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    Incirlik

    Partir ou rester: le dilemme des militaires de la base US d'Incirlik, en Turquie

    © AFP 2018 Tobias Schwarz
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    Gazeta.ru
    Traduction de la presse russe (mars 2018) (57)
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    Les forces armées américaines ont nettement réduit le nombre de vols opérationnels depuis leur base aérienne d'Incirlik en Turquie et envisagent d'y réduire leur contingent.

    L'information, rapportée par le Wall Street Journal, a été dévoilée par des responsables américains qui expliquent cette décision par la détérioration des relations entre Washington et Ankara. En janvier, une escadrille d'avions d'attaque au sol A-10 a été transférée d'Incirlik en Afghanistan, écrit le site d'information Gazeta.ru. Depuis, seuls des ravitailleurs, des chasseurs F-22 Raptor et des F-15 Eagle sont encore présents à la base américaine en Turquie.

    Cette projection de matériel est intervenue dans le contexte des déclarations du Pentagone sur l'intensification des opérations des USA en Afghanistan. Dans le même temps, selon les responsables américains, les A-10 pourraient revenir à la base turque à tout moment.

    Par ailleurs, le WSJ affirme que l'armée américaine a commencé à faire rapatrier progressivement les familles des militaires américains qui vivent sur la base.

    Toutefois, les représentants officiels américains continuent d'insister sur le fait que les USA restent disposés à coopérer avec la Turquie en tant qu'allié de l'Otan et que Washington n'a pas l'intention de réduire davantage sa présence militaire dans le pays.

    Les relations entre la Turquie et les USA se sont détériorées d'une manière sans précédent après le début de l'opération «Rameau d'olivier» contre les Unités de protection kurdes (YPG) considérées comme terroristes par Ankara dans le canton d'Afrin au nord-ouest de la Syrie. L'agence de presse Bloomberg a noté que la confrontation actuelle entre Washington et Ankara était probablement la plus grave de l'époque récente. Les analystes britanniques disent des relations entre les deux pays qu'elles sont «au bord du gouffre».

    Le directeur politique du Centre d'étude de la Turquie contemporaine Iouri Mavachev est toutefois convaincu que les Américains ne quitteront pas Incirlik.

    «Cette base militaire a une longue et curieuse histoire. Je pense que pour les Américains, il serait tout de même important de la conserver parce qu'à terme ils voudront poursuivre une coopération militaro-technique. C'est un pays géopolitiquement important pour eux», explique-t-il.

    D'après lui, les Américains sont préoccupés avant tout par le sort des proches des militaires en Turquie, et non par la base en elle-même ou la nécessité de la protéger. Ils veulent éviter les risques.

    «Ils ont toujours eu la tâche de minimiser les risques de ce type. Certes, leur nombre de vols a considérablement diminué aujourd'hui et la nécessité de la base d'Incirlik n'est pas aussi grande. Mais je suis certain qu'ils soutiendront tout de même cette base et tiendront leurs engagements, tout en faisant semblant que la coopération se poursuit. Simplement maintenant, ce n'est pas nécessaire à un tel niveau», précise-t-il.

    Il ajoute que les relations entre la Turquie et les USA ne sont pas une coopération dans le sens traditionnel du terme, mais un «jeu à la coopération».

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (mars 2018) (57)

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