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    un sommet en Arabie saoudite

    Pourquoi l'Arabie saoudite monte sa coalition islamique contre le terrorisme

    © AFP 2019 Fayez Nureldine
    Lu dans la presse
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    RBC
    Traduction de la presse russe (novembre 2017) (72)
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    Réunis pour un sommet en Arabie saoudite, 40 pays ont décidé de créer ensemble un mécanisme permanent pour la lutte contre le terrorisme. Riyad s'efforce de se débarrasser de son image de sponsor des terroristes et s'inquiète des succès de la Russie et de ses alliés dans la région.

    Dimanche 26 novembre, la capitale saoudienne a accueilli le premier sommet de la coalition militaire islamique antiterroriste au niveau des ministres de la Défense des pays membres. Cette coalition a été créée en 2015 et comptait 34 États: à présent, selon le site de la coalition, elle regroupe 41 pays musulmans dont les gouvernements sont dirigés principalement par des sunnites. L'Iran, l'Irak et la Syrie, où demeurent des terroristes de Daech et d'autres groupes armés, n'ont pas été invités à rejoindre la coalition. L'Iran, qui entretient des liens étroits avec l'Irak et la Syrie, est l'un des principaux rivaux de Riyad dans la région. Selon le quotidien RBC.

    Mohammed ben Salmane
    © AP Photo / Etienne Oliveau/Pool
    A l'issue du sommet, les ministres ont adopté une déclaration fixant la création d'un mécanisme permanent de travail de la coalition dont le siège se situera à Riyad. Un secrétaire général permanent va être nommé, le budget annuel et le règlement de travail déterminés, et les pays membres pourront envoyer leurs représentants pour travailler au siège. La déclaration stipule que les ministres de la Défense se réuniront tous les ans «sous la présidence de Sa Majesté» (prince héritier Mohammad ben Salmane Al Saoud, ministre saoudien de la Défense). L'Arabie saoudite dépensera 107 millions de dollars pour la mise en place de ce siège.

    Les participants sont convenus de combattre le terrorisme sur quatre axes: la lutte idéologique contre le terrorisme, la lutte contre l'idéologie extrémiste dans l'espace informationnel, contre le financement du terrorisme, ainsi que la lutte militaire directe. Le plan concret et ses délais de réalisation n'ont pas été précisés.

    Bien que les participants aient exprimé leur accord avec les principes généraux de l'organisation, les délégués ont défini des priorités différentes.

    «La coalition est formée avec un rôle dirigeant de l'Arabie saoudite, avec pour principal objectif la lutte contre les Houthis au Yémen, explique Vladimir Sotnikov de l'Institut des relations internationales et d'économie mondiale (IMEMO). C'est un groupe régional créé pour régler des questions régionales».

    Il y avait deux raisons opérationnelles à la réunion de cette alliance militaire composée essentiellement de pays sunnites, selon l'ex-ambassadeur de Russie en Arabie saoudite Andreï Baklanov: «Premièrement, le deuxième anniversaire de la création de ce groupe approche et, deuxièmement, ces pays sont poussés à agir plus activement pour lutter contre le terrorisme car ils constatent le rôle notable joué en pratique dans la lutte contre le terrorisme dans la région par le trio Russie-Iran-Turquie. Après le sommet qui a réuni les présidents de ces trois pays à Sotchi la semaine dernière, on constate une certaine jalousie des pays de la région».

    Pour le jeune prince héritier saoudien, cette coalition est un moyen de plus pour se présenter comme le leader du monde arabe, rapporte Deutsche Welle. «En développant cette alliance l'Arabie saoudite envoie un signal très clair au monde arabe et islamique: elle veut continuer de dicter l'ordre du jour de la politique régionale et réfréner l'Iran», analyse Sebastian Sons du Conseil allemand pour les relations internationales.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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