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    MH370, L-1049: pourquoi les avions disparaissent-ils des radars depuis un demi-siècle?

    © AP Photo / Joshua Paul
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    Mardi 3 octobre, le Bureau australien de sécurité des transports a publié son rapport final sur les recherches du Boeing MH370 de la Malaysia Airlines, qui avait décollé en mars 2014 de Kuala Lumpur pour rejoindre Pékin.

    Sa disparition, qui n'a laissé aucune trace, constitue aujourd'hui l'un des plus grands mystères de l'aviation civile. Retour sur les recherches de l'avion disparu et les énigmes qui l'entourent. Selon RT. 

    Le 8 mars 2014, un Boeing 777-200 de la Malaysia Airlines est parti de Kuala Lumpur pour mettre le cap sur Pékin, suivant l'itinéraire MH370. Aux commandes de l'avion: un équipage expérimenté — les deux pilotes avaient derrière eux plusieurs milliers d'heures de vols. Tout semblait parfaitement prévisible, et l'appareil maintenait un contact permanent avec le dispatching.

    A 1h19, heure locale, l'équipage a souhaité bonne nuit aux services au sol. Ces paroles ont été le dernier message du MH370, qui n'a plus rien communiqué par la suite. 17 minutes après, un contrôleur a tenté de contacter l'avion mais n'a obtenu aucune réponse. Les tentatives d'avoir recours à d'autres moyens de communication ont également été vaines: le téléphone par satellite, les messages radio ou les transpondeurs (capteurs émettent un signal en réponse à un message reçu) étaient éteints.

    Malgré l'absence de communication avec le sol, le Boeing a poursuivi son vol — on le sait grâce aux données des radars terrestres, notamment militaires. Son itinéraire a pourtant changé. L'avion, qui se dirigeait d'abord vers le nord-est, s'est retourné au sud-ouest et a traversé le territoire malaisien pour changer à nouveau de cap (il s'est réorienté vers le nord-ouest), quitter le continent au-dessus de la mer d'Andaman et disparaître de la vue des observateurs terrestres.

    La durée de son vol après qu'il est sorti des radars a pu été établie grâce aux terminaux qui transmettaient aux satellites les données sur le travail des moteurs. Il était toutefois impossible de localiser l'appareil.

    Le Boeing est resté dans les airs pendant sept heures sans répondre aux appels. Ensuite, le carburant s'est épuisé et les terminaux de contrôle des engins ont tout simplement cessé d'envoyer des données. C'est alors qu'ont commencé les recherches de l'avion, qui ont duré près de trois ans.
    On a déclaré le décès des 239 personnes qui se trouvaient à bord. Nikolaï Brondski, homme d'affaires russe d'Irkoutsk, faisait partie des passagers.

    En eaux sombres

    Après l'arrivée de l'avion dans la "zone aveugle", le point de son crash n'a pu être établi que de manière très approximative: la région méridionale de l'océan Indien. C'est sur cette zone que se sont focalisées les recherches principales, dont le bilan a été tiré aujourd'hui par le rapport du Bureau australien de sécurité des transports.

    Jamais l'histoire de l'aviation n'avait connu de recherche d'aussi grande ampleur. Elles ont été menées par 26 pays pendant 1.046 jours au sol, sur l'eau et sous l'eau.

    Par exemple, l'étude barométrique — l'analyse du fond océanique à l'aide d'équipements spéciaux dans la zone probable du crash — a couvert 710.000 km2 et reste aujourd'hui la plus importante de toute l'histoire.

    Des technologies très modernes ont été utilisées pour déterminer les régions de recherche les plus prometteuses. La trajectoire de l'avion a quant à elle été calculée se basant sur l'analyse des données des communications automatiques par satellite obtenues pendant les dernières heures du vol. Les experts ont également examiné et modélisé le vol de l'avion après l'épuisement du combustible.

    En juillet 2015, on a retrouvé les premiers éléments du Boeing malaisien sur l'île de La Réunion. On en a découvert ensuite d'autres composants sur le littoral du Mozambique, de l'Afrique du Sud et de l'île Maurice: des fragments de l'aile, de la coiffe, du capotage intérieur et du panel de stabilisateur. Ces débris n'ont pourtant donné aucune explication sur le sort de l'avion et n'ont pas permis de préciser où il fallait le rechercher.

    Les auteurs du rapport notent que les raisons de cet événement ne seront pas établies avant la découverte de l'avion.

    «Il est impensable et sans doute inacceptable pour la société, à l'époque de l'aviation moderne, (…) qu'un grand avion commercial disparaisse sans que personne ne sache ce qui s'est passé avec les personnes à son bord», indique le rapport du Bureau australien de sécurité des transports.

    Le seul résultat encourageant des recherches, qui ont duré 1.046 jours, réside dans la déclaration des auteurs du rapport indiquant qu'il est désormais plus facile de définir l'endroit possible du crash. Ce travail sera désormais pris en charge par le gouvernement malaisien.

    Toujours pas de conclusion

    Aucune théorie suffisamment convaincante n'a encore permis d'expliquer la disparition de l'avion. L'enquête a établi que deux ressortissants iraniens ayant des passeports factices se trouvaient à bord du Boeing, mais il n'y a aucune raison de supposer qu'ils étaient terroristes. Leur objectif était probablement d'immigrer en Europe de manière clandestine.

    Les enquêteurs ont des questions sur la conduite de l'un des pilotes: on a découvert chez lui un simulateur de vol à l'aide duquel il s'entraînait à effectuer des itinéraires et des atterrissages différents, dont l'un était similaire au trajet du MH370. Ces informations se sont cependant avérées insuffisantes pour reconstruire les événements de manière convaincante.

    Malgré le caractère énigmatique de la situation, la disparition du MH370 n'est pas unique dans l'histoire de l'aviation.

    En 1962, le vol L-1049 se dirigeant des îles Mariannes vers les Philippines a disparu sans laisser de trace. Il n'a pas été retrouvé, et certains marins affirment avoir vu une explosion dans le ciel.

    En 1979, un Boeing cargo qui transportait des peintures du Japonais Manabu Mabe de Tokyo à New York a subi le même sort. Cet événement a suscité beaucoup de théories exotiques — par exemple, une attaque des «collectionneurs noirs» — mais les recherches se sont avérées vaines.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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