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    L'origine du «Novitchok» a été déterminée par le gouvernement UK, pas par les experts

    L'origine du «Novitchok» a été déterminée par le gouvernement UK, pas par les experts

    © REUTERS / Peter Nicholls
    Lu dans la presse
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (avril 2018) (46)
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    Ce ne sont pas les spécialistes du laboratoire militaire de Porton Down qui ont déterminé le pays où a été fabriquée la substance neuro-paralytique А-234 avec laquelle ont été empoisonnés l'ex-agent du renseignement militaire russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia. C'est ce qu'a déclaré le directeur de Porton Down Gary Aitkenhead.

    Nous avons identifié la substance neuro-paralytique de classe militaire, mais nous n'avons pas déterminé son origine exacte. L'information a été présentée au gouvernement, qui a tiré ses conclusions en utilisant les données transmises par plusieurs autres sources», a expliqué le directeur du laboratoire britannique Porton Down Gary Aitkenhead. Le chercheur a souligné que la détermination de l'origine de la substance nécessitait des informations, et notamment des renseignements auxquels le gouvernement bénéficiait d'un accès, informe le journal Kommersant.

    Il a noté que l'objectif des chercheurs était de découvrir de quelle classe était la substance, mais que les scientifiques ne pouvaient pas parler de son lieu de fabrication. Gary Aitkenhead a confirmé que la fabrication de cette substance était extrêmement difficile et nécessitait des «méthodes extrêmement complexes» auxquels n'ont accès que les gouvernements, pas des particuliers. Il a ajouté que les experts cherchaient à découvrir des informations supplémentaires susceptibles de confirmer l'origine de la substance. Gary Aitkenhead n'a pas dit si les chercheurs britanniques planchaient sur l'élaboration de А-234, mais il a souligné que la substance qui avait servi à l'empoisonnement n'avait pas pu être fabriquée à Porton Down.

    Le ministère britannique des Affaires étrangères a confirmé que les conclusions sur l'implication de la Russie avaient été tirées par le gouvernement à partir des informations des renseignements. Pour leur part, les experts de Porton Down ont seulement identifié la substance utilisée à Salisbury. Le ministère a souligné que selon les informations à disposition des autorités britanniques, «la Russie voyait certains anciens agents comme des cibles». Ce sont ces informations qui ont permis aux autorités britanniques de tirer leurs conclusions.

    Selon le porte-parole du président russe Dmitri Peskov, les propos de Gary Aitkenhead ne font que confirmer le caractère infondé des accusations «insensées» de Londres. «Ce marasme est allé trop loin, ajoute-t-il. Mais la Russie est consciente du fait que cette histoire ne se résorbera pas rapidement. Leur théorie ne se confirmera pas quoi qu'il arrive, parce qu'il est impossible de la confirmer», a déclaré Dmitri Peskov. Vladimir Poutine espère que pendant la session de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) le 4 avril, «on mettra définitivement un point final à ce qui s'est passé».

    L'ambassade de Russie à Londres est également convaincue que les propos du directeur du laboratoire confirment que «toutes les déclarations politiques concernant un prétendu crime commis par la Russie sont des déductions et du bluff». La mission diplomatique fait remarquer que Gary Aitkenhead n'a pas confirmé que la substance neuro-paralytique avait été produite dans le laboratoire, mais ne l'a pas nié non plus. Par ailleurs, les diplomates affirment que le ministère britannique des Affaires étrangères a ignoré la requête de la Russie de rencontrer Gary Aitkenhead ou ses collègues. La porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a souligné qu'elle ne serait pas surprise si «toute cette brillante équipe déclarait que tous leurs discours étaient un résultat du piratage du studio Disney par des hackers russes».

    Le 4 mars 2018, Sergueï Skripal et sa fille Ioulia Skripal ont été retrouvés inconscients sur un banc près d'un centre commercial de Salisbury. Londres affirme qu'ils ont été empoisonnés par la substance neuro-paralytique А-234 élaborée en Russie. Ioulia Skripal a repris connaissance mais son père est toujours dans le coma.

    L'OIAC mène également sa propre enquête sur l'«affaire Skripal». Moscou tente d'obtenir un accès aux résultats. Le ministère russe des Affaires étrangères a envoyé à l'organisation une liste de 13 questions sur l'enquête. La même requête avait été envoyée plus tôt en France et au Royaume-Uni.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (avril 2018) (46)

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    Tags:
    A234, Sergueï Skripal, Royaume-Uni, Russie
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