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    Kim Jong-Un

    «Kim Jong-un, c'est le Saddam de Trump»

    © Sputnik . Ilya Pitalev
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    Gazeta.ru
    Traduction de la presse russe (mars 2018) (57)
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    15 ans après l'invasion de l'Irak par les États-Unis, la population américaine reste divisée quant à savoir si cette opération militaire était la bonne décision. C'est ce qu'indiquent les résultats du sondage mené par le centre de recherche américain Pew Research Center.

    Pratiquement la moitié des personnes interrogées (48%) pensent qu'il ne fallait pas lancer une intervention militaire en Irak en 2003, contre 43% qui estiment que la décision d'intervenir était la bonne, écrit lundi 26 mars le site d'information Gazeta.ru.

    Ces résultats ne sont pas très différents du sondage datant de début 2014, quand 50% des personnes interrogées avaient indiqué que la décision d'utiliser les forces armées américaines en Irak était juste, contre 38% la jugeant mauvaise.

    Cette divergence d'opinions au sein de la société américaine pousse les observateurs politiques à analyser ces événements en évoquant la nécessité de tirer des leçons de l'histoire.

    «L'invasion en Irak n'est plus seulement l'un des plus grands crimes de ce siècle ou d'un autre, c'est devenu le croisement à partir duquel a commencé l'histoire du déclin américain», analyse Matt Taibbi, journaliste de Rolling Stone.

    Même si la guerre en Irak a été une démonstration de la puissance américaine, elle a également montré sa faiblesse. Le prétexte pour la déclencher — la présence chez Saddam Hussein d'armes de destruction massive — était faux, ce qui a sapé la confiance de la société américaine envers le gouvernement et celle d'autres pays envers les USA. Le président irakien était également accusé d'avoir des liens avec Al-Qaïda. Par la suite, ni l'un ni l'autre n'a été confirmé.

    L'intervention du secrétaire d'État américain Colin Powell à la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies est devenue le symbole de ce mensonge au monde entier. En secouant une éprouvette provenant de la maquette de démonstration sur les armes de destruction massives irakiennes, le général a annoncé la présence en Irak d'armes biologiques et chimiques. Plus tard, Colin Powell a qualifié son discours de «grandiose échec du renseignement».

    En cherchant à se débarrasser par tous les moyens de Saddam Hussein, dont le régime était déjà affaibli par les sanctions de l'Onu, la Maison blanche ne songeait pas aux conséquences que cela engendrerait pour toute la région. Et notamment au renforcement significatif d'un autre rival régional des USA: l'Iran, ennemi juré du régime de Bagdad.

    Le renversement de Hussein a été la partie la plus facile de l'opération, après quoi la situation en Irak s'est déstabilisée et le pays a été plongé dans une longue et sanglante guerre civile entre les sunnites et les chiites.

    Il n'y a pas d'informations exactes sur le nombre de civils tués en huit ans d'opération américaine en Irak. Selon l'ONG Iraq Body Count (IBC), en été 2010 le nombre de civils tués pendant la guerre était déjà compris entre 97.000 et 106.000 personnes, mais selon d'autres informations le nombre de victimes dépassait les 500.000 personnes. Selon l'Organisation internationale pour les migrations, entre 2006 et 2010, 1,6 million d'habitants ont quitté leur foyer (soit près de 5,5% de la population).

    En 2003, l'Allemagne et la France s'étaient opposées à la campagne irakienne, après quoi les journalistes russes avaient qualifié ces pays d'«axe du bien».

    Cette expression était utilisée par opposition avec l'expression «axe du mal» du président George W. Bush quand il parlait de l'Iran, de l'Irak et de la Syrie. Les journalistes remarquent que 15 ans plus tard, la Corée du Nord pourrait devenir le nouvel «axe du mal» pour l'administration Trump.

    «Kim Jong-un, c'est le Saddam de Trump», résume le journal.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (mars 2018) (57)

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