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    Les Hongrois de Transcarpatie se battront pour la langue russe

    © Sputnik . Sergey Averin
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    Izvestia
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    Les Hongrois de la région ukrainienne de Transcarpatie continueront de s'opposer à la loi sur l'éducation adoptée par le parlement ukrainien tant qu'elle ne sera pas annulée et modifiée.

    Les représentants de la communauté ont l'intention de se battre pour les droits non seulement de leur langue natale, mais également de celles de toutes les autres minorités nationales du pays. Ils n'ont pas l'intention de reculer, même si une exception était faite pour le hongrois et d'autres langues de l'UE. Le parti parlementaire Bloc d'opposition est solidaire de leur cause. Selon le quotidien Izvestia.

    La loi sur l'éducation impose de dispenser un enseignement exclusivement en ukrainien à partir du CM2, et dès le CP à partir du 1er septembre 2020. De cette manière, les autorités de Kiev ont décidé de changer entièrement le système actuel et de priver les minorités nationales d'Ukraine du droit de recevoir une éducation dans leur langue natale. Ces dernières continuent de rappeler à Kiev que l'ukrainisation totale pourrait engendrer de sérieux problèmes pour les autorités. Hormis les protestations des Russes, qui sont au moins 8 millions dans le pays selon les informations officielles — soit un cinquième de la population — cette loi a provoqué la colère de la communauté hongroise. Les Hongrois de Transcarpatie (près de 160.000 personnes) s'efforcent d'obliger Kiev à modifier ce document scandaleux.

    «Nous exigeons de laisser aux Hongrois de Transcarpatie le droit de recevoir une éducation en hongrois. La loi ne doit pas non plus discriminer la langue russe. On ne peut pas accepter qu'une minorité puisse recevoir une éducation dans sa langue natale et pas une autre. Il ne doit y avoir aucune discrimination en Ukraine», a déclaré Iossif Borto, l'un des leaders des Hongrois ukrainiens et vice-président du conseil régional de Transcarpatie.

    Et de poursuivre: «La communauté hongroise attend les résultats du travail de la Commission de Venise, après quoi on y verra plus clair sur la manière de se battre pour les droits des minorités nationales. Actuellement, cet organe consultatif agissant auprès du Conseil de l'Europe est chargé d'expertiser la loi sur l'éducation. Les Hongrois espèrent que la Commission de Venise présentera ses conclusions en décembre. Sinon il faudra attendre la prochaine réunion en mars».

    Mikhaïl Tovt, chef de l'Union démocratique des Hongrois ukrainiens, note qu'il faut lutter pour la langue de chaque minorité ethnique du pays — que ce soit le hongrois, le russe ou toute autre langue. Selon lui, les déclarations du ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavel Klimkine affirmant que les «langues de l'UE ne seront pas concernées par la loi» sont incorrectes.

    «Le droit des minorités nationales en tant que partie intégrante des droits de l'homme est fixé dans les documents internationaux qui imposent à l'Ukraine certains engagements», a souligné Mikhaïl Tovt.

    Le politicien souligne que les Hongrois de Transcarpatie comptent sur le soutien des organisations internationales dans la lutte pour les droits des minorités nationales.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Tags:
    enseignement, langue russe, Kiev
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