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    Angela Merkel

    Pourquoi Merkel refuse de participer à l'attaque contre la Syrie

    © AP Photo / Bernd von Jutrczenka/dpa
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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (avril 2018) (46)
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    Alexander Graf Lambsdorff, représentant du Parti libéral-démocrate allemand (FDP) pour la politique étrangère, a fermement critiqué le refus d’Angela Merkel de participer aux opérations militaires conjointes de la coalition internationale menée par les USA. La chancelière l’a annoncé jeudi.

    L'hebdomadaire allemand Die Zeit rappelle que les alliés de l'Allemagne au sein de l'Otan — les USA, le Royaume-Uni et la France — ont déjà confirmé leur disposition à mener une action militaire contre le gouvernement syrien à cause de l'usage supposé de l'arme chimique par les forces syriennes à Douma, ville de l'agglomération de Damas. Jeudi dernier, Angela Merkel a complètement exclu la possibilité d'une participation de l'Allemagne à cette intervention. Elle a été soutenue par le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas qui a déclaré qu'une «intervention de l'Allemagne n'était pas sujette à discussion», écrit vendredi 13 avril le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    D'après Alexander Graf Lambsdorff, il serait juste que dans cette situation l'Allemagne se trouve du côté de ses partenaires occidentaux.

    La position de Merkel paraît parfaitement logique dans ces circonstances, étant donné qu'une attaque contre la Syrie pourrait provoquer une riposte des forces armées russes contre l'Occident et, à en juger par les préparatifs en Russie, pas seulement depuis le territoire syrien et la Méditerranée. Selon les communiqués des médias russes, les missiles Iskander sont passés en état d'alerte, notamment dans la région de Kaliningrad.

    Le territoire allemand est donc désormais à portée des Iskander. C'est pourquoi, en cas de conflit armé en Syrie avec la participation des USA, il pourrait tout à fait dégénérer en confrontation directe entre la Russie avant même l'usage de l'arme nucléaire par les deux pays. Et si l'Allemagne participait aux opérations en Syrie, il serait peu probable que l'affaire se limite à la destruction de la frégate allemande Hessen qui se joindrait alors au groupe aéronaval américain se dirigeant actuellement vers les côtes syriennes. La présence, en Allemagne, de l'armement nucléaire américain forcerait la Russie à frapper ses entrepôts.

    Visiblement, Angela Merkel et Heiko Maas ont parfaitement conscience des risques que représenterait pour l'Allemagne une implication dans un tel conflit. Ce n'est pas l'avis du parti FDP. Récemment, son leader Christian Lindner a déclaré au journal Welt am Sonntag que l'Occident devait être prêt à une course aux armements pour forcer Moscou à changer de politique. De plus, selon le président du FDP, l'Allemagne ne doit pas exiger le retrait de son territoire des armes nucléaires américaines déployées dans la région occidentale d'Eifel. Et d'ajouter que «c'est aux USA de prendre une décision concernant la modernisation de ces armements». Difficile de dire si Christian Lindner se rend compte du fait qu'il met en danger la population civile de cette région.

    Il faut noter que le chef du FDP pense que l'accroissement de la capacité défensive de l'Occident devrait être réalisé parallèlement aux tentatives de parvenir à une détente dans les relations avec la Russie. Selon lui, le nouveau gouvernement allemand pourrait être l'initiateur d'un tel dialogue. Par ailleurs, il juge possible de rouvrir le dialogue avec la Russie dans le cadre du G7. Certes, ces propositions raisonnables pourraient être saluées au vu de la tension grandissante dans les relations entre la Russie et l'Occident. Mais la solidarité atlantique faussement interprétée par Christian Lindner les réduit à néant, et la position adoptée par les leaders du FDP ressemble davantage à une incitation directe du gouvernement allemand à participer à l'éventuel conflit contre la Russie.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (avril 2018) (46)

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    Tags:
    Angela Merkel, Syrie
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