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    Après les «hackers russes», une «pression politique dissimulée» de Pékin?

    © Sputnik . Alexey Malgavko
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (janvier 2018) (51)
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    L’ingérence présumée de la Chine dans la politique intérieure de l’Australie a entraîné la rédaction d’une nouvelle loi de lutte contre l’espionnage dans ce pays.

    «Ces derniers temps, les activités du Front uni se tournent de plus en plus vers la recherche d'influence politique», estiment les auteurs du rapport présenté hier au parlement australien cités par Kommersant.

    Le Front patriotique uni du peuple chinois, qui réunit tous les mouvements et organisations non-communistes de la Chine sous l'égide du Parti communiste, est dirigé par le département du Front uni du Comité central du Parti communiste chinois. Il regroupe notamment plusieurs organisations qui travaillent avec la diaspora chinoise à l'étranger, notamment avec les étudiants chinois qui suivent leurs études dans les universités occidentales. Selon les auteurs du rapport, le Front uni aurait depuis quelques années «transformé beaucoup d'hommes politiques et d'affaires australiens en porte-voix de l'influence politique chinoise (…) via le renforcement des liens personnels.»

    L'année dernière, plusieurs pays ont accusé la Chine de tenter d'influer sur leur politique intérieure et sur leur position concernant les questions importantes pour Pékin. Ainsi, les médias de Nouvelle-Zélande ont annoncé en septembre 2017 que Jian Yang, député national d'origine chinoise, n'avait pas indiqué dans ses papiers d'immigration qu'il avait été membre du Parti communiste et officier du renseignement militaire de la Chine avant son arrivée dans le pays. Il défendait au parlement les positions chinoises sur toutes les questions internationales et encourageait le renforcement des relations entre les deux pays.

    Qui plus est, les quotidiens américains The Financial Times et The New York Times ont publié en 2017 une enquête indiquant que le Parti communiste chinois utilisait les étudiants des universités principales des États-Unis pour «limiter la liberté académique»: ces derniers protestaient activement à chaque tentative des professeurs de présenter une version alternative à la vision chinoise concernant Taïwan, le Tibet, Tiananmen etc.

    Les autorités chinoises nient toute tentative d'influer sur la politique des autres pays ou de surveiller leurs concitoyens qui ont habité ou ont suivi leurs études à l'étranger. En réponse aux accusations australiennes, le porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang a annoncé en décembre être choqué par ces «affirmations infondées». Et d'ajouter: «Nous recommandons aux politiciens australiens concernés de renoncer à la mentalité de la Guerre froide et de cesser immédiatement de tenir des propos erronés qui nuisent à notre amitié.»

    «Cette recherche d'espions chinois rappelle de plus en plus la chasse aux hackers russes, souligne Igor Denissov, directeur de recherche du Centre des études de l'Asie orientale et de l'OCS auprès du MGIMO. Comme tout grand pays, la Chine mène naturellement des activités de renseignement. Il est pourtant inutile de nourrir la paranoïa à ce sujet.»

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (janvier 2018) (51)

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    Tags:
    hackers, Pékin, Russie
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