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    Donald Trump

    Trump se casse les dents sur l'Iran

    © REUTERS/ Eduardo Munoz
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    Traduction de la presse russe (octobre 2017) (69)
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    Donald Trump a beau critiquer fermement l'accord sur le nucléaire iranien, en réalité ses propos sont vides et ses menaces difficilement réalisables. Plusieurs grandes puissances, notamment la Russie, restent garants du respect de l’accord.

    L'Iran même a rappelé à Trump son impuissance à modifier cet engagement. L'annulation de cet accord sans précédent placerait le monde au seuil d'une guerre nucléaire.

    Téhéran doute de la capacité réelle du président américain Donald Trump à changer l'accord nucléaire avec l'Iran, officiellement baptisé Plan global d'action conjoint sur le nucléaire iranien. Signé en 2015, cet accord est l'un des accomplissements principaux de la politique étrangère de l'administration de Barack Obama.

    Ce traité a découlé des efforts de beaucoup de pays, sur plusieurs années, et a été renforcé par la position des cinq membres principaux du Conseil de sécurité de l'Onu et de l'Allemagne — le groupe P5+1 comprenant notamment la Russie. Grâce à cet accord, l'Iran a rendu son programme nucléaire transparent et permis aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de visiter ses sites secrets, souterrains dans beaucoup de cas.

    Comme cet accord a été ratifié par le Conseil de sécurité de l'Onu, Trump et le Congrès américain ne peuvent pas le modifier, souligne le président iranien Hassan Rohani. Selon lui, le «Plan d'action est beaucoup plus solide que ce monsieur ne l'imaginait lors de la campagne électorale». «Il s'agit d'un texte de l'Onu. Est-ce qu'un seul président peut annuler cet accord international important de manière unilatérale? Lui, il n'est visiblement pas au courant», estime Rohani.

    Il a évoqué la volonté iranienne de répondre à cette violation des intérêts nationaux. «Nos armements et notre programme balistique, nos missiles sont destinés à la défense. Nous avons toujours visé à assurer notre propre défense», a fait remarquer le président iranien.

    La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déjà souligné l'incapacité des États-Unis à quitter l'accord sur le programme nucléaire iranien de manière unilatérale.

    La veille, lors de son adresse au peuple américain, Trump avait insisté sur la possibilité d'annuler le deal sur sa décision et à tout moment. Il l'a décrit comme l'un des «pires accords unilatéraux que les États-Unis avaient jamais signés», qui aurait «alimenté politiquement et économiquement la dictature iranienne». «Ce deal permet à l'Iran de développer certains éléments de son programme nucléaire», a regretté Trump.

    Cette position anti-iranienne aussi ferme du leader américain a pu se former sous l'influence de ses conseillers. Selon les médias étrangers, c'est Nikki Haley, ambassadrice américaine à l'Onu, qui a recommandé à Trump de reconnaître la violation de l'accord par l'Iran. Elle aurait promis de présenter au président des arguments convaincants en faveur de la non-certification de l'accord contrairement aux positions du ministre de la Défense James Mattis et du secrétaire d'État Rex Tillerson, qui ont persuadé Trump de confirmer le respect du traité par l'Iran en juillet dernier.

    Qui plus est, Haley encouragerait les humeurs de Trump en ce qui concerne l'accord sur le nucléaire iranien, bien que pratiquement tous les conseillers et l'entourage du chef de la Maison blanche fassent tout leur possible pour que le président évite des actions impulsives.

    Dans tous les cas, l'experte de l'Iran Karina Guevoguian souligne que Trump n'a aucun moyen juridique de revoir l'accord. «Même s'il lançait ce processus, il devrait obtenir l'approbation du Congrès et à ce que je sache, le Sénat est très sceptique envers son initiative», a-t-elle souligné.

    Elle rappelle les positions des autres participants à l'accord, qui confirment le respect de toutes les conditions du texte par l'Iran. L'AIEA est du même avis. Karina Guevoguian estime que cette attitude aussi ferme de Trump envers l'accord nucléaire s'explique par le fait qu'il a été signé par l'administration précédente.

    «Les partisans de cet entente, notamment Hillary Clinton, sont des ennemis de Donald Trump en politique intérieure. Tout cela ressemble pour le moment à une bagarre intérieure. A l'extérieur, il est impossible de revoir cet accord. Qui plus est, tous les autres participants insistent sur le fait qu'il est respecté», constate-t-elle.

    Si Trump s'obstinait sur cette voie, les États-Unis pourraient se retrouver isolés sur l'arène internationale, estime Leonid Sloutski, chef du comité de la Douma pour les affaires internationales. «Les accusations de non-respect de l'accord par l'Iran n'ont aucun fondement, ne reposent sur aucune preuve. Les autres membres du groupe P5+1 sont pour le maintien du deal iranien. L'Europe, la Chine et la Russie comprennent parfaitement quelles conséquences irréversibles pourraient résulter de telles provocations envers l'Iran», indique-t-il.

    L'annulation de l'accord pourrait également envoyer un message négatif à la Corée du Nord en ce qui concerne la «non-fiabilité des moyens diplomatiques de règlement du dossier nucléaire». Dans tous les cas, le député doute que les États-Unis quittent l'accord: «Les États-Unis se trouvent sur la ligne rouge, mais ils ne peuvent pas ignorer que cela pourrait se solder par une situation très grave dans la région, capable de placer le monde au bord d'une guerre».

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (octobre 2017) (69)

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    Tags:
    Donald Trump, Hassan Rohani, Iran, États-Unis
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