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    Production de pétrole. Image d'illustration

    Pékin et Ankara continueront d'acheter du pétrole iranien malgré l'interdiction des USA

    © REUTERS / Sergei Karpukhin
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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (juillet 2018) (45)
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    Washington entend réduire les revenus pétroliers de Téhéran en interdisant aux autres pays d'acheter du pétrole iranien, et compte sur le soutien de la Chine, de la Russie et d'autres pays en ce sens. Mais la Chine, l'Inde et la Turquie ont déjà refusé de respecter l'embargo pétrolier des États-Unis contre l'Iran.

    Donald Trump sera forcé de reconnaître l'inefficacité des sanctions anti-iraniennes ou d'atteindre son objectif par une baisse conséquente des prix du pétrole, écrit jeudi 5 juillet le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Brian Hook, responsable du bureau de planification politique au département d'État américain, a déclaré lors d'une conférence de presse spéciale qu'un groupe de hauts représentants du département d'État américain et du ministère des Finances avait déjà visité 13 pays d'Europe et d'Asie de l'Est pour les avertir du risque que représentait le maintien de relations commerciales avec l'Iran.

    A présent, la délégation américaine va poursuivre sa mission au Moyen-Orient, rapporte l'agence de presse chinoise Xinhua. Demain les États-Unis décréteront des sanctions anti-iraniennes contre le secteur automobile et le commerce de métaux précieux, et en novembre Washington adoptera des sanctions contre le secteur énergétique et le commerce pétrolier avec Téhéran. «Cette décision a suscité la désapprobation de plusieurs pays. Ainsi, l'Inde et la Turquie ont ouvertement déclaré qu'elles n'avaient pas l'intention de réagir à l'appel des USA à sanctionner l'Iran», indique Xinhua.

    Le représentant du département d'État américain a déclaré qu'il comptait sur le soutien des sanctions anti-iraniennes par la Chine et la Russie. Il est donc fort probable que la position russe vis-à-vis de Téhéran fasse l'objet d'un marchandage lors de la prochaine rencontre entre Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine à Helsinki.

    Washington a déjà préparé le marché pétrolier aux futures sanctions anti-iraniennes en s'assurant l'accord de la Russie et de l'Arabie saoudite pour augmenter l'offre pétrolière sur le marché mondial. «Je viens de parler au roi saoudien Salmane pour lui expliquer qu'en raison des troubles et de l'impuissance en Iran et au Venezuela, je demande à l'Arabie saoudite d'augmenter la production pétrolière. Peut-être de 2 millions de barils», a écrit Donald Trump sur Twitter. Et d'ajouter: «Les prix sont trop élevés! Il a été d'accord!» Plus tôt, les membres de l'accord Opep+, dont la Russie, s'étaient mis d'accord pour assouplir les restrictions à la production pétrolière établies en 2016.

    Le ministre russe de l'Énergie Alexandre Novak a précisé que la décision d'augmenter la production pétrolière avec la participation de l'Arabie saoudite et de l'Iran aurait été prise indépendamment de la position de Trump.

    Par ailleurs, Hassan Rohani a averti que les tentatives des Américains de limiter les exportations de pétrole iranien engendreraient des problèmes pour le secteur pétrolier de tout le Moyen-Orient et l'approvisionnement de l'Europe en hydrocarbures.

    Dans ce contexte, certains analystes s'attendent à une hausse du prix du baril. Or, en l'occurrence, l'effet des sanctions américaines serait contraire: les recettes pétrolières de Téhéran ne diminueraient pas, mais augmenteraient. Si l'administration Trump continuait de faire pression sur l'Iran, un plan de chute des prix pétroliers ferait forcément son apparition. Et c'est précisément ce qui pourrait conduire à une forte baisse des recettes pétrolières de Téhéran.

    Cette technologie de choc pétrolier avait déjà prouvé son efficacité dans la confrontation globale contre l'URSS. A partir de la seconde moitié des années 1980, l'Arabie saoudite avait commencé à réduire les prix du pétrole, ce qui avait provoqué une crise économique en URSS.

    Toutefois, les Américains n'ont pas besoin d'une chute du baril en-dessous de 50 dollars pendant une longue période, auquel cas cela impacterait les producteurs américains de pétrole de schiste.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (juillet 2018) (45)

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    Tags:
    pétrole, Turquie, Russie, Chine, États-Unis, Iran
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