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    Kalibr

    Les raisons de la «kalibrophobie» qui submerge l’Occident

    © Photo. Ministry of defence of the Russian Federation
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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (septembre 2017) (71)
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    La récente attaque contre les terroristes dans la région de Deir ez-Zor au moyen de missiles de croisière Kalibr a une nouvelle fois attiré l'attention sur cet armement russe unique qui a considérablement renforcé le potentiel opérationnel de la marine russe.

    Les publications consacrées au Kalibr se comptent par centaines, mais cet armement éclipse généralement son ancêtre tout aussi unique — le complexe S-10 Granat doté d'un missile de croisière à ogive nucléaire de grande portée KS-122 (3M10). Toutefois, en Occident, le Granat, tout comme sa version terrestre Relief, sont encore dans les mémoires. Ce sont probablement ces souvenirs qui poussent aujourd'hui certains politiciens à sursauter nerveusement à chaque tir de Kalibr.

    La conception du Granat a constitué une réponse symétrique de Moscou à la politique des Tomahawk activement menée par Washington avec l'apparition dans l'arsenal de la marine américaine de missiles de cette classe. Par ailleurs, les militaires soviétiques ont immédiatement misé sur la version nucléaire du missile de croisière de grande portée installé sur les sous-marins nucléaires de plusieurs types et destinés à éliminer les sites stratégiques de l'infrastructure côtière de l'ennemi. Dans le même temps, d'autres missiles, qui possédaient aussi bien une ogive conventionnelle que nucléaire, étaient appelés à éliminer les groupes aéronavals, navals et de débarquement.

    En volant à 15-200 m d'altitude, le Kalibr était capable de transporter une ogive de 200 kt avec une grande précision dans un rayon de 3.000 km.

    Impressionnés par les capacités du Granat et y ayant pris goût, les amiraux soviétiques, ne souhaitant pas une disparition inutile des sous-marins stratégiques dans le cadre du traité START, ont chargé le bureau d'étude Roubine de créer sur leur base les vecteurs de nouveaux missiles de croisière (projet 667AT, code Groucha). La restructuration était faite par l'extraction des compartiments contenant des missiles balistiques pour les remplacer par des compartiments avec huit lance-torpilles de 533 mm et des rampes pour missiles de réserve (en plus des six lance-torpilles à l'avant). Au final, chaque Groucha embarquait jusqu'à 32 missiles de croisière.

    missiles Kalibr
    © Photo. Service de presse du ministère de la Défense
    Les résultats de l'utilisation par la marine russe de missiles de croisière Kalibr contre les terroristes en Syrie montrent que cette expérience n'a pas été vaine. En fin de compte, la marine russe s'est dotée non seulement d'un missile de longue portée à usage limité capable de transformer en cendre nucléaire les cibles côtières cruciales de l'ennemi, mais aussi d'une arme universelle à grande portée qui transforme même les petits navires lance-missiles en lanceurs d'engins stratégiques.

    Il est tout à fait possible que la «kalibrophobie» qui a submergé ces derniers temps les puissances occidentales s'explique par la crainte de la lueur nucléaire du Granat, qui s'est pendant longtemps profilée devant les yeux des généraux et des amiraux de l'Otan. Et même si aujourd'hui ce sont les terroristes qui font régulièrement les frais de la puissance et de la précision élevées des Kalibr à ogive conventionnelle, personne n'a dit que cet armement ne pouvait pas être doté, si besoin, d'ogives spéciales. Avec ces dernières, les Kalibr seraient en mesure de détruire bien plus que les postes renforcés des terroristes. Ces armes sont à même de changer foncièrement le relief sur de grands espaces, et ce n'importe où sur la planète.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (septembre 2017) (71)

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    Tags:
    missiles, Kalibr, Tomahawk, Occident, Russie
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