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    équipage du navire Poueblo

    L'histoire d'un navire de reconnaissance qui a failli se solder par une nouvelle guerre

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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (décembre 2017) (57)
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    Des navires américains patrouillent pratiquement en permanence en mer Noire.

    Les drones et les avions américains Poseidon approchent de 10-15 km les côtes de la Crimée et même du pont de Kertch, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Il y a un demi-siècle cela ne serait jamais arrivé même dans un cauchemar. Ce qui rappelle un épisode qui date très instructif au vu de la situation militaro-politique actuelle. Il est question de la capture du navire de reconnaissance américain Pueblo.

    En automne 1967, les USA ont accru leur activité de reconnaissance dans le nord-ouest de l'océan Pacifique. Ainsi, entre octobre 1967 et l'été 1968 le navire de reconnaissance Banner a approché le littoral de l'URSS huit fois, et autant de fois les côtes de la Corée du Nord et de la Chine. La plupart du temps le bâtiment naviguait le long de la frontière des eaux territoriales tout en la transgressant périodiquement. Les torpilleurs chinois basés à Lüshunkou (anciennement connue sous le nom de Port-Arthur) ont tenté d'intercepter Banner, mais ce dernier a réussi à s'enfuir.

    Le 11 janvier 1968, un autre navire de reconnaissance américain Pueblo (AGER-2) a quitté la base navale de Sasebo (Japon) avec pour mission de surveiller avec les moyens de guerre électronique les bases et les ports nord-coréens, ainsi que les navires soviétiques. Le 21 janvier, le Pueblo se trouvait à la frontière des eaux territoriales nord-coréennes où il a découvert un sous-marin soviétique en immersion et a tenté de le suivre, mais a perdu contact par la suite. Le 23 janvier, les Américains ont rétabli le contact avec le sous-marin, mais ils étaient visiblement si absorbés par la poursuite qu'ils sont entrés dans les eaux territoriales de la Corée du Nord. A 13:45 les torpilleurs et les vedettes nord-coréens ont capturé le Pueblo à 7,5 milles de l'île de Ryo, bien que les Américains aient affirmé se trouver dans les eaux internationales. Lors de la capture le navire a été attaqué. Un marin a été tué, dix ont été blessés dont un grièvement.

    Le président américain Lyndon Johnson a immédiatement réuni les experts militaires et civils. L'implication de l'URSS dans l'incident était immédiatement supposée. Le secrétaire à la Défense Robert McNamara a déclaré que le porte-avions Entreprise était suivi par le navire hydrographique Guidrolog en s'approchant périodiquement du porte-avions de 700-800 m et qu'il remplit la même fonction que le Pueblo capturé. Mais McNamara mentait: la vitesse du Guidrolog était deux, voire trois fois inférieure à celle du porte-avions.

    32 navires américains dont quatre d'attaque et deux porte-avions anti-sous-marins ont été rapidement réunis près des côtes coréennes.

    Dans ces conditions l'URSS ne pouvait pas rester un simple observateur. Premièrement, près de 100 km séparaient la région de manœuvre de l'escadre américaine de Vladivostok, deuxièmement, l'URSS avait conclu avec la Corée du Nord un accord de coopération et d'aide militaire.

    Une escadre opérationnelle a été envoyée au port de Wonsan sous le commandement du vice-amiral Nikolaï Khovrine avec les croiseurs lance-missiles Variag et Admiral Fokine, les grands navires lance-missiles Ouporny et Neouderjimy, ainsi que les destroyers Vyzyvaiouchtchi et Veski. De plus, il a été ordonné au commandant de l'aviation de la flotte Alexandre Tomachevski de décoller avec un régiment de bombardiers Tu-16 et de survoler les porte-avions avec les missiles KS-10 sortis à basse altitudes pour montrer aux Américains ces missiles antinavires à tête chercheuse. Tomachevski a fait décoller 20 bombardiers en se plaçant à la tête de l'escadrille. 27 sous-marins ont été également déployés dans la région.

    Après le survol par les bombardiers soviétiques les porte-avions Entreprise et Ranger ont commencé à se retirer en direction de Sasebo.

    Le 23 décembre 1968, quand le gouvernement américain a présenté des excuses officielles et a reconnu que le Pueblo se trouvait dans les eaux territoriales de la Corée du Nord, les 82 membres d'équipage et le corps du marin défunt ont été rapatriés. Alors que le navire est resté à quai au port de Wonsan, et en 1995 il a été remorqué à Pyongyang pour devenir un musée.

    Cet épisode datant de 50 ans devrait servir de leçon aux amiraux américains qui envoient une nouvelle fois des groupes aéronavals vers les côtes coréennes.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (décembre 2017) (57)

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