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    Tandem russo-chinois

    Tandem russo-chinois face à d'éventuelles frappes nord-coréennes et américaines

    © AFP 2018 How Hwee Young
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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (décembre 2017) (57)
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    Pékin vient d'accueillir les exercices informatiques russo-chinois «Sécurité aérienne et spatiale 2017» pour travailler le commandement en matière de défense antimissile. Ces manœuvres se sont passées de tirs réels: les militaires s'entraînaient en effet à échanger des informations en cas de frappe sur le territoire des deux pays.

    Selon les Chinois, le niveau de coopération bilatérale a considérablement augmenté. D'après les observateurs, les menaces potentielles viennent de Corée du Nord, des États-Unis et de leurs alliés. Selon le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Quel était la cible fictive de ces exercices? Le magazine américain Newsweek estime que la Russie et la Chine ont choisi la Corée du Nord, les États-Unis et leurs alliés régionaux. Le quotidien South China Morning Post fait remarquer que les exercices à Pékin sont organisés parallèlement aux manœuvres similaires réunissant les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud.

    Vassili Kachine, directeur de recherche à l'Institut de l'Extrême-Orient de l'Académie des sciences de Russie, fait remarquer qu'il s'agit déjà des deuxièmes exercices: «Les entraînements précédents avaient eu lieu à Moscou sous la forme d'une simulation informatique, c'est-à-dire la modélisation par ordinateur de la défense antimissile sur un théâtre d'opérations. Ils ne concernent donc pas l'entraînement de la défense contre une frappe nucléaire balistique ou une attaque nucléaire stratégique». Ces exercices sont néanmoins importants, souligne l'expert, car la modélisation informatique permet de créer des protocoles d'échanges de données automatisés pour que les parties puissent obtenir les informations radar, échanger ces données et former des groupes antiaériens et antimissiles conjoints. Il s'agit d'un élément important du renforcement de la compatibilité opérationnelle entre les armées des deux pays.

    «Nous n'avons donc pas de traité officiel d'alliance mais si une décision politique en ce sens était adoptée en raison d'un changement de contexte, il suffirait de remplir plusieurs formalités pour que tout fonctionne parfaitement. La partie considérable des travaux préparatoires concernant l'interaction des forces a déjà été accomplie. Les militaires des deux pays se connaissent parfaitement. Ils sont au courant des capacités de leurs partenaires. Il leur sera donc plus facile d'agir», estime Vassili Kachine.

    Le rapprochement entre Moscou et Pékin inquiète Washington. Afin de prévenir la formation de cette alliance, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a annoncé la volonté des États-Unis de faire des concessions à la Chine. Il a assuré Pékin que si les Américains étaient obligés d'entrer sur le territoire nord-coréen — par exemple, en cas de chute du régime de Pyongyang — ils se retireraient en Corée du Sud après le rétablissement de l'ordre au nord.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (décembre 2017) (57)

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    Tags:
    frappe nucléaire, défense, Corée du Nord, Chine, Russie
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