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    Maria Boutina. Photo d'archive

    L'«espionne» russe arrêtée aux USA était une figure connue de l'opposition russe

    © REUTERS / Russian Federation/Handout
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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (juillet 2018) (69)
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    Ce 24 juillet se tiendra un nouveau procès en lien avec Maria Boutina, accusée de faire le lobbying des intérêts de la Russie aux États-Unis sans être enregistrée en tant qu'agent étranger. L'ambassade de Russie à Washington participe activement à la défense de la Russe, qui risque jusqu'à 15 ans de prison.

    Selon le chef d'inculpation, Maria Boutina aurait tenté de promouvoir les intérêts de la Russie aux USA en s'efforçant d'établir le contact avec des représentants du Parti républicain, parfois en allant jusqu'à proposer des relations sexuelles. Les sources de son entourage affirment d'ailleurs que le Kremlin n'avait rien à voir avec son activité, et qu'elle est devenue l'otage de la confrontation entre Trump et les services secrets américains, écrit vendredi 20 juillet le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Les représentants de l'ambassade russe ont été autorisés à rendre visite à Maria Boutina en prison. Mercredi, le tribunal américain a refusé de relâcher l'accusée sous caution, craignant qu'elle puisse quitter le territoire américain. Au tribunal, Maria Boutina a clamé son innocence.

    Le public connaît déjà l'inculpation fallacieuse préparée par l'agent du FBI Kevin Helson et complétée par le procureur fédéral Erik Kenerson. Selon l'accusation, Maria Boutina connaissait bien un haut responsable russe — supposément l'ex-sénateur et directeur adjoint de la Banque centrale Alexandre Torchine — et promouvait les intérêts de Moscou aux USA. Son compagnon Paul Erickson, avocat dans le Dakota du Sud et activiste du Parti républicain, figurant de l'affaire sous le pseudonyme de «citoyen américain numéro 1», aurait aidé la Russie à établir le contact avec des Américains.

    En d'autres termes, selon l'accusation, en coordonnant ses actions avec Alexandre Torchine «en contact direct avec Moscou» et en profitant de ses relations avec Erickson et un citoyen américain numéro 2 qui n'est pas nommé, Boutina aurait participé à une «opération secrète russe visant à influencer la politique américaine». On peut donc conclure que le FBI surveillait Maria Boutina depuis 2015, date à laquelle son «activité suspecte» aurait commencé.

    Maria Boutina connaît, personnellement ou via les réseaux sociaux, pratiquement toute l'opposition russe. Les sources de son entourage pensent que le Kremlin ne supervisait pas son activité. «Premièrement, c'est une opposante — elle a quitté la Russie après le rattachement de la Crimée et y vivait avec un visa d'étudiant. Deuxièmement, elle aidait activement l'Ukraine. Troisièmement, son niveau d'influence était minimal: Erickson est un militant moyen du Dakota, qui n'occupe pas une position importante au Parti républicain», explique la source de Nezavissimaïa gazeta.

    Rappelons que Maria Boutina a fondé l'association russe «Droit aux armes», dont Alexandre Torchine, ainsi que plusieurs députés d'opposition de la Douma (chambre basse du parlement russe) faisaient partie. L'organisation a été fermée par le tribunal russe en 2018.

    La source a souligné que les rencontres qu'elle organisait aux USA visaient à normaliser les relations entre la Russie et les USA. Elle présentait activement Alexandre Torchine aux politiciens américains, elle agissait ouvertement en publiant des photos avec l'ex-sénateur sur Facebook.

    D'après la source du quotidien, l'arrestation de Maria Boutina, qui s'est déroulée parallèlement à la rencontre au sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, était une vengeance des services spéciaux américains dirigée contre le Président américain.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (juillet 2018) (69)

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    Tags:
    espionnes, opposition, Maria Boutina, États-Unis, Russie
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