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    Un militaire américain en Afghanistan

    Pour Trump, l’Afghanistan n’est qu’une source de matières premières

    © REUTERS/ Omar Sobhani
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    Rossiïskaïa gazeta
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    Lundi soir (mardi matin en Europe), le président américain Donald Trump présentera la nouvelle stratégie des USA en Afghanistan.

    Selon certaines informations, il devrait annoncer l'envoi de 4.000 soldats américains dans ce pays. Selon le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

    L'agence de presse Reuters note que Donald Trump, homme d'affaires expérimenté, analyse attentivement les ressources minières de l'Afghanistan qui pourraient aider ce pays à compenser les dépenses engagées pour financer les 16 ans de guerre et contribuer à son rétablissement — qui a déjà coûté 117 milliards de dollars à l'Occident, essentiellement aux USA.

    Une étude menée par les experts de l'Institut d'études géologiques des États-Unis au milieu des années 2000 a révélé que le potentiel des gisements afghans pourrait se chiffrer jusqu'à 1.000 milliards de dollars. Ce sont ces réserves de richesses naturelles que les responsables étrangers et afghans voient comme une clef incroyable vers l'indépendance économique de l'Afghanistan.

    Hormis les gisements d'or, d'argent et de platine, le sous-sol afghan abrite une grande quantité de minerais de fer, d'uranium, de zinc, de tantale, de bauxite, de charbon, de gaz naturel et de cuivre — ce qui est précieux compte tenu du manque de nouvelles mines de cuivre dans le monde entier.

    Selon certaines informations, l'Afghanistan pourrait devenir une «Arabie saoudite du lithium» grâce à ses immenses réserves. Cette matière première est en effet utilisée dans les téléphones et les voitures électriques.

    Mais l'absence de logistique de base empêche pour l'instant toutes les tentatives de Kaboul d'exploiter, avec le soutien des étrangers, ces ressources minières pour en faire un secteur stratégique de l'économie afghane.

    Même un grand projet comme la mine de cuivre de Mes Aynak, exploitée par un groupe chinois, est pour l'instant au «niveau zéro».

    Selon William Byrd, expert du développement à l'Institut des USA pour la paix, le «maraudage industriel» à grande échelle prospère en Afghanistan. Il existe beaucoup de mines, petites et moyennes, mais nombre d'entre elles échappent au contrôle de l'État et tirent leur propre profit de ces puissantes ressources, privant le trésor afghan d'environ 300 millions de dollars d'impôts impayés.

    Avec l'arrivée au pouvoir de la nouvelle administration américaine, les dirigeants afghans tentent d'accroître l'intérêt de Washington pour l'exploitation des réserves de ressources minières dans le pays.

    Des responsables américains ont déclaré à l'agence de presse Reuters que Trump avait annoncé, pendant une réunion avec ses conseillers à la Maison blanche en juillet, que les USA devaient exiger une part des richesses minières afghanes en échange d'une aide au gouvernement afghan. Mais les investisseurs privés sont prudents quant à cette idée, particulièrement à cause de l'absence de réseaux logistiques et d'exportation en Afghanistan, mais aussi face à la menace réelle d'une arrivée des islamistes au pouvoir.

    D'après les experts, il faudra encore des années pour que Washington et ses alliés remportent une victoire significative en Afghanistan.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Tags:
    soldats, Donald Trump, États-Unis, Afghanistan
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