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    Barils du pétrole

    Le retrait des USA de l’accord nucléaire fait bondir l’Iran et le prix du pétrole

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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (mai 2018) (73)
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    Le cours du pétrole Brent a augmenté pour la première fois depuis novembre 2014 jusqu'à 78 dollars le baril. Le marché des matières premières a été influencé par la décision de Trump de se retirer de l'accord nucléaire avec l'Iran et de décréter des sanctions contre Téhéran. Est-ce pour longtemps?

    La décision de Trump sur l'accord iranien n'ayant pas été soutenue par les partenaires européens et asiatiques des USA, il ne faut toutefois pas s'attendre à une hausse durable des cours pétroliers, écrit vendredi le quotidien Kommersant. D'autant que la réduction des fournitures pétrolières iraniennes sur le marché sera compensée par les livraisons de deux autres pays, dont les États-Unis.

    Sur le marché spot, le baril de Brent a culminé à 79,21 dollars et le baril russe Urals a atteint 75,71 dollars. En deux jours, les cours ont grimpé entre 2,7% et 5%.

    Cette hausse — un record pour ces dernières années — a commencé après la décision des USA de se retirer de l'accord nucléaire avec Téhéran.

    Même si la décision de Donald Trump n'était pas inattendue, la réaction à l'annonce officielle a été forte. «Les investisseurs ont certainement été influencés par la précision indiquant que «l'Iran sera frappé par des sanctions maximales» et que les pays qui soutiennent Téhéran dans l'élaboration de l'arme nucléaire seront également visés par ces sanctions», déclare Sofia Kirsanova, analyste chez Raiffeisen Capital. En cas de nouvelles sanctions contre Téhéran, les exportations d'hydrocarbures pourraient être les premières touchées, comme ce fut le cas il y a six ans.

    En dépit des risques géopolitiques accrus au Moyen-Orient, les analystes ne s'attendent pas à une poursuite de la hausse des prix pétroliers.

    Selon Alexandre Kornilov, analyste du secteur pétrolier et gazier chez Aton, aujourd'hui la situation est très différente de 2012, quand le monde entier avait condamné l'Iran pour le développement de l'arme nucléaire et le renforcement de son potentiel nucléaire. La communauté internationale avait alors soutenu les sanctions. Aujourd'hui, la décision des USA a suscité une forte opposition des alliés européens de Washington. Outre l'Europe, les USA ont été condamnés par le Japon, la Chine et la Russie. «Dans ces conditions il est peu probable que l'UE rétablisse l'embargo sur le pétrole iranien à condition que Téhéran respecte les accords signés», précise Carsten Menke, analyste du marché des matières premières chez Julius Baer.

    Toutefois, même en cas de limitation des exportations, il ne faut pas s'attendre à un déficit du pétrole sur le marché. Le ministre saoudien de l'Énergie Khaled al-Faleh a promis mercredi d'empêcher la pénurie de pétrole sur le marché mondial si les USA adoptaient des sanctions contre l'Iran. Il ne faut pas oublier non plus l'augmentation de la production aux États-Unis, où l'on constate ces 11 dernières semaines une croissance continue de la production.

    Durant cette période, la production a augmenté de 430.000 barils — jusqu'à 10,7 millions de barils par jour. Le nombre de puits aussi ne cesse d'augmenter, indiquant que dans les mois à venir la hausse de la production se maintiendra aux États-Unis. «Par conséquent, en cas de perte d'une partie des fournitures iraniennes elles pourraient être compensées par les USA, l'Arabie saoudite et d'autres membres de l'Opep+», conclut l'expert Vassili Karpounine.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (mai 2018) (73)

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    Tags:
    investisseurs, hydrocarbures, marché, pétrole, OPEP, Donald Trump, États-Unis, Iran
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