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    Donald Trump

    Accord nucléaire: Trump laisse 180 jours aux partenaires des USA pour réfléchir

    © AP Photo / Evan Vucci
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (mai 2018) (49)
    12017

    La Russie continuera de développer sa coopération économique avec l'Iran malgré la menace de sanctions extraterritoriales américaines brandie par le président américain Donald Trump. De son côté, l'UE a promis de défendre ses compagnies travaillant en Iran et pourrait aller jusqu'à saisir l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

    La décision du Président américain de quitter l'accord nucléaire avec l'Iran affectera directement les intérêts économiques de plusieurs pays, qui devront rompre leurs relations d'affaires avec Téhéran d'ici l'automne ou être confrontés aux sanctions américaines, écrit jeudi le quotidien Kommersant.

    Le ministère russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé Washington de défendre «ses propres intérêts égoïstes et conjoncturels».
    Le porte-parole du gouvernement français Benjamin Griveaux a déclaré pour sa part: «L'Union européenne est prête à contester auprès de l'Organisation mondiale du Commerce toute mesure unilatérale qui attenterait aux intérêts des entreprises européennes, et à répondre de manière proportionnée, et évidemment conforme, avec les règles édictées dans le cadre de l'OMC».

    Le ministre français de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire a, à son tour, qualifié les USA de «gendarme économique de la planète» sur France Culture. «Je considère que ce n'est pas une situation acceptable», a-t-il déclaré à propos de l'intention de Washington de décréter des sanctions extraterritoriales contre les compagnies non américaines qui poursuivraient leur coopération avec l'Iran.

    L'Europe appelle à s'unir et à faire face au diktat des États-Unis. Le vice-ministre grec des Affaires étrangères Georges Katrougalos a déclaré que l'UE devait avoir une «voix unie et une voix forte aussi bien en matière d'économie que de politique internationale». Et d'ajouter: «Aujourd'hui l'Europe est un géant économique et un nain politique». Le Président du Conseil européen Donald Tusk a affirmé: «L'approche européenne unie face à la politique de Donald Trump par rapport à l'accord sur l'Iran et le commerce» sera élaborée le 17 mai pendant le sommet de l'UE et des Balkans occidentaux dans la capitale bulgare.

    Mardi soir, Donald Trump a annoncé la sortie des USA du Plan d'action global commun car, selon lui, cet accord était initialement basé sur le «mensonge».

    Quoi qu'il en soit, le ministère américain des Finances a déjà commencé les préparatifs pour le rétablissement des sanctions contre l'Iran, qui affecteront également les partenaires de Téhéran. La première étape prendra 90 jours. Les sanctions seront rétablies sur la vente de monnaie américaine au gouvernement iranien, les «nombreuses opérations liées à l'achat ou à la vente de rials iraniens», les transactions avec le graphite, l'or, d'autres métaux précieux, l'aluminium, l'acier, et le charbon. Les interdictions porteront également sur les opérations avec la dette souveraine de l'Iran. Enfin, des restrictions seront décrétées contre l'industrie automobile et les importations de tapis et de produits alimentaires aux USA.

    La seconde étape s'achèvera le 4 novembre. Ces sanctions concerneront les opérateurs portuaires de l'Iran, ses navires et chantiers navals, ainsi que le secteur énergétique du pays. Seront interdites toutes les opérations liées à la production et à la fourniture de pétrole et de produits pétroliers. Les organisations financières étrangères ne seront pas autorisées à coopérer avec la Banque centrale iranienne et d'autres établissements financiers du pays. Les restrictions sur les services d'assurance seront rétablies.

    Ainsi, toutes les sanctions américaines abrogées le 16 janvier 2016 quand le Plan d'action est entré en vigueur seront remises en vigueur. La situation paraît aujourd'hui plus simple qu'il y a quelques années car il ne s'agissait alors pas seulement de sanctions américaines, mais également de l'UE et du Conseil de sécurité des Nations unies. Aujourd'hui il existe une plus grande marge de manœuvre.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (mai 2018) (49)

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    Tags:
    programme nucléaire iranien, Donald Trump, États-Unis
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