Ecoutez Radio Sputnik
    Angela Merkel

    La couronne de l'Occident est finalement trop grande pour Angela Merkel

    © AP Photo / Michael Sohn
    Lu dans la presse
    URL courte
    Vzgliad
    Traduction de la presse russe (novembre 2017) (72)
    12331

    Le problème de la formation du nouveau gouvernement allemand conduit le pays vers une crise politique.

    Le déclin de la carrière d'Angela Merkel met en évidence la crise de leadership que traverse l'Occident dans l'ensemble. Aussi bien dans certains pays que d'un point de vue global, la place de leader du «monde libre» est vacante depuis presque un an. Selon la revue en ligne Vzgliad.

    Angela Merkel a remporté les élections mais elle a perdu les négociations sur la formation d'une nouvelle coalition. Même si elle parvenait finalement à constituer son quatrième gouvernement, il ne tiendrait pas longtemps. Et lors des prochaines élections son parti se présentera certainement avec un autre leader. S'il est difficile — mais pas impossible — de trouver un remplaçant à Merkel dans la vie politique allemande, les choses vont très mal quant au choix des candidatures pour l'autre rôle auquel elle prétendait.

    L'Occident a toujours eu un guide. Même quand l'époque des rois et des empereurs a pris fin, même après la disparition de Churchill et de Nixon. Aujourd'hui, il n'existe en Occident aucune figure ayant une influence comparable ne serait-ce qu'à l'échelle européenne.

    La crise enclenchée avec Donald Trump n'était que la vague descendante d'un processus qui a submergé toute l'Europe ces dernières années: la crise totale de confiance envers les élites dirigeantes en tant que telles. Non pas envers des politiciens particuliers, mais envers tout le système avec ses règles et ses partis. Le phénomène a touché l'Italie, l'Espagne, la Grèce, l'Autriche, la France, puis tout l'Occident.

    Ne restait que l'Allemagne, la locomotive de l'UE, un système politique stable avec le politicien le plus expérimenté de tout l'Occident à la tête du gouvernement. Tous les yeux étaient rivés sur Angela Merkel.

    C'est cette dernière qu'on cherchait en début d'année à couronner «leader du monde libre» — qui d'autre sinon elle? Mais il s'est avéré que Merkel n'était pas du tout ce leader. Il y a une différence entre mener l'Occident et mener l'UE.

    En effet, l'Allemagne est un leader incontestable de l'UE, et Merkel une dirigeante expérimentée de l'Allemagne avec 12 ans d'expérience. Mais qu'est-ce que l'UE? Le projet de formation d'un État européen uni — mais de quel État?

    Néanmoins, pendant que Merkel était chancelière, tout le monde la voyait comme une éventuelle «reine de l'Occident» — malgré toute l'inutilité et l'irréalité d'une telle investiture. Il n'existe aucune candidature à ce poste symbolique mais crucial, tout comme il n'y a pas de pays où l'on pourrait la trouver. Parce qu'il est impossible de prendre la tête de ce qui n'existe pas. L'Occident uni s'écroule sous nos yeux.

    Son effondrement est prédéterminé par l'échec du projet mondialiste des atlantistes, l'effondrement du «monde unipolaire», l'effondrement de la «fin de l'histoire». Les divergences au sein de l'«Occident uni» commencent seulement à faire surface — mais les signes visibles sont suffisants pour fixer un diagnostic.

    Le «monde libre» n'aura plus de leader, et c'est une bonne nouvelle pour toutes les civilisations et gens vraiment libres.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (novembre 2017) (72)
    Tags:
    crise politique, Angela Merkel
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik