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    Kim Jong-un

    Pourquoi Kim Jong-un a limogé ses généraux

    © REUTERS / KCNA
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    Traduction de la presse russe (juin 2018) (61)
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    Les médias sud-coréens et japonais ont annoncé la démission de plusieurs haut-responsables de l’armée de la Corée du Nord.

    Selon les sources des journaux sud-coréens et japonais, le chef de l'état-major général de l'armée Ri Myong Su, le ministre des Forces armées populaires Pak Yong Sik et le directeur du Bureau politique général de l'armée Kim Su Gil ont quitté leur poste, écrit le site d'inforamtion Gazeta.ru.

    Le Washington Post note que les remaniements actuels «pourraient témoigner de la réorganisation en cours au sein de la direction de l'armée: on y introduit des cadres plus jeunes pour remplacer des responsables plus vieux qui ont probablement l'attitude la plus négative envers les États-Unis et la Corée du Sud, alliée de Washington».

    Le quotidien américain explique ces nominations par le futur sommet entre le leader nord-coréen et le Président américain qui devrait se dérouler le 12 juin et porter sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

    Les sources de l'agence de presse sud-coréenne Yonhap sont du même avis: «Les remaniements au sein de la direction de l'armée pourraient être liés à l'accord éventuel de dénucléarisation que le leader Kim Jong-un pourrait signer lors de son sommet avec le président américain Donald Trump le 12 juin à Singapour».

    Konstantin Asmolov, directeur de recherches au Centre des études coréennes de l'Institut de l'Extrême-Orient de l'Académie des sciences de Russie, rejette la version soulignant le lien entre ces départs et le futur sommet:

    «Il ne s'agit pas de démissions mais d'un rajeunissement de l'équipe dirigeante. Les affirmations selon lesquelles Kim aurait cédé ses positions à Trump et changé les militaires-clés qui se prononçaient contre cette politique ne sont que les fantaisies des services secrets sud-coréens».

    Gueorgui Toloraïa, diplomate russe et expert de l'Orient, doute lui aussi que le remplacement des responsables-clés de l'armée témoigne de la lutte éventuelle de Kim Jon-un contre les adversaires de sa réconciliation avec les États-Unis. Il estime en même temps que cette initiative poursuit certains objectifs liés au futur sommet.

    «La réaction naturelle est de penser que Kim Jong-un tente de lutter contre la résistance des militaires qui s'opposent à son processus de paix avec les États-Unis, car ils comprennent leur incapacité d'assurer la défense du pays sans les armes nucléaires et protestent contre la cession de l'atout nucléaire. Cela expliquerait donc leur limogeage par Kim Jong-un», estime-t-il.

    Et d'ajouter: «D'autre part, l'objectif de ces remplacements démonstratifs pourrait être de montrer aux Américains que Kim Jon-un se heurte à beaucoup de difficultés concernant son refus des armes nucléaires. Les négociateurs nord-coréens seront donc en mesure de dire: "vous voyez, nous faisons déjà les concessions maximales, et l'armée est très mécontente. On a même été forcé de limoger ses dirigeants. Si nous cédions davantage de positions, l'armée pourrait se révolter et vous feriez face à un régime beaucoup plus agressif que le pouvoir actuel"».

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (juin 2018) (61)

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    Tags:
    Armée populaire de Corée (APC), Donald Trump, Kim Jong-un, Corée du Sud, États-Unis, Corée du Nord
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