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    Damas

    Pour un ex du renseignement israélien, on a «déjà partagé la Syrie en sphères d'influence»

    © Sputnik . Mikhail Voskresenskiy
    Lu dans la presse
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (mai 2018) (73)
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    La situation dans le sud de la Syrie, ainsi que les actions entreprises par Israël pour empêcher son voisin de se transformer en avant-poste iranien, ont été évoquées hier à Moscou par les ministres de la Défense de la Russie et d'Israël.

    Le journal Kommersant a demandé de le commenter à un colonel à la retraite du renseignement militaire israélien AMAN.

    D'après les journalistes israéliens, Sergueï Choïgou et Avigdor Liberman sont convenus que Damas mettrait en garde Téhéran contre la construction de bases militaires permanentes sur le territoire syrien et demanderait de faire reculer les forces iraniennes à plus de 20 km de la frontière israélienne, relate le quotidien Kommersant.

    Selon la presse, les Israéliens ne s'opposent pas à ce que le Président syrien Bachar el-Assad reste au pouvoir si les Iraniens quittaient ce pays. Mordechai Kedar, colonel à la retraite du renseignement militaire israélien AMAN et professeur à l'université Bar-Ilan, explique dans une interview au Kommersant comment les négociations entre les politiciens et les militaires russes et israéliens influençaient la situation en Syrie.

    «Le Liban, où tout est contrôlé par le Hezbollah, est devenu une base pour les missiles iraniens près de la frontière israélienne. Israël et le Hezbollah vivent en état d'«équilibre de la peur». Personne ne souhaite la guerre. La seule partie qui peut enfreindre l'équilibre est l'Iran, d'après l'expert israélien. Selon Téhéran, le Hezbollah doit agir dans son intérêt, c'est-à-dire maintenir les missiles jusqu'au jour où il y aura une menace directe pour l'Iran.»

    L'expert ajoute que ce jour viendra «quand Israël attaquera les sites nucléaires de l'Iran».

    Quels sujets ont pu être évoqués par les ministres de la Défense russe et israélien?

    Selon le colonel à la retraite, les ministres ont probablement abordé les «questions techniques», les «lignes rouges» pour chaque pays, ainsi que les cibles qui pourraient ou non être attaquées.

    Concernant la stratégie d'Israël en Syrie, l'expert a déclaré qu'il n'y avait pas de regard unanime sur les événements dans ce pays. «D'une manière générale, le visage du nouveau régime importe peu. Le plus important est qu'Israël conserve le plateau du Golan et préserve le calme à la frontière», estime-t-il.

    Israël est régulièrement accusé de soutenir les terroristes de Daech et du Front al-Nosra mais selon l'expert, l'État n'a pas de liens avec Daech.

    «Le Front al-Nosra, tout comme l'opposition armée syrienne, déposait des blessés en Israël. Quand un homme était en sang, personne ne demandait d'où il venait. Il était soigné. Il est uniquement question d'aide humanitaire. Israël n'a apporté aucun soutien à qui que ce soit en Syrie. Certains liens sont apparus à travers l'aide aux blessés, et Israël a pu exercer une influence sur al-Nosra quand il menaçait les villages druzes au sud de la Syrie.»

    A la question de savoir s'il est admissible pour Israël que la police militaire russe soit déployée dans la région du Golan sur le territoire syrien, Mordechai Kedar répond par l'affirmative. «Oui, c'est admissible. Et sans cela il existe une ligne de communication directe entre les militaires des deux pays pour la coordination en Syrie.»

    Toujours selon l'expert, «les forces extérieures ont déjà partagé la Syrie en sphères d'influence. Et cela reste inchangé. Actuellement, on parle de la situation au sud. Une entente y sera trouvée entre la Russie, les USA, la Jordanie et Israël.»

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (mai 2018) (73)

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    Tags:
    influence, Israël, Syrie
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