Ecoutez Radio Sputnik
    Des cellules cancéreuses.

    Oncologie: comment la médecine alternative réduit le taux de survie

    © Fotolia / Vitanovski
    Lu dans la presse
    URL courte
    Gazeta.ru
    Traduction de la presse russe (juillet 2018) (69)
    366

    Les oncologues de l'université Yale avertissent que les individus qui ont recours à la médecine alternative en cas de cancer sont enclins à renoncer au traitement habituel, ce qui réduit leurs chances de survie. Ces informations ont été initialement publiées dans le magazine JAMA Oncology.

    Les soins alternatifs impliquent le recours à des méthodes dont l'efficacité et la sécurité n'ont pas été prouvées scientifiquement, par exemple l'acupuncture et l'homéopathie, écrit vendredi le site d'information Gazeta.ru. Ce type de «traitement» du cancer et d'autres maladies devient de plus en plus populaire aux USA, où une personne sur trois dit y avoir recours. Et si une telle approche n'aura pas de sérieuses conséquences en cas de rhume, elle pourrait être fatale en cas de cancer.

    Cette approche est pratiquée même par des médecins. Par exemple, Mehmet Oz, cardiologue tristement célèbre, invitait des «spécialistes» de la méthode de «guérison» reiki inventée en 1922 par un bouddhiste japonais — une imposition des mains — afin d'accroître la probabilité de succès des opérations cardiaques.

    Bien que certains patients pensent que les méthodes alternatives augmenteront l'efficacité du traitement du cancer en combinaison avec les méthodes ayant une efficacité prouvée (comme la chimiothérapie), au final une partie d'entre eux est encline à renoncer aux méthodes efficaces au profit de l'imposition des mains ou de l'homéopathie.

    Pour découvrir l'influence du recours aux méthodes alternatives sur l'état de santé des patients, les chercheurs ont analysé les informations sur 1.290 cas atteints d'un cancer de la prostate, du sein et de l'estomac. 258 d'entre eux pratiquaient également une approche alternative, alors que les autres ne recouraient qu'à des méthodes prouvées.

    Les scientifiques ont suivi l'évolution de la maladie et les résultats des soins sur une période de 10 ans entre 2004 et 2013.

    Il s'est avéré qu'au cours de cette période, le risque de décès chez les patients qui avaient recouru au traitement alternatif n'avait fait qu'augmenter.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    L'analyse a montré qu'ils étaient enclins à renoncer à la chimio, à la radiothérapie et à la chirurgie et à d'autres types de traitement au profit des méthodes alternatives, ce qui ne contribuait pas du tout à leur survie.

    Parmi ceux qui recouraient à des méthodes alternatives, 34% renonçaient à la chimiothérapie, 53% à la radiothérapie, 7% à l'intervention chirurgicale.

    Le taux de survie sur cinq ans après le début du traitement de ceux qui choisissaient les méthodes alternatives était de 82,2% contre 86,6% chez les autres patients. En moyenne, les partisans des méthodes alternatives mouraient deux fois plus souvent que les patients recevant un traitement normal.

    La thérapie alternative était le plus souvent choisie par de jeunes femmes aisées en bonne santé, remarquent les auteurs de l'étude.

    Les résultats n'en sont que plus affligeants car initialement, les patients décédés à cause d'un mauvais traitement avaient de grandes chances de survie.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (juillet 2018) (69)

    Lire aussi:

    Quelles sont les procédures médicales les plus inutiles? La réponse des scientifiques
    Des nanorobots au virus Zika: les traitements ultramodernes du cancer pour les nuls
    Voilà pourquoi les dîners tardifs sont dangereux pour la santé
    Tags:
    santé, maladie, traitement, médecine, cancer, science
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik