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Traduction de la presse russe (août 2017) (72)
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La Chine conquiert rapidement le marché mondial du vin. Selon le rapport de l'agence analytique international International Wine & Spirit Research (IWSR), d'ici trois ans la Chine sera le numéro deux mondial, derrière les USA, en matière de vente du vin.

De plus, Pékin pourrait arriver en tête du classement en termes de superficie des vignes et doubler le leader actuel — l'Espagne. Voyons quelles sont les raisons et les éventuelles conséquences de cette tendance. Selon la chaîne RT.

La consommation du vin en Chine augmente rapidement. L'IWSR prédit que d'ici 2020 le marché chinois d'écoulement du vin sera deuxième, derrière les USA, mais devant les leaders actuels qui sont le Royaume-Uni et la France.

«La classe moyenne chinois grandit, et avec elle la demande pour le vin étranger de qualité. Au premier semestre 2017 la Chine a acheté 254 millions d'hectolitres de vin pour un montant total de 1,146 milliards de dollars, soit 13,9% en termes de quantité et 3,34% en termes de qualité par rapport à la même période de l'an dernier. D'ici trois ans nous serons indéniablement le numéro deux du marché mondial du vin», a déclaré Wang Zuming, directeur de l'Association chinoise des boissons alcoolisées.

Actuellement, Pékin est le premier importateur de vin rouge et le sixième consommateur du vin produit dans le monde (17,3 millions d'hectolitres).

D'après les experts, avec une population de 1,379 milliard d'habitants le potentiel de la Chine est immense — d'ici trois ans les ventes dans le pays atteindront 6,1 milliards d'hectolitres par an.

Les spécialistes notent que les préférences des consommateurs chinois exercent une influence considérable sur le marché mondial du vin. A ce jour, la France détient 42,6% du marché vinicole chinois, soit 10,2% de moins que l'an dernier. En revanche, les vins australiens et chiliens appréciés par les Chinois affichent une hausse stable — 25,1% et 10,5% du marché respectivement. L'activité de l'Australie et du Chili est due à la signature avec la Chine des traités de libre-échange. «Depuis cinq ans les importations de vin australien en Chine augmentaient de 10% par an. Bien sûr, l'avenir des exportations vinicoles de l'Australie se trouve entre les mains de la Chine», a déclaré Tim Hunt du département d'agriculture et d'alimentation de Rabobank.

L'augmentation de la demande en Asie impacte positivement la situation générale dans l'industrie vinicole. «Depuis 50 ans la consommation du vin s'est considérablement réduite sur le Vieux Continent, alors que la hausse de la demande en Amérique du Nord et en Asie compense ces tendances négatives. Aujourd'hui, le marché mondial du vin est enfin en équilibre après une longue période d'excès de l'offre et de demande insuffisante», a déclaré Mike Veseth, économiste, journaliste et expert du marché du vin.

Seuls les Etats-Unis afficheront des importations de vin plus élevées qu'en Chine au cours des trois prochaines années. Au début des années 1990 déjà le marché américain était en sixième positions, mais en 2016 il est monté en tête. D'après les experts de l'IWSR et de Vinexpo, la vente au détail du vin aux USA augmentera de 11% (jusqu'à 38,6 milliards de dollars) d'ici 2020, soit le double par rapport à son concurrent le plus proche — le Royaume-Uni. Dans ce pays la demande élevée en vin effervescents sera nivelée par la perte de l'intérêt pour les vins tranquilles. D'autant que le Brexit suscite de l'incertitude sur ce marché sensible aux changements, menaçant par une hausse des prix. Selon les spécialistes, c'est le segment bon marché (moins de 5 livres la bouteille) qui sera le premier touché — après la rupture avec la «famille européenne» le pays pourra difficilement maintenir les prix au même niveau.

Hormis les importations

En plus de la demande croissante, la Chine stimule la production de son propre vin. Dès à présent, selon le rapport de l'IWSR, le pays occupe la 5e place dans le classement des pays vinicoles.

Par ailleurs, la Chine est le deuxième pays, derrière l'Espagne, en termes de superficie des vignes (847.000 ha), en devançant la France (785.000 ha). D'après les experts, étant donné que le gouvernement chinois crée activement les bases de l'industrie vinicole nationale, d'ici 5 ans la Chine pourrait même dépasser l'Espagne.

Les difficultés climatiques

Toutefois, le climat dicte de nouvelles règles aux vignerons. Le journal australien Australian Sun a publié les résultats d'une étude indiquant que les changements climatiques pourraient nuire aux territoires où le raisin est traditionnellement cultivé. Cela pourrait affecter avant tout la France, le sud de l'Italie, l'Espagne et le nord de l'Argentine.

Le professeur John Holdren, spécialiste de l'environnement, a déclaré pendant la conférence Vinexpo Bordeaux que d'ici 2050 les territoires utilisables pour cultiver les vignes se réduiront de 23%. Et même aujourd'hui les terrains alloués pour les vignes continuent de grandir seulement en Chine et en Nouvelle-Zélande, alors que les vignes européennes se réduisent (baisse de 26.000 ha par rapport à 2014). Rien qu'entre 2012 et 2016 les régions vinicoles traditionnelles de Bourgogne et du Piémont (patrie du vin Barolo) ont perdu près de 50% des récoltes à causes du gel et de la grêle, et cette année les exportations d'Argentine ont chuté de 18 millions de litres. La production du vin brésilien a baissé de 55% à cause du renforcement du courant El Nino. En revanche, on assiste à une forte augmentation de production dans les pays qui ne pouvaient pas se vanter auparavant du développement de l'industrie vinicole — au Canada, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et au nord de la Chine.

«Bien sûr, les changements climatiques sont l'ennemi numéro 1 des vignerons, et les producteurs sont forcés à s'y adapter. Le vin anglais est un bon exemple d'adaptation. Le réchauffement climatique a réduit la qualité du champagne produit en France, mais en même temps il a ouvert la porte aux producteurs britanniques du vin effervescent. Mais, indéniablement, si le climat continuait de changer, la production du vin dans le monde se réduira significativement», a conclu Mike Veseth.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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marché mondial, vin, Chine
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