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    Pourquoi les internautes rendent Trump responsable des anomalies climatiques

    Pourquoi les internautes rendent Trump responsable des anomalies climatiques

    © REUTERS/ Carlo Allegri
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    Traduction de la presse russe (septembre 2017) (71)
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    Ces deux dernières semaines, plusieurs puissants ouragans se sont formés dans l'océan Atlantique avant de s'abattre sur les Caraïbes et sur certains États américains. Après Irma, José et Harvey, l'ouragan Maria, de catégorie 5 lui aussi, s'approche actuellement des îles de la région.

    Sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs accusent le président américain Donald Trump personnellement de ce déchaînement des éléments, rappelant sa décision de sortir de l'accord de Paris sur le climat sous prétexte que le réchauffement climatique, selon lui, ne serait qu'un fake, indique la chaîne RT.

    L'ouragan Maria continue de sévir dans l'Atlantique. Donald Trump a décrété l'état d'urgence sur les Îles Vierges des USA et a ordonné d'apporter une assistance fédérale aux territoires américains d'outre-mer pour pallier les conséquences de la catastrophe naturelle. L'Amérique possède une expérience solide de lutte contre les cataclysmes naturels: rien qu'au cours de ces dernières semaines, trois ouragans se sont abattus sur l'Atlantique: Irma, José et Harvey.

    Les météorologues soulignent le caractère inhabituel de cette multiplication des cataclysmes à cette période de l'année. De nombreux utilisateurs des réseaux sociaux ironisent toutefois en faisant allusion à un lien direct entre les anomalies météorologiques et la sortie des USA de l'accord de Paris sur le climat. Ils sont convaincus qu'en fin de compte, la responsabilité de la détérioration de la situation climatique incombe au président américain Donald Trump, pour qui le profit économique prime sur le règlement du problème du réchauffement climatique.

    «Il est peut-être trop tard pour envoyer une lueur de sagesse à ceux qui nient le #RéchauffementClimatique, mais ces incompétents doivent tout de même se bouger. #Trump et #Maria», écrit sur Twitter Cluain Cottage. (Sending the light of wisdom to those who still deny #GlobalWarming might be too late but those bozos need to cop on! #Trump et al #Maria)

    ​«La stupidité libérale concernant le changement climatique: si nous donnons des milliards de dollars aux politiciens corrompus, ils pourront contrôler la température de la Terre», écrit Jim Robinson III, qui accompagne sa publication d'appels à lutter contre les décisions de Trump.

    ​«Le changement climatique ne disparaîtra pas #Trump — des tempêtes encore plus #épiques #historiques sont à venir», écrit John JC Colyer en s'adressant à Trump (#climatechange will not go away #Trump — more #epic /#historicstorms coming)

    ​Certains pensent qu'il ne faut pas prier pour les victimes des ouragans et des incendies, mais «voter pour un gouvernement qui croit en la science».

    ​Les Américains demandent à Trump de reconnaître que les «changements climatiques ne sont pas des fake news», mais la réalité.

    ​Les utilisateurs plus calmes ne tracent pas de parallèle direct entre la sortie des USA de l'accord de Paris sur le climat et le début de la saison des ouragans, mais ils notent que la politique de Trump nuit au climat de la planète.

    «Le changement climatique n'a pas provoqué l'ouragan Irma. Mais il a aggravé la situation… Trump n'est pas la cause du changement climatique, mais son mensonge et sa réticence à agir aggraveront la situation», peut-on lire dans un autre tweet.

    Que dit la science?

    Pour répondre à la question de savoir s'il existe effectivement un lien entre le déchaînement des éléments dans l'Atlantique et le réchauffement climatique, RT a questionné le candidat dès sciences physiques et mathématiques Andreï Kisselev de l'Observatoire de géophysique principal Voeïkov, auteur du livre Les Paradoxes du climat. Il perçoit un certain lien entre ces deux phénomènes.

    «En effet, on a découvert il y a environ 70 ans que les grands ouragans et les tornades apparaissaient dans l'océan quand la température de l'eau était supérieure à +26,5°C. Bien sûr, plus le système climatique est chaud (aussi bien l'air que l'océan), plus la superficie de la surface de l'eau où la température dépasse 26,5°C est élevée. La superficie augmente et, avec elle, la probabilité qu'apparaisse un tel phénomène. Il existe un lien», explique l'expert.

    Mais on ignore encore à quel point la corrélation est importante.

    «Cela fait plusieurs années que les chercheurs planchent sur la question de savoir si les anomalies naturelles et la fréquence accrue des cataclysmes naturels sont liés aux changements climatiques. Cette question reste ouverte aujourd'hui car les scientifiques ne disposent pas de statistiques suffisantes: trop peu de cas ont été observés et traités», constate-t-il.

    Le chercheur note également que les statistiques existantes ne sont pas scientifiques: elles sont établies par les agences d'assurance. Selon ces dernières, «au cours des 35 dernières années le nombre de catastrophes naturelles en tout genre a triplé». Notamment des ouragans et des tempêtes.

    L'aspect économique

    Pour justifier sa décision d'en sortir, Donald Trump a dit que les conditions de l'accord de Paris n'étaient pas économiquement avantageuses pour l'Amérique. Mais cela dépend de quelle économie on parle.

    Actuellement, Washington est contraint d'allouer d'importantes sommes d'argent à la reconstruction des maisons et de l'infrastructure dans les régions touchées par les ouragans Harvey et Irma. Selon les estimations des médias, cela pourrait nécessiter jusqu'à 290 milliards de dollars. Le président de la compagnie de consulting AccuWeather Joel Myers a déclaré qu'Irma coûterait 100 milliards de dollars à l'économie américaine, et 190 milliards de dollars pour Harvey.

    Par ailleurs, dans les régions détruites par la catastrophe naturelle, certains entrepreneurs tentent de profiter financièrement de la situation désastreuse des habitants en faisant monter en flèche les prix des produits de base.

    Le gouvernement est forcé d'appeler les entrepreneurs à l'intégrité et de verser des aides à la population. Ainsi, pour la première fois depuis 2012, le ministère américain de l'Énergie a décidé d'allouer 500.000 barils de pétrole de sa réserve stratégique pour stabiliser les prix du carburant. De son côté, le président américain Donald Trump a ordonné de trouver 15,3 milliards de dollars pour réparer les conséquences de l'ouragan.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (septembre 2017) (71)

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    Tags:
    ouragan Maria, Accord de Paris sur le climat, réseaux sociaux, Donald Trump
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