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    La base américaine d'al-Tanf, Syrie

    Le Pentagone et la CIA poussent Trump dans le piège syrien

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    Traduction de la presse russe (janvier 2018) (51)
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    Damas et Ankara ont très mal réagi à l'annonce de la formation, par les Américains, d'une «armée pour protéger les frontières syriennes» composée de Kurdes et de Bédouins.

    Mais si le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad n'est pas pressé de réagir, les Turcs envisagent déjà une grande opération militaire, écrit mercredi 17 janvier la revue en ligne Vzgliad. Cette idée d'armée, vouée à l'échec, risque de constituer un véritable piège pour Trump.

    Le ministère des Affaires étrangères de la Syrie a qualifié l'intention des États-Unis de former des groupes armés à la frontière nord-est du pays de «scandaleux acte d'agression contre la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie» et de «violation révoltante du droit international». Il a appelé la communauté internationale à mettre un terme à la «politique hautaine et hégémonique de l'administration des États-Unis».

    Pour sa part, le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis de détruire cette «armée de protection de la frontière» — tout ce qui concerne le Parti des travailleurs du Kurdistan et les Kurdes en général suscite en effet des sursauts de rage à Ankara. L'agence de presse turque Haberturk, se référant à des sources militaires, a déjà rapporté que l'armée aurait déterminé 149 cibles dans les localités kurdes d'Afrin et de Manbij.

    Dans ce contexte, les Turcs ont été particulièrement énervés par l'annonce d'une éventuelle fourniture de lance-roquettes antiaériens américains aux Kurdes. Ankara considère ces décisions pratiquement comme une offense personnelle. Les relations turco-kurdes sont une impasse civilisationnelle, et aujourd'hui les USA déstabilisent la situation de manière complètement inutile. Les sources turques rapportent déjà l'avancée d'un convoi de blindés turcs en direction de la frontière syrienne près d'Afrin.

    D'un côté, le plan américain ressemble fortement aux tentatives antérieures du Pentagone et de la CIA de se créer artificiellement des alliés — en quatre ans ces «golems» ont été incarnés par Daech et l'«opposition modérée».

    Tous ces golems ne sont pas créés au cimetière de Prague, mais à Langley — par conséquent leur qualité est largement inférieure. Pour l'instant, en affrontement ouvert, aucune unité militaire américaine dans aucune partie du monde n'a montré ne serait-ce qu'un niveau moyen de préparation d'infanterie.

    Les Kurdes sont enclins aux compromis financiers rentables, comme ils l'ont récemment montré à Erbil et à Kirkouk. Et aujourd'hui ils préparent le terrain à de futures négociations ou plutôt à un marchandage avec Damas.

    Quoi qu'il en soit, tout se terminera par une enquête interne et par la commission du Sénat, tout comme dans le cas du financement, de l'armement et de la formation de l'«opposition modérée». Et au final, c'est bien Donald Trump qui devra rendre des comptes.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (janvier 2018) (51)

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    Tags:
    Kurdes, Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Donald Trump, Recep Tayyip Erdogan, Minbej, Afrine (Syrie), Turquie, Syrie, États-Unis
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