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    Le drapeau italien

    A quand la sortie de la crise gouvernementale en Italie?

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    Lu dans la presse
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (mai 2018) (73)
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    La décision du Président italien Sergio Mattarella de confier la formation du gouvernement technique à l'économiste Carlo Cottarelli n’a pas sorti l’Italie de la crise gouvernementale sans précédent qui secoue le pays depuis près de trois mois.

    Des sources de l'administration présidentielle italienne assurent que la liste des membres du gouvernement est prête depuis longtemps. Les partis de droite et populistes qui contrôlent le Parlement italien ont déjà laissé entendre qu'ils ne l'approuveraient pas, écrit le journal Kommersant.

    Un tel scénario rendrait inévitables de nouvelles élections en automne, qui se transformeraient en test de popularité pour les eurosceptiques — et pas seulement italiens. Commentant les nouvelles en provenance de Rome, la présidente du Front national Marine Le Pen (France) a déclaré que la colère des peuples grandissait partout en Europe.

    Ces derniers temps, les nouvelles au sujet de la formation du gouvernement italien sont diffusées le soir afin d'éviter un impact trop important sur la bourse de Milan, qui a déjà perdu 200 milliards d'euros depuis les deux semaines de débat sur l'éventuelle coalition de la Ligue et du Mouvement 5 Étoiles (M5E). C'est manifestement en suivant cette logique que Giuseppe Conte a rendu compte au chef de l'État de sa tentative ratée de former le gouvernement dans la soirée de dimanche.

    En cause: l'absence de consensus avec le Président concernant la candidature de Paolo Savona au poste de ministre de l'Économie. Connu pour ses mérites devant le pays au poste de directeur de la Banque d'Italie, ainsi que comme ministre de l'Industrie et du Commerce, Paolo Savona est un eurosceptique qui a élaboré le programme de sortie de l'Italie de la zone euro. Cet économiste est également tristement célèbre pour ses déclarations déplacées vis-à-vis de l'Allemagne: dans une étude, il a affirmé que la chancelière allemande Angela Merkel avait réussi à réaliser — cela dit, par des moyens pacifiques — le plan d'Hitler d'hégémonie allemande en Europe.

    Le Président Mattarella avait immédiatement signalé sa réticence à approuver la candidature de Paolo Savona. Dans les circonstances habituelles, ce genre de divergences n'a rien d'extraordinaire et, conformément à la Constitution, c'est le Président qui a le dernier mot.

    D'après les sources de l'administration présidentielle, Sergio Mattarella était prêt à accorder le poste de ministre de l'Économie à Giancarlo Giorgetti, considéré comme la main droite du leader de la Ligue Matteo Salvini. Mais ce dernier était inflexible: soit Savona, soit de nouvelles élections.

    Le Président Sergio Mattarella a officiellement expliqué qu'il s'opposait à la candidature de Paolo Savona en tant que garant de la stabilité de la société et de l'économie italienne. Le Président craint que la présence du pays dans la zone euro soit remise en question, ce qui aurait des répercussions négatives pour l'Italie, menacerait l'épargne des citoyens et effraierait les investisseurs.

    Carlo Cottarelli, qui a été chargé par le Président de former le gouvernement technique, ne s'oppose pas seulement à Paolo Savona mais également à tout le programme économique très onéreux de la coalition de la Ligue et du M5E (qui souhaite l'instauration d'un impôt sur le revenu unique, un revenu inconditionnel et la diminution de l'âge de la retraite). D'après Carlo Cottarelli, la mise en œuvre de ce programme creuserait un trou dans le budget italien et entraînerait un défaut inévitable. L'économiste connaît la gestion de l'argent public: ancien directeur du département du FMI pour les questions budgétaires, il est connu comme le développeur des méthodes de diminution des dépenses publiques.

    Toutefois, la bourse de Milan, qui avait d'abord réagi par une dynamique positive, est rapidement revenue à des indicateurs négatifs à cause de l'instabilité politique qui perdure en Italie. Les experts ne sont pas persuadés que le gouvernement technique parviendra à s'assurer un vote de confiance au Parlement. La Ligue, le M5E et le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi ont déjà laissé entendre qu'ils n'avaient pas l'intention de soutenir le gouvernement technique. Par conséquent, des législatives anticipées auront certainement lieu en automne, qui déboucheront sur une nouvelle confrontation entre les partisans de l'UE et les eurosceptiques.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (mai 2018) (73)

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    Tags:
    crise, gouvernement, Carlo Cottarelli, Sergio Mattarella, Italie
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