Ecoutez Radio Sputnik
    Israël dérive-t-il vers une guerre contre l'Iran sur le territoire syrien?

    Israël dérive-t-il vers une guerre contre l'Iran sur le territoire syrien?

    © AP Photo/ Ariel Schalit
    Lu dans la presse
    URL courte
    Vzgliad
    Traduction de la presse russe (février 2018) (49)
    331250

    Confrontations à la frontière, interception d'un drone iranien et riposte contre un F-16 israélien: les frappes de Tsahal contre des cibles en Syrie ont mis en évidence que le conflit dissimulé entre Israël et l'Iran risquait de dégénérer en conflit majeur.

    Pire encore: cette escalade est pratiquement inévitable, et un nouveau front risque de faire son apparition dans la guerre en Syrie.

    Des militaires syriens ont ouvert le feu sur des avions de reconnaissance israéliens qui avaient franchi la frontière au sud-ouest du pays, près de la ville de Quneitra. Sous les tirs des forces de défense antiaérienne, l'aviation israélienne a dû battre en retraite — mais l'issue aurait pu être bien pire, écrit jeudi le site d'information Vzgliad.

    Tant que la Syrie était aux prises avec la guerre civile, Israël était relativement en sécurité. Il maintenait l'équilibre sans s'ingérer dans le conflit chez ses voisins, et contrait seulement périodiquement les menaces cruciales pour le pays.

    Par ailleurs, le conflit multilatéral en Syrie et le renforcement de Daech ont représenté une opportunité pour l'Iran, principal adversaire d'Israël, d'accroître son influence dans la région. Pendant toute la guerre Téhéran a soutenu al-Assad tant militairement que financièrement. Bénéficiant du droit d'allié, les Iraniens se seraient affirmés en Syrie en se basant sur les groupes chiites combattant aux côtés des forces gouvernementales, selon certaines informations.

    Le représentant permanent d'Israël à l'Onu Danny Danon a évoqué également la présence des bases militaires iraniennes en Syrie, les infos pas d'ailleurs confirmées par Téhéran. Par contre, les représentants officiels de l'Iran évoquaient déjà en 2016 la nécessité d'une base navale sur la côte syrienne.

    Les Israéliens n'avaient pas l'intention de rester simples spectateurs d'un tel renforcement de leurs ennemis, et ils ont lancé des avertissements avant de passer à l'action. Début décembre 2017, Tsahal a porté des frappes chirurgicales avec des missiles sol-sol contre un site militaire près d'al-Kiswa dans la région de Damas. Selon les renseignements israéliens et occidentaux, l'objectif était précisément une soi-disant base iranienne qui se trouvait à 50 km du plateau du Golan contrôlé par les Israéliens. En février 2018, les frappes israéliennes ont visé cette fois une «base» iranienne située, selon Tsahal, près de Palmyre dans un désert à l'est du pays.

    Du point de vue de l'influence, l'Iran fait partie des vainqueurs évidents du «jeu» syrien. Il a considérablement augmenté sa puissance non seulement en Syrie, mais également dans la région. Son influence s'étend sur l'Irak et le Liban et, selon toujours les renseignements israéliens, les Iraniens cherchent à obtenir un «couloir» vers la Méditerranée et la population chiite des pays du Golfe pour renforcer davantage leur influence politique, militaire et économique.

    Sans intervention diplomatique d'un tiers il sera impossible d'éviter la confrontation entre ces deux adversaires. Une guerre entre l'Iran et Israël sur le territoire syrien changerait à coup sûr le rapport de forces dans la région et enterrerait le processus de paix.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (février 2018) (49)

    Lire aussi:

    L'opération militaire israélienne ouvrirait un nouveau front en Syrie
    Point chaud: les incidents syro-israéliens de ces dernières années
    La défense antiaérienne syrienne à l'épreuve des missiles israéliens
    Tags:
    guerre, Iran, Israël, Syrie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik