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    Sanctions antirusses: l'Europe se défendra-t-elle?

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    Rossiïskaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (août 2017) (72)
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    L'UE se réserve le droit de prendre des contre-mesures si les sanctions antirusses des Etats-Unis affectaient les compagnies européennes. Comme l'a noté le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, «nous devons défendre nos intérêts économiques à l'égard des États-Unis, et nous le ferons».

    Selon lui, Washington doit adopter des restrictions uniquement après avoir consulté les partenaires, c'est-à-dire l'UE. Selon le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

    Jean-Claude Juncker s'est dit satisfait de voir que la loi signée par le président américain Donald Trump sur le durcissement des sanctions antirusses tient compte des préoccupations de l'UE. D'après lui, suite à la pression diplomatique de Bruxelles, Washington «a renoncé à une partie significative des sanctions contre la Russie», qui sont bien plus souples qu'on ne l'attendait.

    Néanmoins, M. Juncker reste inquiet que ces démarches puissent affecter les intérêts de l'UE dans le domaine de la sécurité énergétique.

    «Nous pensons que les sanctions ne doivent pas viser l'économie de l'UE quand il est question des sanctions à cause du comportement de la Russie», a déclaré un responsable allemand. Berlin a l'intention d'analyser l'impact potentiel de la loi signée par Donald Trump sur les entreprises européennes. Pendant ce temps, le ministère allemand des Affaires étrangères a préconisé aux USA d'entamer les consultations avec l'UE concernant les restrictions.

    «C'est la manière dont le président Trump emploiera cette loi qui sera décisive», a déclaré un représentant du ministère. Alors que le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel qualifie les nouvelles sanctions d'«illégales». Selon lui, de cette manière les USA veulent se libérer la place pour fournir des hydrocarbures américaines en UE.

    Son homologue autrichien, Sebastian Kurz, a remis en question la nécessité d'adopter de nouvelles restrictions contre Moscou. «Les sanctions américaines contre la Russie impacteront également les compagnies européennes. L'Autriche a de sérieux doutes quant à la nécessité de cette démarche», a-t-il écrit sur Twitter. Selon lui, «l'UE doit unanimement réagir aux sanctions unilatérales pour respecter les intérêts européens». En ce sens, il soutient le chef de la Commission européenne.

    La semaine dernière déjà le ministère français des Affaires étrangères se disait préoccupé par la nouvelle loi américaine qui permettra aux USA de prendre des mesures envers les personnes physiques et morales européennes, ce qui constituerait une violation du droit international.

    Il est à noter que le président américain Donald Trump, bien qu'il ait signé cette loi, désapprouve lui-même les sanctions. «En limitant la souplesse du pouvoir exécutif ce décret complique pour les USA la signature de transactions favorables dans l'intérêt du peuple américain, il incitera la Chine, la Russie et la Corée du Nord à se rapprocher davantage», a déclaré le locataire de la Maison blanche. Selon lui, même si ce projet de loi présente de sérieuses lacunes, il l'a signée pour l'unité nationale.

    La Russie a l'intention de défendre ses intérêts par rapport aux sanctions américaines, a déclaré le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov. Selon lui, c'est ce que feront tous les pays touchés par la nouvelle loi américaine. «Dans l'ensemble nous considérons cette politique de sanctions comme à courte vue, illégale et sans perspectives», a déclaré Dmitri Peskov. Tout en indiquant que la loi sur le durcissement des sanctions contre la Russie, la Corée du Nord et l'Iran de facto ne changeait pas la situation actuelle, c'est pourquoi Moscou ne compte pas prendre de contre-mesures.

    Le professeur Christoph Ohler, responsable de la chaire du droit international à l'université Friedrich Schiller d'Iéna (Allemagne):

    «Washington peut utiliser la législation pour restreindre les sociétés américaines qui font du commerce avec la Russie. Cela est conforme à la juridiction du pays et est admis par le droit international. Cependant, les USA partent de leur exclusivité. Au final, les lois nationales sont utilisées pour persécuter des compagnies tierces. Cela affectera les projets énergétiques avec la Fédération de Russie. Dans les années 1980 les Américains avaient déjà tenté de bloquer les fournitures de tuyaux pour le gazoduc russe. Une situation similaire se répète aujourd'hui. L'administration américaine ne doit pas décider unilatéralement de sanctionner d'autres pays. Les tribunaux et les institutions de l'UE peuvent prendre des mesures défensives contre les sanctions américaines les proclamant inadmissibles. C'est le principal outil juridique. Toutefois, les plus grandes entreprises ne se sentiront protégées que sur le continent. Les entreprises européennes pourraient également exiger des USA d'indemniser les pertes des contrats ratés. Mais c'est une procédure longue et coûteuse avec peu de chances d'aboutir.»

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (août 2017) (72)

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    Tags:
    sanctions antirusses, Commission européenne, Jean-Claude Juncker, Russie, Europe, États-Unis
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