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    Alexander Gauland

    Alexander Gauland: «Tôt ou tard, l'Occident se fera à l’idée d’une Crimée russe»

    © AFP 2018 Odd Andersen
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    Izvestia
    Traduction de la presse russe (septembre 2017) (71)
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    Le candidat à la chancellerie d'Alternative pour l’Allemagne (AfD) évoque pour Izvestia les projets post-électoraux de son parti, les perspectives des relations entre Berlin et Moscou et le facteur des Allemands russes.

    Selon les sondages, votre parti pourrait devenir la troisième force parlementaire après les élections. Cependant, les autres partis refusent toujours de former des coalitions avec l'AfD. Est-ce que les législatives pourraient changer cette situation? Qui est le partenaire le plus convenable pour l'AfD?
    Pour le moment, aucun parti ne veut former de coalition avec nous, et nous-mêmes n'en avons pas vraiment envie. Selon Izvestia. L'AfD ne pourra réfléchir à la coopération avec les autres que dans le cas où nos résultats électoraux seraient comparables à ceux des autres partis populaires. Sinon, nous resterions dans l'ombre d'un grand partenaire au sein de la coalition. 

    Nous n'avons pas de partenaire naturel mais nos positions sont plus proches du Parti libéral-démocrate (FDP).

    Cet été, l'Allemagne a publié le Livre blanc de la défense qui, pour la première fois, décrit la Russie comme un adversaire et pas comme un partenaire, contrairement aux années précédentes. Pourra-t-on revenir un jour à la vielle époque de partenariat?

    Entretenir de bonnes relations avec la Russie a toujours été avantageux pour l'Allemagne. C'est pourquoi il nous faut réintégrer la Russie à la politique européenne et la traiter comme un partenaire égal. La normalisation des relations avec la Russie est une condition préalable importante pour instaurer une paix durable en Europe, et l'AfD fera tout son possible pour que la compréhension de ce fait prenne racine en Allemagne.

    Les relations entre Moscou et Bruxelles sont au plus bas depuis des années. L'une des raisons principales de cette situation est la réunification de la Crimée avec la Russie. L'Allemagne changera-t-elle d'avis sur la question de la péninsule? Est-ce que l'Occident, en général, pourrait un jour changer de position à ce sujet?

    L'Occident acceptera tôt ou tard le fait que la Crimée ne sera plus jamais ukrainienne. Par exemple, le chef du FDP Christian Lindner s'est récemment prononcé pour le statu quo. Ces propos ont suscité beaucoup de critiques mais je suis certain que de plus en plus d'hommes politiques allemands accepteront la position que l'AfD soutient dès le début.

    Quel est l'électeur-type de l'AfD? Quelles sont, selon vous, les raisons de la popularité du parti parmi les Allemands russes?

    Nous ciblons en principe tous les citoyens déçus par les vieux partis traditionnels et fatigués par la politique de la chancelière, qui ne présente aucune alternative. Nous proposons une alternative réelle pour nos électeurs indépendamment de leurs origines sociales. Nous voudrions que notre politique aide à préserver l'Allemagne dont nous avons hérité.

    Comme beaucoup d'Allemands russes partagent les valeurs conservatives, ils votaient jusqu'alors pour la CDU/CSU faute d'alternative politique réelle. Mais l'apparition de notre parti en 2013 a changé la donne. La crise autour de la Crimée a également poussé de nombreux Allemands russes à prendre leurs distances de la CDU, car ils ressentent toujours des liens avec leur patrie historique. Ils soutiennent actuellement l'AfD car ils apprécient le fait que nous soyons favorables à de bonnes relations avec la Russie.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (septembre 2017) (71)

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    Tags:
    Alternative pour l'Allemagne (AfD, parti populiste allemand), Alexander Gauland, Allemagne, Crimée
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