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    Les bombes aériennes les plus destructrices de l'histoire

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    Zvezda la chaîne
    Traduction de la presse russe (novembre 2017) (47)
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    Avant l'apparition des missiles aéroportés miniatures dotés d'une ogive nucléaire, l'histoire a connu plusieurs exemples d'utilisation de bombes aériennes uniques et parfois inimaginables, qui ont balayé d'immenses superficies par leur onde de choc.

    L'usage de bombes aériennes lourdes peut être comparé à un art. Le succès d'une opération, si la cible de la mission de vol est caractérisée comme «très importante», ne dépend pas tant de l'industrie qui a conçu la munition que du professionnalisme de l'équipage. Les bombes aériennes lourdes, en dépit de leur caractère massif, sont des munitions uniques — essentiellement parce qu'après l'impact elles ne laissent qu'un cratère de 10 mètres de profondeur et de 15 mètres de diamètre. Selon Zvezda.

    Des bombardiers stratégiques Tu-22 larguent des bombes en Syrie
    © Sputnik. Ministry of defence of the Russian Federation
    La Seconde Guerre mondiale a aussi marqué les esprits car elle a été le théâtre d'une large utilisation de bombes aériennes très lourdes. Les munitions aériennes des Alliés avaient atteint une efficacité redoutable: l'URSS rasait les positions des nazis avec ses bombes lourdes, alors que l'aviation britannique s'en servait pour détruire les navires allemands.

    Bien que la bombe FAB-5000 ait été pensée pour détruire des navires, l'aviation de bombardiers soviétique utilisait avec succès ces bombes contre des cibles terrestres également.

    Il n'y avait pas de différence particulière dans la nature des cibles de cette bombe: que ce soit une alvéole d'aviation ou des bâtiments fortifiés de l'ennemi, la bombe de 5 tonnes suffisait amplement. 2.200 kg d'explosif suffisaient pour faire partir en fumée les positions de la défense antiaérienne et transformer le groupement de matériel ennemi en tas de ferraille.

    La FAB-5000 n'a pas été souvent utilisée mais, dans les grandes opérations offensives, elle a facilité le regroupement des troupes et a contribué à organiser une contre-attaque éclair sous couvert de l'artillerie. L'opération défensive Orel-Briansk et la bataille de Königsberg ont prouvé qu'il y avait toujours une place pour une utilisation limitée de munitions très puissantes.

    Cependant, la FAB-5000 n'est la seule superbombe d'origine soviétique. Sa «grande sœur» — la bombe aérienne FAB-9000 — a été utilisée avec succès par les bombardiers stratégiques en Afghanistan. Le plus souvent, le lancement de cette bombe par un Tu-16 s'accompagnait d'un sérieux changement du relief local — pour une masse totale de 9.400 kg, la bombe contenait 4.297 kg d'explosifs. Cette quantité suffisait non seulement à exterminer l'infanterie ennemie et les renforts, mais également à creuser dans la roche un «passage» supplémentaire.

    La Tallboy

    Depuis le début de la Seconde Guerre mondiale, les ingénieurs britanniques avaient gagné la réputation d'être des «sombres génies» de l'armement. Et cela ne concernait pas seulement l'école originale de production de blindés et d'armes d'infanterie, mais également le développement de superbombes. Cependant, l'idée de Barnes Wallis, qui rêvait d'une arme universelle pour détruire l'ennemi à coup sûr, a battu tous les records d'ingénierie des années 1940.

    La mise en œuvre des idées de Wallis a conduit à la construction de la monstrueuse bombe aérienne Tallboy, qui a été utilisée par l'aviation de Sa Majesté contre divers objectifs. Sa première utilisation opérationnelle a entièrement confirmé les suppositions des spécialistes britanniques concernant de telles munitions: le raid de Lancaster britannique contre le tunnel de Saumur a montré que l'impact d'une seule bombe suffisait à mettre hors service un site stratégique.

    Le principal succès de la Tallboy a été la destruction du cuirassé allemand Tirpitz qui était pourchassé par toute la flotte britannique. Trois Tallboy ont été lancées sur le cuirassé mais seulement deux ont atteint la cible à cause d'une erreur de visée.

    Même ces deux bombes de presque 5,5 tonnes chacune ont suffi pour avoir raison du Tirpitz. L'impact des bombes sur le bord de gauche du cuirassé a fait exploser la soute d'artillerie et arraché une tour de tir. Un peu plus de 20 minutes plus tard, le cuirassé s'est retourné avant de couler, entraînant mille matelots et officiers vers les profondeurs.

    Trop tôt pour prendre sa retraite

    Bien que l'électronique moderne et le guidage par satellite aient permis d'augmenter considérablement la précision des bombes aériennes, aucun pays du monde n'a renoncé au développement de munitions très puissantes.

    Pour détruire les sites profonds, les USA ont mis au point la MOAB (Massive Ordnance Air Blast, Bombe à effet de souffle d'artillerie lourde) GBU-43/B, une bombe aérienne contenant 8,5 tonnes d'explosif.

    L'utilisation d'une telle bombe est plus une expérience risquée qu'une démonstration de force. Compte tenu des particularités de construction et des gabarits, cette «mère de toutes les bombes» est trop grande pour être embarquée dans le compartiment même des plus gros bombardiers américains, les B-52.

    Au printemps 2017, elle a été utilisée en Afghanistan à titre expérimental par l'armée de l'air américaine, qui s'est servie d'un C-130 Hercules réaménagé spécialement pour cette superbombe.

    «La taille des trappes de bombe des B-52, B-2 et B1B est telle que ces avions ne peuvent pas embarquer un tel monstre. D'autant que la MOAB n'est pas considéré comme une munition de service dans l'armée de l'air américaine. C'est pourquoi il a fallu utiliser un avion de transport militaire pour la lancer», a noté dans une interview à la chaîne Zvezda l'expert militaire Alexeï Leonkov.

    L'équipage de l'avion de transport a eu beaucoup de chance: si les combattants agissant depuis la terre ferme avaient disposé de lance-roquettes antiaériens, il aurait fallu oublier le tir expérimental. Bien que la MOAB ait enterré 36 terroristes et détruit un tunnel souterrain dans les montagnes afghanes, la construction d'une telle bombe coûte une somme exorbitante, alors que la cible appropriée et les conditions ne sont pas toujours disponibles.

    Les USA entendraient convertir de l’ergol en substance explosive
    © AP Photo/ Senior Airman Ian Dudley/Vandenberg Air Force Base
    Contrairement aux bombes expérimentales étrangères, les superbombes russes ont toujours été lancées par l'aviation stratégique qui effectue régulièrement des patrouilles opérationnelles. Les caractéristiques techniques exactes de l'une des dernières bombes aériennes thermobariques ne seront pas dévoilées pendant des dizaines d'années encore, mais, selon les estimations les plus modestes des spécialistes de l'armement, la nouvelle bombe aérienne russe, déjà baptisée par les journalistes étrangers «père de toutes les bombes», a été développée en prévision d'un véritable usage opérationnel, et non expérimental.

    Un calcul approximatif a montré qu'en équivalent TNT la puissance de la bombe thermobarique secrète pourrait s'élever à 44-45 tonnes, ce qui est comparable à une arme nucléaire tactique.

    L'explosion du nuage aérosol suivie de la création d'une zone de pression et de température accrues brûlera littéralement tout ce qui se trouvera dans un rayon de 1 km. Bien que la bombe thermobarique soit en soi une munition à chute libre, il n'est pas difficile de la transformer en munition de précision — pour cela les pilotes russes peuvent se servir des systèmes de visée Guefest qui ont prouvé leur efficacité pendant l'opération de l'aviation russe en Syrie.

    Les experts notent que l'approche complexe de la création de telles armes permet d'affirmer que seule la Fédération de Russie dispose de munitions surpuissantes prêtes à l'utilisation opérationnelle.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (novembre 2017) (47)

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    Tags:
    frappe aérienne, nucléaire
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