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    Doha, la capital de Catar

    Dans les pays du Golfe, la guerre des obligations est déclarée

    © Sputnik . Vitaly Belousov
    Lu dans la presse
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    Vestifinance.ru
    Traduction de la presse russe (mai 2018) (73)
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    Les principales banques internationales attendaient avec impatience la première vente d'obligations qataries depuis deux ans, mais leur enthousiasme a été étouffé par l'atmosphère délétère qui règne actuellement dans le Golfe.

    La situation géopolitique tendue a forcé les principales banques internationales à choisir entre le Qatar, riche en gaz, et l'Arabie saoudite avec son pétrole et la potentielle introduction en bourse de Saudi Aramco, écrit mardi le site Vestifinance.

    Ce choix était en effet incontournable car entretenir des relations avec le Qatar était susceptible de déclencher une attitude hostile de l'Arabie saoudite. Doha n'a pas vraiment souffert après que les Saoudiens ont annoncé que les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l'Égypte couperaient leurs liens avec ce pays à cause de ses relations avec l'Iran et de son soutien présumé aux groupes terroristes.

    L'objectif était de couper le pays des investissements étrangers et de le rendre le moins attractif possible pour les investisseurs. Le Qatar a pourtant surmonté ce blocus assez facilement car il partage avec l'Iran le gisement gazier géant de South Pars. Des relations amicales sont donc indispensables.
    Le Bahreïn a soutenu la demande saoudienne de blocus car il dépendait de Riyad d'un point de vue financier et sécuritaire. L'Égypte a également suivi cette initiative car le Qatar avait, par le passé, aidé les Frères musulmans que le nouveau régime égyptien tentait d'éliminer.

    Dans tous les cas, le plan saoudien a échoué. Le Qatar ne souffre pas et a même engagé sa vente d'obligations qui a levé plus de fonds que celle de l'Arabie saoudite lancée avec un jour d'avance. Cela constitue une nouvelle preuve du fait que les Saoudiens ont probablement surestimé leurs capacités en ce qui concerne leurs relations avec leur voisin minuscule, mais puissant.

    Au cours de la deuxième semaine d'avril, le Qatar a réussi à attirer 12 milliards de dollars grâce à sa première vente d'obligations depuis deux ans. Cette somme dépasse les fonds obtenus par l'Arabie saoudite.

    Riyad n'a levé que 11 milliards de dollars. Des rumeurs — démenties par le royaume — indiquaient que les Saoudiens auraient choisi cette date pour attirer chez eux tous les intérêts étrangers avant que le Qatar ne lance ses ventes.

    Les Saoudiens ne peuvent pas espérer persuader tout le monde de se distancer du Qatar, premier producteur mondial de GNL: il ne s'agit pas du Bahreïn mais de l'un des pays les plus riches du monde, qui possède des ressources gazières énormes.

    Malgré cette vente saoudienne, le Qatar n'a pas riposté et Washington espère toujours persuader les Saoudiens de renoncer à ce bras de fer.
    Les banques majeures ressentent probablement la pression exercée sur les parties, mais le Qatar n'a en aucun façon été écrasé. Tout le monde veut donc savoir quelle sera la suite.

    On y assistera probablement bientôt. Selon les médias saoudiens, la vente des obligations sera suivie par une tentative de transformer le Qatar en île grâce à l'élimination de la frontière terrestre entre les deux pays. On prévoit notamment de creuser un canal et de l'utiliser pour stocker les déchets toxiques.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (mai 2018) (73)
    Tags:
    banques, Doha, Arabie Saoudite, Qatar
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