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    «Après la Syrie, les USA se focaliseront sur l'Iran»

    © AP Photo / Pablo Martinez Monsivais
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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (janvier 2018) (51)
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    La lutte contre l'influence iranienne sera le fil conducteur de la nouvelle stratégie des États-Unis au Moyen-Orient qui devrait être présentée prochainement par le conseiller du président à la sécurité nationale Herbert McMaster.

    C'est du moins l'avis des experts russes et américains, parmi lesquels figurent des anciens collaborateurs du département d'État américain. Il se pourrait que Washington prenne en compte le potentiel protestataire de la société iranienne. Selon le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Peu de détails sont connus mais les experts ne doutent pas que le nouveau concept moyen-oriental des USA sera concentré sur le refrènement de l'Iran et de ses satellites, que Téhéran nomme l'«axe chiite de résistance».

    «Je suis certain que l'Iran représente un point central de la vision de l'administration américaine parce qu'elle compte maintenir sa présence et préserver son rôle en Syrie», a déclaré Jeffrey Mankoff, qui a conseillé le département d'État américain sur les relations russo-américaines. Et de poursuivre: «L'administration présidentielle reste confrontée à de sérieux problèmes quand il s'agit de traduire les paroles en actes, c'est pourquoi indépendamment du contenu de cette stratégie je ne compterais pas trop dessus pour comprendre à quoi ressemblera la politique américaine dans la région».

    Néanmoins, parmi les problèmes auxquels doit faire face le gouvernement américain l'expert pointe la composition du nouveau gouvernement syrien et le niveau des relations avec les Kurdes syriens.

    D'après lui, le potentiel protestataire de l'Iran pourrait également être pris en compte par les auteurs du nouveau concept de politique étrangère des USA dans la région, mais cela dépend de la «viabilité» du mouvement d'opposition en Iran. «La question est de savoir dans quelle mesure les protestations seront sérieuses et durables. Si au final elles constituaient une menace pour le régime comparable au Mouvement vert en 2009 (voire plus), je pense que les USA trouveront un moyen de les soutenir (les protestations) ou du moins de trouver d'autres leviers pour renforcer la pression sur l'Iran», note Jeffrey Mankoff.

    Le centre analytique Atlantic Council de Washington doute que la Maison blanche possède une stratégie cohérente au Moyen-Orient. «Je pense que les protestations (en Iran) sont une pression supplémentaire sur le gouvernement iranien qui cherche une solution politique en Syrie. Cette solution lui permettra (à l'Iran) de répartir davantage de ressources pour ses besoins internes», a déclaré Barbara Slavin, directrice du programme Avenir de l'Iran au sein de l'Atlantic Council.

    Dès que la campagne pour combattre Daech a commencé à toucher à sa fin, les observateurs ont pensé que les forces militaires qui avaient combattu les terroristes sous le commandement des USA pourraient être dirigées vers la lutte contre les groupes pro-iraniens en Syrie et en Irak. Pour cela, il serait bénéfique pour le Pentagone de conserver des bases en Syrie.

    «A l'heure actuelle les USA disposent de cinq bases aériennes dans la région: aux Émirats arabes unis, au Qatar, au Bahreïn, au Koweït et en Turquie, rappelle Anton Mardassov, directeur du bureau d'étude des conflits moyen-orientaux, expert du Conseil russe pour les affaires internationales. Ces dernières années, la présence de militaires et d'agents de la CIA en Irak et en Jordanie s'est élargie.» Une infrastructure a également été construite en Jordanie à proximité immédiate de la frontière syrienne et irakienne pour utiliser des hélicoptères et des drones.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (janvier 2018) (51)

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    Tags:
    Iran, Syrie, États-Unis
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