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    Un sous-marin nucléaire britannique de classe Astute. Photo d'archive

    Le «duel contre le sous-marin russe» pour cacher la honte de la flotte britannique

    © Photo. LA(Phot) Paul Halliwell/MOD/OGL
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    Traduction de la presse russe (avril 2018) (46)
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    Les titres résonants ont réchauffé la presse britannique déjà agitée – selon leurs sources, des sous-mariniers russes ont empêché la frappe d'un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) britannique contre la Syrie. Et bien que cette version ressemble à un compliment pour la marine russe, la véritable raison est certainement ailleurs.

    Selon le site d'information Vzgliad, elle est directement liée à l'état déplorable de la flotte britannique autrefois légendaire.

    Un sous-marin nucléaire britannique de classe Astute n'a pas réussi à se joindre à l'attaque contre la Syrie à cause d'un ou peut-être deux sous-marins russes, rapporte le journal britannique Times se référant à ses sources. Les sous-marins russes suivaient le SNA britannique en le forçant à changer d'emplacement. Au final, au moment de l'attaque le sous-marin n'a pas pu participer à la frappe conjointe contre la Syrie.

    Comme le rapporte la BBC, seulement quatre avions Tornado de l'armée de l'air britannique ont participé à l'attaque de samedi du côté du Royaume-Uni. Ils ont tiré huit missiles Storm Shadow. Le sous-marin de classe Astute aurait pu apporter son aide aux attaquants, même si son arsenal ne dépasse pas 20 missiles de croisière Tomahawk. Astute est la classe la plus moderne des sous-marins britanniques. Trois SNA sont actuellement en service. Les journaux britanniques ne dévoilent pas le numéro de bord du sous-marin qui a participé à l'incident en Méditerranée.

    Le Times suppose que les sous-marins russes qui poursuivaient Astute sont soit des sous-marins diesels électriques du projet 636 Varchavianka, soit d'une version antérieure du projet 877 Paltous dont la fabrication a été lancée encore à l'époque soviétique. Ils ont été surnommés «Trous noirs» en Occident à cause des difficultés de détecter ces sous-marins.

    Si les marins russes avaient reçu l'ordre d'arrêter le sous-marin britannique, il serait accompli même en dépit de la présence à son bord de missiles de croisière, pense le capitaine de vaisseau de réserve Mikhaïl Nenachev, président du Mouvement pour le soutien de la flotte.

    «Les sous-marins diesels russes sont destinés avant tout à la destruction de sous-marins nucléaires ennemis», explique Mikhaïl Nenachev. Selon lui, les sous-marins diesels électriques modernes ont une faible émission sonore — 45-50 dB, ce qui équivaut au bruit de la mer, c'est pourquoi ils peuvent suivre un sous-marin plus puissant en passant inaperçu.

    La flotte de la mer Noire compte six Varchavianka: le B-261 Novorossiïsk, le B-237 Rostov-sur-le-Don, le B-262 Stary Oskol, le B-265 Krasnodar, le B-268 Veliki Novgorod, le B-271 Kolpino. Selon certaines informations, il y a encore peu de temps les sous-marins B-268 Veliki Novgorod et B-271 Kolpino se trouvaient à la base de Tartous. En automne ils ont participé aux frappes de missiles contre les positions des terroristes en Syrie.

    Le capitaine de vaisseau à la retraite Vladimir Mamaïkine, président de l'Association internationale des associations de vétérans de la marine et des sous-mariniers, reconnaît que grâce à sa furtivité le sous-marin russe aurait pu observer les Britanniques qui ne se doutaient de rien.

    «Mais si les Britanniques esquivaient, cela signifie qu'ils entendaient notre sous-marin», suppose Vladimir Mamaïkine en rappelant que la mission de tout sous-marin consiste à poursuivre les sous-marins étrangers.

    «Il n'y a rien d'extraordinaire à ça, nous aussi nous sommes poursuivis. Mais le fait en soi soulève de sérieux doutes dans cette histoire. Ils écrivent que de notre côté se trouvaient des sous-marins diesels, et du côté britannique — un sous-marin nucléaire. Mais sa vitesse est plus élevée, elle peut atteindre 20 nœuds, un sous-marin diesel est incapable de le suivre pendant longtemps», précise l'expert.

    Cependant, selon lui, si le sous-marin russe avait poursuivi le britannique, cela ne pouvait pas durer plus d'une heure, car un sous-marin de classe Astute est bien plus puissant et peut facilement s'enfuir. Il est persuadé que l'information rapportée par la presse britannique suscite des doutes.

    Toutefois, une autre version est apparue selon laquelle aucun Varchavianka n'avait poursuivi les Britanniques et qu'ils n'ont pas réussi à exécuter l'ordre pour une autre raison — par exemple, à cause d'une panne technique. Car les sous-marins Astute ont déjà rencontré des problèmes auparavant. «Il y avait des informations qu'un tel sous-marin s'était échoué, il y avait des informations que des pêcheurs portugais l'avaient attrapé avec des filets, il y avait des informations qu'un sous-marin avait endommagé la cabine supérieur en plongeant sous un cargo. Un mauvais sort poursuit les sous-marins de cette classe», a reconnu Alexeï Leonkov, rédacteur de la revue Arsenal Otetchestva (Arsenal de la Patrie).

    Vladimir Mamaïkine n'exclut pas que l'information sur le «duel» a été inventé par les Britanniques pour justifier leur non-participation à l'opération. «Les Britanniques devaient expliquer pourquoi ils n'ont pas réussi à participer à temps à l'attaque. Il n'existe pas d'autre explication objective», estime l'expert. Par ailleurs, cette version ne signifie pas que les sous-marins russes n'étaient pas présents dans la zone.

    Mikhaïl Nenachev juge également la version d'une pure défaillance technique parfaitement réelle.

    «Peut-être que les Britanniques ont rencontré des problèmes et l'éventuel usage de missiles de croisière aurait pu entraîner une catastrophe à l'intérieur du sous-marin. Pour effectuer le lancement le sous-marin se place à profondeur nécessaire, les systèmes se préparent et le ballast s'équilibre, explique Mikhaïl Nenachev. C'est peut-être à ce moment précis que les Britanniques ont rencontré des problèmes. Et pour sauver la face ils auraient pu faire circuler ces informations.»

    Cela fait des années que la flotte britannique autrefois légendaire est critiquée par les contribuables britanniques.

    En particulier, la presse anglaise a récemment critiqué la marine d'avoir perdu la capacité d'accompagner les navires russes passant à proximité des côtes britanniques. Pour surveiller les sous-marins russes la marine britannique est même contrainte d'utiliser des dragueurs qui ne conviennent pas du tout pour ce genre de missions. Et l'an dernier les internautes britanniques se sont moqués du «minuscule bateau de la Royal Navy à côté d'un grand navire russe». Il convient d'ajouter que selon la presse britannique elle-même la plupart des navires de la marine royale ne peuvent pas sortir en mer à cause d'une pénurie de ressources.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (avril 2018) (46)

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    Tags:
    incident, sous-marin nucléaire d'attaque (SNA), missiles, flotte, sous-marin nucléaire, chasseur Tornado, Tomahawk, The Times, Syrie, Royaume-Uni, Russie
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