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    «Au secours, les Russes écrivent sur Twitter!»: retour sur le discours alarmiste de May

    «Au secours, les Russes écrivent sur Twitter!»: retour sur le discours alarmiste de May

    © REUTERS / Peter Nicholls
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    Pendant son discours à la réception organisée par le maire de la ville de Londres, la première ministre britannique Theresa May a accusé la Russie de vouloir détruire l'ordre mondial international.

    Par cette déclaration, Theresa May cherchait probablement à détourner l'attention du public des problèmes bien plus importants tels que la procédure du Brexit et la démission que risque la chef du gouvernement, écrit jeudi 16 novembre le site de la chaîne Russia Today. L'aspiration de cette dernière à ignorer des thèmes aussi pertinents pousse à se rappeler des fameuses «fake news» que la première ministre britannique accuse Moscou de répandre.

    Theresa May estime que quelques tweets et retouches sur Photoshop pourraient mettre un terme à la démocratie occidentale. Dans le même temps, la première ministre a tenté de rassurer ses compatriotes: «Mon message pour la Russie est simple: nous savons ce que vous faisons, mais vous n'arriverez à rien».

    Enfin, le pays peut pousser un soupir de soulagement!

    Theresa May ne sait pas ce qu'elle fait mais les Britanniques peuvent au moins être rassurés parce que leur première ministre sait ce que font les autres. Les rédacteurs des discours de Theresa May doivent remercier le destin pour l'existence de la Russie, qui est devenue une cible facile permettant d'esquiver dans le discours les sujets désagréables tels que:

    — Le Brexit risque de tourner à la catastrophe. Le gouvernement a enfin pris conscience du fait que rien ne permettra de faire avancer les négociations avec les eurocrates du point mort.

    — Depuis 20 ans toutes les stagiaires du Parti conservateur ont été harcelées.

    — Les ministres britanniques semblent ne pas respecter Theresa May à tel point qu'ils ne considèrent pas sa direction comme un obstacle.

    — Depuis qu'elle n'est plus qu'à un incident de la démission, au moins quatre se sont déjà produits.

    Dans son discours devant l'establishment britannique, Theresa May a déclaré que la Russie cherchait à «utiliser l'information comme une arme: grâce à ses médias publics elle diffuse des fake news et des images retouchées pour tenter de semer la discorde en Occident et saper les institutions européennes».

    Autrement dit, les institutions britanniques, fortes d'une histoire séculaire sont en danger parce que quelqu'un en Russie est accusé de publications de tweets et de manipulations de photos? Tant d'argent gaspillé pour la dissuasion nucléaire alors que le Centre de communication gouvernementale n'avait qu'à recruter quelques adolescentes pour qu'elles trollent les malfaiteurs. Et tout se serait alors terminé en quelques minutes.

    Theresa May affirme que la Russie s'est ingérée dans les élections, mais cela ressemble davantage à une discussion de comptoir: car le lendemain matin le porte-parole de la première ministre a déclaré que cette dernière ne disposait d'aucune preuve.

    L'ex-député britannique George Galloway a écrit sur Twitter: «Autrement dit, 17,4 millions de Britanniques qui ont voté au référendum sur le Brexit étaient menés en laisse par les Russes? Si les bolcheviks avaient su à quel point c'était facile…»

    ​Continuant d'insister sur la menace russe, Theresa May a noté que Moscou avait sous-estimé la «loyauté des pays occidentaux envers les alliances qui les unissent».

    Ne lit-elle pas les journaux? Si la Russie a commis ne serait-ce que la moitié de ce dont on l'accuse, alors on peut plutôt l'accuser d'avoir surestimé cette loyauté. Actuellement, le Royaume-Uni s'arrache douloureusement et sans anesthésie de l'UE en risquant de rester sur la touche. Londres est définitivement loyal — mais envers qui?

    Certains passages de son discours se passent de commentaires: il suffit simplement de les comparer pour semer la confusion chez l'auditeur. «Certains États tentent activement de déstabiliser l'ordre mondial établi dans leurs propres intérêts.» Devinez de qui elle parle. Mais quelques minutes plus tard Theresa May fait une déclaration surprenante: «Le Royaume-Uni n'hésitera pas à utiliser la force si besoin — aussi bien aujourd'hui qu'à terme. Et à cette minute même, dans le monde entier, travaillent nos services secrets, les meilleurs du monde, en Irak et en Afghanistan servent plus de mille militaires britanniques, dans le ciel de Syrie et d'Irak volent nos forces aériennes, et dans les eaux du Golfe patrouille notre marine.»

    Dieu merci qu'il existe encore de telles forces grâce auxquelles les Afghans et les Irakiens (et surtout les Libyens!) vivent en paix et en harmonie. Espérons qu'ils n'aient pas Twitter…

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Tags:
    Brexit, Twitter, Inc, Theresa May, Russie, Royaume-Uni
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