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    Vladimir Tchijov

    2017: l'année d'opportunités perdues

    © Sputnik . Sergey Subbotin
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    Izvestia
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    Vladimir Tchijov, représentant permanent de la Russie auprès de l'UE, tire le bilan des relations entre Moscou et Bruxelles en 2017.

    L'Europe qui n'a toujours pas "digéré" les conséquences du Brexit, a fait face à de nouvelles crises en 2017. Au début de l'année, les Européens, tout comme pratiquement le monde entier, étaient très attentifs et tentaient de prédire, quelles menaces électorales de Donald Trump seraient mises en œuvre. Pour le moment, Washington n'a tenu que sa promesse de quitter le COP21, ce qui s'est cependant avéré suffisant pour mettre en désarroi les relations transatlantiques, écrit le quotidien Izvestia.

    La crise migratoire — elle a débuté en 2015 et divisé l'UE en camp d'humanistes mené par l'Allemagne et en opposants à l'accueil des réfugiés — n'a guère perdu en intensité en changeant parallèlement sa géographie. Au cours des deux années précédentes de la crise, la Grèce a subi le coup le plus dur en ce qui concerne l'accueil d'immigrés de Moyen-Orient, alors qu'aujourd'hui c'est l'Italie qui est devenue la porte européenne principale pour les réfugiés arrivant de la Libye et de ses voisins. Les tentatives actives de Rome de forcer les autres membres de l'UE de faire preuve de solidarité et de s'occuper d'une partie des immigrés ont été vaines, ce qui a enfoncé un coin entre les Européens.

    Le mécontentement de beaucoup d'Européens contre cet afflux massif d'immigrés s'est soldé par des changements du paysage politique dans plusieurs pays de l'UE. Ainsi, le parti allemand d'extrême droite AfD est pour la première fois entré au Bundestag, ayant arrivé en troisième position aux législatives en Allemagne. Quant à l'Autriche, l'extrême droite participe là-bas à la coalition au pouvoir. Le FPÖ, dont le candidat à la présidence n'avait attitré qu'une poignée de voix en 2017, est devenu cette année le partenaire minoritaire au nouveau gouvernement de Sebastian Kurz et de son parti ÖVP qui s'est considérablement réorienté vers la droite sous l'influence de l'attitude anti-immigration de la société.

    On a pourtant constaté des exceptions. Ainsi, au début de l'année, l'extrême droite française représentée par le Front national, était apparemment en train de devenir la force principale d'opposition parlementaire, alors que sa leader Marine Le Pen prétendait — non sans raison — à l'Elysée. Cette percée de l'extrême droite française s'est pourtant soldée par sa chute spectaculaire en été.

    Quoi qu'il en soit, cette dernière ne s'explique pas vraiment par la faiblesse de la droite, mais par l'"effet Macron": sa victoire à la présidentielle a été une véritable révolution politique pour la France qui a un paysage politique très stable. Au cours de seulement un an, ce jeune politicien a réussi à s'installer à l'Elysée, ayant créé ex nihilo le nouveau parti politique "La République en marche!" qui contrôle actuellement la majorité parlementaire.

    Enfin, les événements en Catalogne ont été un autre phénomène important de 2017. Les autorités séparatistes de cette province autonome et aisée de l'Espagne ont organisé en octobre dernier un référendum sur l'indépendance, qui avait été considéré d'avance comme illégitime par la Cour constitutionnelle. Cette aventure irréfléchie s'est solde par l'introduction de la gestion directe de Madrid et l'organisation des élections anticipées. Ces dernières se sont déroulées le 21 décembre ayant forme une majorité insignifiante des trois partis séparatistes.

    En ce qui concerne les relations entre Moscou et Bruxelles en 2017, elle n'ont fait preuve d'aucun progrès considérable. Qui plus est, la situation a dégradé suite aux accusations de Washington qui affirmait que la Russie s'était ingérée dans les élections présidentielles qui s'étaient soldées par la victoire de Donald Trump. Il a visiblement imposé la même rhétorique à ses partenaires du Vieux continent. Selon Vladimir Tchijov, représentant permanent de la Russie auprès de l'UE, l'année 2017 a en effet été très compliquée:

    "L'année écoulée n'a permis aucune percée dans nos relations. Le virus d'hystérie antirusse qui a contaminé les esprits aux États-Unis pour devenir de fait l'élément-clé de leur politique intérieure, s'est avéré assez contagieux et a réussi à traverser l'océan Atlantique et à se répandre dans plusieurs pays européens. Cela a suscité des spéculations fantaisistes sur l'ingérence russe dans les élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne".

    Selon lui, il s'agit d'encore une année d'opportunités perdues. Il ne faut pas pourtant "peindre un paysage très sombre", car, selon lui, "on a constaté plusieurs rayons de réalisme dans la position de l'UE au cours de l'année". L'année 2018 montrera si l'on arrivera à surmonter les divergences actuelles ou si l'Europe maintiendra sa politique restrictive.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Tags:
    Union européenne (UE), Vladimir Tchijov, Russie
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