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Traduction de la presse russe (octobre 2017) (69)
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La Russie a adopté la bonne position en prônant, dans les relations internationales, une politique privilégiant le «démêlage» au «tranchage» de nœuds. C'est ce qu'a déclaré l'ex-premier ministre italien et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi pendant le 10e Forum économique eurasiatique à Vérone.

D'après Romano Prodi, ancien Président de la Commission européenne et homme politique italien, le moment est venu pour tous les pays participants aux conflits qui perdurent «de trouver un moyen de s'entendre». Il a accordé une interview au quotidien Izvestia.

- Pendant la réunion du club de discussion international Valdaï, le président russe Vladimir Poutine, en évoquant la situation dans le monde, a déclaré que les nœuds les plus complexes — sur la Syrie, la Corée du Nord ou l'Ukraine — ne devaient pas être tranchés mais démêlés. Êtes-vous d'accord?

- Absolument. Le monde n'est plus centré autour d'un seul pôle. Dans un monde multipolaire, personne ne peut tenir l'épée qui tranchera le nœud. Si nous parlons des problèmes de l'Ukraine ou de la Syrie, on voit qu'en présence de bonne volonté, en unissant les efforts, nous pouvons régler ces problèmes. Je suis contrarié par une chose: il est évident que nous ne serions tous gagnants en suivant cette voie. Le principe des ciseaux ne fonctionne jamais. La Russie est devenue très forte et c'est le bon moment de montrer sa générosité. La Russie a acquis aujourd'hui dans la politique internationale un rôle qu'elle n'avait pas auparavant.

- Le président Vladimir Poutine a noté également que l'expérience de la Russie en Syrie avait montré qu'une voie alternative existait.

— En fait, la Russie a insisté sur sa ligne. D'après moi, Moscou occupe une position très forte et peut parvenir à améliorer la situation, même s'il ne s'agira pas d'un règlement global de la crise — la situation au Moyen-Orient est trop emmêlée pour cela. Bien sûr, la Russie mène aujourd'hui une politique cohérente.

- La levée des sanctions pourrait-elle contribuer à la croissance de l'Italie et de la Russie?

- Je ne les aurais jamais décrétées. Cela fait des années que je dis qu'elles ne mènent à rien, qu'elles ne font que nuire et n'aident pas du tout. Elles ne conduisent même pas au «réfrénement» annoncé de la Russie. Sincèrement: J'ignore combien de temps elles dureront. La politique américaine est tellement imprévisible que tout ce que je dirais pourrait s'avérer faux. Je ne soutiens pas toute la politique de Trump. Son plus grand problème aujourd'hui est que personne ne peut savoir ce qui arrivera demain.

- L'Europe a-t-elle pris conscience du fait qu'elle était perdante dans la situation avec les sanctions? Les politiciens et les hommes d'affaires l'ont-ils compris ou ce processus est-il encore en cours?

— Cela dépend des pays. Si vous demandez à quelqu'un dans la rue à Vérone si le recours aux sanctions est juste, personne ne vous répondra que ça l'est. Ce qui ne sera pas le cas si vous le demandez à quelqu'un à Varsovie. Je pense que dans le noyau de l'Europe, dans l'ensemble, la perception des sanctions est négative. Mais l'influence des USA est aussi très forte. On ne peut pas l'ignorer.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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Traduction de la presse russe (octobre 2017) (69)

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Tags:
position, politique, Syrie, Russie
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