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    Un Kurde à Kobané

    La Turquie combat sur deux fronts en Syrie

    © AFP 2019 BULENT KILIC BULENT KILIC
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    Traduction de la presse russe (août 2017) (72)
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    Des unités turques ont franchi la frontière au nord-est de la Syrie en occupant deux villages dans l'autonomie kurde autoproclamée.

    Les représentants kurdes en Russie ont évoqué une éventuelle réaction aux agissements d'Ankara. Il se pourrait que la projection des militaires turcs soit liée aux élections annoncées dans les régions autonomes au nord. Cependant, les Kurdes ne sont pas le seul défi auquel la Turquie doit faire face actuellement en Syrie.

    Les unités d'autodéfense populaire ont mis en garde la Turquie: si son armée ne quittait pas les deux communes près du canton de Kobané, les forces kurdes seraient forcées de riposter. C'est ce qu'a déclaré le membre du Congrès national du Kurdistan Farhat Patiev.

    D'après ce dernier, le vote à venir représente un danger pour la Turquie, car il accorde aux Kurdes le statut d'autonomie à part entière. «Une Syrie où les Kurdes disposeront d'une voix significative ne permettra pas à la Turquie de sévir dans la région et la poussera à modérer son appétit», a souligné Farhat Patiev.

    Avant cela a été rapportée la projection de troupes turques dans le canton kurde d'Afrin situé au nord-ouest de la Syrie.

    Sachant que les motivations des autorités turques restent inchangées. «Ankara a annoncé à plusieurs reprises que l'opération Bouclier de l'Euphrate avec l'invasion et la dislocation des territoires kurdes avait pour objectif d'évincer les forces populaires d'autodéfense, a déclaré Viktor Nadeine-Raevski de l'Institut d'économie mondiale et des relations internationales de Moscou (IMEMO). On a également le sentiment que la Turquie tente d'élargir ses frontières en s'emparant de la partie du territoire syrien où vivent les Kurdes syriens. La majorité absolue d'entre eux souhaitent l'autonomie. Ce qui est inadmissible pour les Turcs.»

    Par ailleurs, on ne peut pas dire que l'autonomie kurde est la principale préoccupation d'Ankara en Syrie. Les événements dans la province syrienne d'Idleb, que la Turquie considère comme sa zone d'influence, n'évoluent pas non plus de façon très positive pour cette dernière. «Hayat Tahrir al-Cham (coalition militaire comprenant des éléments de l'organisation terroriste Front al-Nosra) et l'établissement du contrôle par ce groupuscule sur la majeure partie du territoire de cette province représentent le principal danger pour la Turquie à Idleb, a expliqué Kirill Semenov, directeur du Centre d'études islamiques à l'Institut du développement d'innovation. Par conséquent, la priorité d'Ankara à Idleb consiste à lutter contre ce groupe, mais il ne trouve pas en lui la détermination, les forces et les capacités pour cela. Sur ce fond, Hayat Tahrir al-Cham peut accroître son influence. Il est évident que les Turcs doivent d'une certaine manière élargir leur «zone de sécurité», mais pour le moment ils ne savent manifestement pas comment ils combattront ou non Hayat Tahrir al-Cham à Idleb.»

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (août 2017) (72)

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    Tags:
    Kurdes, Turquie, Syrie
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