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    Des affiches sont apparues dans les rues «Nous sommes avec toi, Saad!»

    Le Liban, otage de la rivalité irano-saoudienne?

    © AP Photo / Hussein Malla
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (novembre 2017) (72)
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    La confrontation entre l'Arabie saoudite et l'Iran risque de conduire à un nouveau conflit régional dans un autre pays, cette fois le Liban.

    Ce conflit pourrait être provoqué par la situation entourant le premier ministre libanais Saad Hariri, toujours à Riyad après la soudaine annonce de sa démission le 4 novembre depuis l'Arabie saoudite, écrit jeudi le quotidien Kommersant. Saad Hariri a expliqué être parti à cause des menaces de mort formulées contre lui par le Hezbollah, une organisation libanaise pro-iranienne. Il a exigé du Hezbollah de cesser son ingérence dans les conflits régionaux — notamment au Yémen et en Syrie. Beyrouth n'exclut pas que le chef du gouvernement soit en réalité détenu de force par Riyad qui, avec ses alliés arabes et Israël, cherche un prétexte pour attaquer le Hezbollah et l'Iran. Presque 25 ans après la fin d'une guerre civile sanguinaire, le Liban se retrouve au seuil d'une nouvelle explosion.

    Étant donné que les explications des autorités saoudiennes et de Saad Hariri ne satisfont pas du tout le gouvernement libanais, la tension continue de grimper à Beyrouth. Des affiches sont apparues dans les rues «Nous sommes avec toi, Saad!» et «Le Liban t'attend!». Tandis que le président du pays Michel Aoun a rappelé que Hariri restait chef du gouvernement, que sa démission n'était pas acceptée et qu'il était intolérable qu'il reste davantage en Arabie saoudite. Le chef de l'État a exhorté Riyad à ne pas faire obstacle au retour immédiat de Saad Hariri dans son pays.

    De son côté, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a déclaré que la crise autour de Saad Hariri avait été provoquée par l'Arabie saoudite, qu'il accuse d'une «ingérence sans précédent dans les affaires libanaises». D'après lui, Riyad tente de déstabiliser la situation au Liban, d'écarter les forces politiques qui ne sont pas contrôlées par Riyad et d'accuser l'Iran de déstabilisation.

    Le professeur Jad Chaabane de l'Université américaine de Beyrouth est convaincu qu'en agissant de cette manière les autorités saoudiennes envoient au Hezbollah et à ses protecteurs le signal suivant: «Si vous voulez la stabilité au Liban, quittez le Yémen».

    Le leader du Hezbollah n'exclut pas une ingérence militaire d'Israël au Liban. Selon lui, l'Arabie saoudite étudie secrètement avec Israël la possibilité d'une opération menée par l'État hébreu au Liban.

    Le risque d'une nouvelle guerre au Moyen-Orient a entraîné une intensification de la diplomatie internationale, qui cherche à écarter le scénario de recours à la force. «Cette question nous préoccupe sérieusement. Nous voulons maintenir la paix au Liban. Il est primordial d'empêcher un nouveau conflit dans la région, qui entraînerait des conséquences destructrices», a déclaré le secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres.

    Les ministères des Affaires étrangères du Royaume-Uni, de l'Allemagne et d'autres pays européens ont déjà exprimé leur confusion et leur préoccupation quant aux déclarations dures vis-à-vis de la situation autour de Saad Hariri.

    Cependant, l'Arabie saoudite, menée par un prince héritier énergique procédant à des réformes internes radicales, n'a pas non plus l'intention de reculer sur la scène internationale. L'objectif de Riyad consiste à élargir la coalition anti-iranienne en y faisant adhérer, hormis Israël, la Ligue arabe. C'est pourquoi dimanche 19 novembre, à l'initiative saoudienne, se tiendra une réunion extraordinaire de la Ligue arabe consacrée aux «solutions pour empêcher l'ingérence iranienne dans les affaires des pays arabes».

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (novembre 2017) (72)

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    Tags:
    démission, Hezbollah, Antonio Guterres, Hassan Nasrallah, Saad Hariri, Syrie, Yémen, Beyrouth, Iran, Arabie Saoudite, Liban
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