Ecoutez Radio Sputnik
    Louise Mushikiwabo, la ministre des affaires étrangères du Rwanda. Photo d'archive

    Russie-Rwanda: les détails d'une coopération ouverte et «secrète»

    © Sputnik . Vladimir Pesnya
    Lu dans la presse
    URL courte
    Kommersant
    Traduction de la presse russe (juin 2018) (61)
    1163

    En route vers l'Afrique du Sud pour rencontrer ses homologues des pays des Brics, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a fait escale au Rwanda pour s’entretenir avec le Président et la chef de la diplomatie du pays.

    Selon les statistiques, la plupart des citoyens du Rwanda vivent en-dessous du seuil de pauvreté mais, dans les rues de la capitale, les passants sont vêtus avec élégance — et ne font pratiquement pas attention aux touristes, écrit lundi le quotidien Kommersant. Les autorités misent sur le développement du tourisme, et les citoyens de certains pays, Russie y compris, peuvent depuis janvier 2018 obtenir un visa directement à la frontière pour 30 dollars. Selon les données officielles, les revenus de ce secteur ont augmenté de 200 millions de dollars en 2010 à 404 millions de dollars en 2016, ce qui constitue une somme importante pour le pays.

    «Le Rwanda est un petit pays qui se développe rapidement et met en œuvre une campagne d'information active pour se présenter comme un État moderne, un membre à part entière de la communauté internationale et digne de ce nom. Malgré la critique des autorités du pays de la part des ONG, Kigali bénéficie d'un soutien fort, notamment économique et politique, de l'Occident, qui tente parfois de présenter le Rwanda comme un modèle de pays africain», fait remarquer Dmitri Bondarenko, directeur adjoint de l'Institut de l'Afrique de l'Académie des sciences de Russie.

    «Dans tous les cas, c'est ce que l'on constatait avant l'arrivée au pouvoir de l'actuelle administration américaine de Donald Trump, qui a déclaré qu'il ne soutiendrait plus les régimes au pouvoir depuis longtemps. Paul Kagame a récemment été réélu pour la troisième fois. Il dirige le pays depuis 1994, quand il avait mené la lutte pour la destitution du régime précédent et l'arrêt du génocide tristement célèbre», poursuit-il.

    Selon Mikhaïl Nikitin, conseiller à l'ambassade russe à Kigali, l'entreprise russe Gueotekhnologuiï a réalisé en 2016-2017 la première imagerie géophysique aérienne de l'histoire du pays, ce qui a permis de découvrir un grand nombre de nouveaux gisements de matières premières. L'année dernière, les exportations de ressources minières rwandaises ont augmenté de plus de 260% pour atteindre 125 millions de dollars. Les autorités envisagent de faire passer ce chiffre à 800 millions d'ici deux ans et d'atteindre 1,5 milliards de dollars d'ici 2024. «La Russie et le Rwanda mènent actuellement des consultations actives et tentent d'attirer les investissements et les entreprises russes qui travaillent dans le secteur de la prospection et des exportations de ressources minières. Comme il est très facile d'enregistrer une entreprise ici, c'est un domaine très prometteur pour les investisseurs», explique le diplomate.

    Pour le moment, les échanges entre la Russie et le Rwanda se chiffrent seulement à 100 millions de dollars. Le café, le thé et les fruits rwandais n'atteignent guère le marché russe avec moins de 15 millions de dollars en 2017. La grosse partie des échanges est représentée par les importations depuis la Russie, notamment de produits militaires et techniques et… de papier. Ainsi, l'entreprise russe Gosznak a signé il y a quelques années les contrats de livraison des billets pour les banques centrales du Rwanda, de la Guinée et de plusieurs autres pays d'Afrique et d'Asie. Selon le Service fédéral des douanes, la Russie a exporté en 2017 au Rwanda 1,4 tonnes de produits de la catégorie «Livres, papier et carton» pour un montant de 707.000 dollars.

    La part la plus importante est représentée par les produits de la «section fermée»: 50 tonnes et 81,8 millions de dollars. Cela inclut notamment les livraisons dans le cadre de la coopération militaire et technique. «Les forces de sécurité, l'armée et la police rwandaises possèdent nos hélicoptères, tandis que les automobiles Oural sont utilisées par l'armée et les services de sécurité. Il existe également des livraisons d'armes à feu», a noté Sergueï Lavrov. Selon le ministre, les deux pays négocient actuellement des livraisons de systèmes antiaériens russes.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (juin 2018) (61)

    Lire aussi:

    Attentat contre le président rwandais: «il s’agit de nier le rôle de la France»
    Présidence rwandaise de l’OIF: le pari risqué d’Emmanuel Macron
    Les États-Unis impliqués dans le génocide rwandais?
    Tags:
    visite, coopération, Sergueï Lavrov, Rwanda, Afrique, Russie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik