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    Theo Morell (1886-1948)

    Le médecin personnel d'Hitler «testait» des médicaments sur le Führer

    CC0 / Eva Braun / National Archives and Records Administration (NARA) / Theo Morell (1886-1948)
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    Traduction de la presse russe (février 2018) (40)
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    Theodor Morell était l'unique médecin à qui Adolf Hitler faisait confiance. Il est resté aux côtés du Führer pratiquement jusqu'à la fin de sa vie.

    Toutefois, de nombreuses rumeurs circulent sur sa personne: plusieurs spécialistes pensent que le médecin prescrivait intentionnellement à Hitler des produits susceptibles d'influencer sa psyché, et certains experts estiment même que Morell avait été recruté par les renseignements américains, écrit le site de la chaîne Zvezda.  L'émission «Dossier secret» a mené sa propre enquête pour démêler le vrai du faux.

    Adolf Hitler ne faisait pas confiance aux médecins et n'éprouvait pas de sympathie pour les docteurs qui l'entouraient. Le Führer appréciait toutefois les approches non traditionnelles de la médecine, ce qui a favorisé son rapprochement avec le docteur Theodor Morell, «en vogue» auprès des personnalités culturelles et sportives, au début des années 1930.

    Ce médecin avait été recommandé à Hitler par son photographe personnel Heinrich Goffman, également patient de Morell. Hitler avait apprécié les soins du docteur et il a bénéficié de ses services jusqu'en avril 1945. Dans les documents du docteur, Hitler figurait comme «Client A».

    Le journaliste et écrivain allemand Norman Ohler pense que Führer a pu apprécier la méthode de Morell visant une guérison rapide, qui incluait près de 90 médicaments.

    «Avec son médecin, Hitler s'était fixé pour objectif un rétablissement immédiat. Cela signifiait que si Hitler se sentait fatigué ou avait une quinte de toux, le médecin lui injectait des cocktails puissants de différents produits, après quoi il se sentait bien à nouveau», explique l'émission «Dossier secret» de la chaîne russe Zvezda.

    En 1936, Theodor Morell a été nommé médecin personnel d'Hitler et s'est occupé des soins du Führer pratiquement jusqu'aux derniers jours de ce dernier.

    «En 1938, Morell a administré à Hitler sa première injection: ce dernier a apprécié la cure et il l'a ensuite nommé comme son médecin personnel. Ils sont restés inséparables entre 1936 et avril 1945. Personne n'a passé autant de temps avec Hitler que Morell. Pour mieux comprendre les motivations des actes d'Hitler, on peut analyser la liste des médicaments qu'il recevait quotidiennement», indique Norman Ohler.

    Début 1938, Morell a lu dans un magazine de médecine un article sur les propriétés miraculeuses de la pervitine (méthamphétamine) utilisée en cas d'empathie, de mollesse et de dépression. Avant de prescrire ce produit à Hitler, le docteur a décidé d'organiser des tests sur des volontaires auprès de 150 futurs médecins militaires. Après son absorption, les sujets reconnaissaient qu'après 10 heures de travail tendu ils se sentaient en pleine forme.

    «Le médecin personnel d'Hitler Theodor Morell suivait très scrupuleusement l'historique des médicaments consommés par le Führer. Ces enregistrements sont conservés dans les archives fédérales allemandes. Chaque jour de la vie d'Hitler entre 1936 et 1945 est décrit en détail. Ces documents ne présentent pas seulement les médicaments consommés, mais également leur but: vaincre un stress élevé, prendre des décisions importantes, se débarrasser du sentiment de faiblesse, etc. Les substances prises par Hitler sont très différentes les unes des autres: on en dénombre plus de 90. Tous très différentes. Beaucoup de ces médicaments expliquent les changements de comportement d'Hitler», explique Norman Ohler.

    D'après les journalistes, les médicaments administrés par Morell influençaient les décisions d'Hitler. Au printemps 1944, le Führer recevait chaque jour un opioïde analgésique à grande dose.

    «C'est un produit sérieux, dont une injection suffit pour remettre sur pied un homme en état de fatigue mortelle. Hitler en recevait avant ses réunions avec les généraux revenus du front de l'Est. La situation était catastrophique», déclare Norman Ohler.

    Par la suite, Morell s'est penché sur la fabrication de pilules hormonales censées renforcer l'immunité. Il a proposé à Hitler de les essayer et ce dernier a accepté. Quand le produit a été littéralement «testé» sur Hitler, Morell a écrit que désormais le médicament pouvait être vendu à toute la population de l'Allemagne et à l'armée allemande.

    En mars 1945, Joseph Goebbels a écrit dans son journal que les injections de Morell n'avaient aucun effet assainissant et que le médecin avait très probablement rendu le Führer dépendant. Hitler ne l'a compris qu'en avril 1945. Le dernier jour de travail de Morell, le Führer a perdu le contrôle et s'est mis à hurler sur le médecin. Ce dernier a fait ses valises et il est parti, ils ne se sont plus jamais revus.

    «Je pense que Goebbels se doutait de ce qui se passait entre Morell et Hitler. D'ailleurs, à l'époque, le produit favori d'Hitler ne pouvait plus être obtenu: Morell ne recevait plus de fournitures d'Europe. C'est alors qu'Hitler a développé le syndrome de sevrage», indique le journaliste.

    Selon le dossier médical partiellement publié d'Hitler, à la fin de la guerre ce dernier consommait au moins 28 produits différents, dont des amphétamines, des hormones et des stéroïdes. Est-il possible que Morell ait donné tous ces médicaments à son patient intentionnellement, dans le but de détruire la psyché d'Hitler? Et cette consommation a-t-elle effectivement influencé les décisions politiques et militaires importantes prises par le Führer?

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (février 2018) (40)

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    Tags:
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