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    Un militaire allemand. Photo d'archive

    L’Allemagne se sert-elle de l’Otan pour rétablir sa puissance militaire?

    © AP Photo / Matthias Schrader
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    Traduction de la presse russe (juin 2018) (47)
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    Berlin tente de compenser son manque de capacités de combat en s'appuyant sur celles de l’Alliance. L’état de son armée est actuellement déplorable.

    La décision de construire un nouveau centre de commandement de l'Otan dans la ville allemande d'Ulm a déjà été prise et les travaux pourraient débuter dès juillet 2018. Le centre devrait être mis en exploitation en octobre 2019, rapporte le site Vzgliad.

    Cette rapidité s'explique par le fait qu'Ulm abrite depuis longtemps une base militaire de l'Otan. Qui plus est, Wilhelmsburg accueille déjà une unité multinationale de l'Alliance spécialisée dans la réaction aux crises dans le monde entier. Il ne sera donc nécessaire que d'assurer l'aménagement technique des locaux selon les nouveaux objectifs.

    La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a pris l'initiative de proposer à l'Otan de construire en Allemagne un nouveau Centre de planification, de logistique et de commandement. A la condition suivante: que ce centre ne soit pas complètement intégré à la structure de commandement de l'Alliance atlantique et puisse être utilisé pour les manœuvres des forces allemandes.

    Cette proposition n'était pas convenable pour l'Otan. Le fait est que l'Alliance envisageait de construire ce centre dans le cadre d'un plan commun de création d'un nouveau commandement de l'approvisionnement de l'arrière et de la logistique (Joint Support and Enabling Command, JSEC). Le texte final sur le JSEC a été adopté fin avril et ne mentionne pas l'intégration «partielle» du centre d'Ulm à l'Otan.

    Cela pourrait sembler paradoxal, mais l'Allemagne n'a pas beaucoup de moyens pour défendre sa souveraineté militaire dans le cadre de l'Otan. Pis encore, il s'est avéré que sa puissance militaire était largement fictive. Ainsi, le manque de véhicules de combats opérationnels — notamment de chars — ne permet pas à la Bundeswehr de remplir ses engagements envers l'Alliance.

    Le scandale a éclaté en février dernier, quand il a été révélé que la 9e brigade blindée de Münster n'existait que sur le papier.

    Des problèmes sérieux sont également constatés dans les forces aériennes: les capacités opérationnelles des chasseurs Eurofighter et Tornado, ainsi que des hélicoptères de transport CH-53, se sont considérablement dégradées.

    Qui plus est, l'armée fait face à un manque de lance-grenades, d'appareils de vision nocturne, de vêtements d'hiver, de gilets pare-balles et de véhicules de transport supplémentaires. Toutes ses difficultés empêchent les forces allemandes de remplir efficacement leurs engagements envers l'Otan, ce qui met Berlin en situation de satellisation militaire et politique par rapport à Bruxelles.

    En mars dernier, la situation a atteint une limite dangereuse quand on a appris que la Bundeswehr n'aurait bientôt plus de munitions…

    Tous ces problèmes inattendus ont visiblement poussé Ursula von der Leyen à tenter d'attirer en Allemagne le nouveau centre de commandement et de logistique de l'Otan. L'armée allemande bénéficiera-t-elle finalement de sa présence? Réponse dans 18 mois au plus tôt.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (juin 2018) (47)

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