se distingue également par sa tension. C'est pourquoi toutes les forces pacifiques doivent être particulièrement vigilantes, mobilisées et prêtes à réagir aux risques et défis les plus inattendus», a déclaré Alexandre Loukachenko.

Selon le président chinois Xi Jinping, les Jeux militaires internationaux sont l'une des brillantes marques de coopération militaire et une plateforme unique pour l'échange d'expérience entre les militaires de différents pays.

«Je compte sur un renforcement des liens et de la coopération de la Chine avec d'autres pays au niveau des forces armées dans le but d'une promotion continuelle de la coopération militaire internationale, ce qui servira indéniablement au renforcement de la paix dans le monde entier», a souligné Xi Jinping dans son allocution vidéo adressée aux participants aux JMI.

Le très grand nombre de spécialistes, experts et militaires étrangers assistant aux JMI 2017 témoigne de leur intérêt pour le matériel militaire russe. C'est ce qu'a déclaré Sergueï Ivanov, représentant spécial du président russe pour la protection de l'environnement, l'écologie et le transport.

«Nous avons toujours eu de bons blindés. Comme l'indique, d'ailleurs, le grand nombre de commandes pour l'exportation. Et la présence aux Jeux d'un très grand nombre de spécialistes, experts et militaires étrangers montrent que cela les intéresse. Ils n'y seraient pas venus pour rien», a déclaré Sergueï Ivanov le jour d'ouverture des JMI 2017.

Le biathlon blindé

Bien que les JMI comptent une trentaine de disciplines, le biathlon blindé reste la principale parmi elles, grâce à laquelle est née l'idée même des Jeux militaires avancée par le ministre russe de la Défense.

C'est indéniablement le concours le plus populaire dans le programme des Jeux avec la participation des équipages de Russie, d'Azerbaïdjan, d'Angola, d'Arménie, de Biélorussie, de Venezuela, de Zimbabwe, d'Inde, d'Iran, de Kazakhstan, de Kirghizstan, de Chine, de Koweït, de Laos, de Mongolie, de Nicaragua, de Serbie, de Tadjikistan et d'Ouganda.

La grande majorité des équipes participeront sur 70 chars T-72B3 fournis par la Russie.

Seuls quelques pays sont venus à la compétition avec leurs propres blindés. C'est la Chine, qui concourra sur quatre chars Type 96B, basés sur le châssis du T-72 russe (soviétique). Ainsi que la Biélorussie (T-72 assemblés dans les usines nationales) et l'Inde (T-90 construits selon la licence russe dans les usines indiennes).

En dépit de certaines différences du point de vue de la construction et des caractéristiques techniques, dans l'ensemble tous les blindés affichent des paramètres mécaniques et de combat similaires, ce qui leur permet de participer aux mêmes concours. Si pendant les premières compétitions avec la participation des équipages chinois les organisateurs avaient des reproches par rapport à la puissance excessive des moteurs chinois, aujourd'hui les questions les plus sérieuses en la matière ont été réglées.

Le biathlon n'est pas un sport africain

A en juger par les résultats des deux premiers jours de compétition, les équipes de Russie et de Chine sont en tête. L'équipage russe se trouve en haut du tableau en affichant le meilleur temps de passage de la piste parmi toutes les équipes — 19 minutes 10 secondes. Suivi par le favori de la première journée — l'équipe chinoise avec 19 minutes 40 secondes. L'équipage russe a franchi la ligne d'arrivée sans un seul tir raté. Chacune des cinq cibles a été détruite dès le premier coup.

Ce classement n'a rien d'étonnant. Ce n'est pas la première année que les Russes et les Chinois sont les favoris. La différence de vitesse, de maîtrise et d'entraînement des équipages, notamment par rapport aux participants des pays d'Afrique, est si flagrante, que même les spectateurs peu familiers avec le secteur militaire peuvent s'en apercevoir.

Cela s'explique probablement par le fait que les pilotes de char africains doivent contrôler des blindés modernes, complexes et coûteux, dont ils ne peuvent que rêver dans leur pays (où ils utilisent encore des chars obsolètes T-55 des années 1950). Visiblement les équipages de ces pays n'arrivent pas à se familiariser correctement avec les T-72B3 durant la préparation pour les Jeux.

Toutefois, il existe probablement une autre explication du résultat peu convaincant de certaines équipes. «Les Russes et les Chinois concourent sur leurs propres chars. Ils n'ont pas besoin de ménager leurs blindés. C'est pourquoi ils roulent à fond. Alors que nous roulons sur les chars fournis par les Russes et en sommes entièrement responsables, a expliqué un pilote de char africain. Si le char était sérieusement endommagé pendant les épreuves, notre pays et nous devrions en répondre. C'est pourquoi nous essayons de rouler soigneusement.»

Difficile à dire dans quelle mesure cela correspond à la réalité, car très peu de personnes connaissent ces nuances des conditions de participation des équipes. Il se pourrait bien que cela soit vrai.

Toutefois, à en juger par le grand nombre d'erreurs flagrantes commises par les équipages étrangers, l'explication de tout cela par l'unique réticence d'endommager le blindé ne paraît pas très convaincante.

Les chars d'abord

Ceux qui ont déjà suivi les biathlons blindés ont certainement pu se poser cette fois une question par rapport à la pertinence de l'organisation des compétitions sur des T-72B3 qui sont devenus lassants et légèrement obsolètes.

Ce à quoi le commandant de l'armée de terre Oleg Salioukov a déclaré que les nouveaux modèles de char, le T-90 y compris, pourraient être utilisés à terme dans le biathlon blindé.

«Peut-être un T-90, peut-être un T-72B3 modernisé, a expliqué le général. Il sera peut-être allégé avec un moteur plus puissant. Je pense qu'à terme le T-72B3 sera modernisé. Il a un très grand potentiel de modernisation. Dès à présent il est en parité avec les meilleurs analogues, et à terme il ne sera que meilleur.»

Conclusion

Les Jeux militaires internationaux 2017 viennent de commencer et il est trop tôt pour tirer certaines conclusions sur ces compétitions grandioses dans tous les sens du terme.

Pour l'instant, la première impression des événements peut être caractérisée comme une tentative des organisateurs de revenir à l'époque de l'Union soviétique. L'esprit du pays qui n'existe plus planait clairement au-dessus de tout ce qui s'est passé depuis l'ouverture des Jeux.

Ceux qui ont aujourd'hui plus de 40 ans se souviennent bien des récits officiels sur les nombreux «alliés» et «frères d'armes» des pays les plus lointains et exotiques, ainsi que de la manière dont tout cela s'est terminé pour l'URSS.

Bien sûr, on ne peut pas parler d'une répétition à part entière du passé aujourd'hui. Si auparavant pratiquement chaque pays annonçant sa disposition à construire le socialisme pouvait compter sur des fournitures pratiquement gratuites des armes soviétiques de dernier cri, aujourd'hui il faudra payer même pour un T-72 abimé par des pilotes maladroits.

Indéniablement, la coopération militaire qui se développe activement avec les anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale et avec la Chine est également perçue de manière positive. On peut toujours parler des menaces émanant d'Occident, mais de plus en plus de personnes comprennent que la principale menace militaire potentielle pourrait se trouver au sud et à l'est. Et c'est réjouissant de voir que les voisins au sud et à l'est de la Russie en ont conscience et y réagissent.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Dossier:
Traduction de la presse russe (juillet 2017) (61)

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